‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 416 sur 460 · Chauvei., o. e., p · texte numérisé non relu

Chauvei., o. e., p

GANGRÈNES TRAUM A T I Q U E S .

durée de l’opération. Après, on soumet la plaie à l’action continue des liquides antiseptiques les plus employés. L’alcool pur, le chlorure de zinc en solution concentrée, l’acide phonique, l’acide salicylique sont préférés, bien que les expériences, comme l’a fait remarquer Trifaud, aient démontré que ces substances n’ont aucune action sur l’agent nocif de la gangrène gazeuse. D’après les recherches d’ÂRLOiNG, l’acide sulfurique seul serait capable de le détruire.

L’état de stupeur, d’insensibilité dans lequel se trouve habituellement le blessé, dispense le chirurgien de recourir à l’emploi des anesthésiques qui, dans ces conditions, pourraient n’ôtre pas sans dangers.

Après l’opération, le blessé est soumis à l'action des stimulants diffusibles, des alcooliques, des vins généreux qui doivent être prescrits à haute dose.

11 nous reste à dire quelques mots des autres méthodes de traitement chirurgicales et médicales préconisées contre la gangrène gazeuse foudroyante, puis nous parlerons du traitement préventif.

Les incisions profondes et étendues, les larges dé brûlement s pratiqués dans les parties déjà tuméfiées et dans les parties saines, débridements destinés à permettre l’évacuation des gaz et des liquides déjà putréfiés sont ici insuffisants. Fréry cependant a réussi, dit-il, à sauver un blessé en combinant les débridements avec des irrigations presque continues d’eau phéniquée glacée au 1 ,10e 1 .

Irrigations alcooliques continues. — Pour M. M. Perrin, l’alcool suffisamment concentré employé en injections continues et dirigées de telle sorte que toutes les parties condamnées à l’élimination soient baignées et en quelque sorte macérées par le liquide, est l’agent thérapeutique le mieux approprié à la circonstance. Trifaud a démontré expérimentalement que ce moyen utile contre certaines autres complications des plaies est inefficace autant au point de vue préventif qu’au point de vue curatif, contre la gangrène gazeuse foudroyante2. De plus, en admettant même que les alcooliques puissent avoir une réelle action contre les produits nocifs de la gangrène foudroyante, il serait difficile, étant donnée la rapidité et la facilité de leur diffusion, d’en imprégner au loin tous les tissus en ne se servant que d’applications locales (Trifaud). On peut réserver ce moyen pour les gangrènes du tronc. Nous en dirons autant des lavages de la plaie avec une solution de chlorure de zinc à 5 p. 100 (Kolaczcek et Hueter).

Après Percy, Larrey, Dupuytren et Baudens, Salleron s’est servi du fer rouge. Deux fois il a cautérisé profondément et largement la plaie avec le fer rouge; il a appliqué le cautère le long du membre et sur les limites du gonflement sans modifier la marche des accidents. Cependant Humbert et Trifaud ont vu réussir ce moyen. Pour en obtenir quelque résultat, il faut l’employer d’une façon très énergique. Le thermo-cautère ne peut suffire. 11 faut, à l’exemple de Labbé, éteindre une grande quantité de gros cautères

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