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La glace ralentit les phénomènes de la putréfaction

2. Un morceau de tissu cellulaire recueilli au voisinage d’une plaie infectée de gangrène gazeuse est plongé d’abord dans une solution alcoolique concentrée. Retiré après deux heures de macération et placé dans le tissu cellulaire d’un animal, il provoque les altérations de la gangrène gazeuse et la mort de l’animal. D’après le même auteur, les solutions phéniquées concentrées ne détruiraient pas non plus les propriétés virulentes des tissus ou des liquides des blessés atteints de gangrène gazeuse.

actuels, 20, 30 et plus, carboniser complètement toute l’épaisseur des tissus malades autant que possible au delà des limites apparentes du mal, en repassant à plusieurs reprises le fer rouge à la môme place.

Le refus du blessé de consentir à l’amputation, l’extension du mal jusqu'à la racine du membre inférieur, son apparition sur le tronc, sont les cas dans lesquels on est autorisé à employer le fer rouge.

Traitement prophylactique. — S’il résulte des expériences faites sur les animaux que les antiseptiques utilisés jusqu’ici ne peuvent mettre complètement à l’abri de cette terrible complication, il n’est cependant pas douteux qu’ils n’aient contribué à la rendre moins fréquente. Les pansements antiseptiques combinés ou non avec les pansements occlusifs de Guérin, méritent donc d’être particulièrement préconisés à titre préventif.

Dès que des cas de gangrène gazeuse se déclarent dans une salle, il faut isoler les blessés qui en sont atteints et brûler avec soin tous les objets de pansement qui leur ont servi. Les cas sont-ils nombreux, on doit évacuer l'ambulance ou l’hôpital, si c’est possible, et après l’évacuation des blessés désinfecter salles, objets de literie, etc., etc., à l'acide sulfureux. Trifaud nous dit que depuis que de semblables mesures ont été prises à l'Hûtel- Dieu de Lyon, certains lits malheureux qui avaient eu le privilège de déterminer plusieurs cas de gangrène, n’en ont plus fourni. On doit immédiatement se débarrasser des membres gangrenés amputés, après les avoir entourés de linges fortement imbibés d’acide phénique ou de chlorure de zinc.

Quant aux instruments qui ont servi aux opérations, on doit les passer soigneusement à la flamme d’une lampe et ne pas se contenter de les tremper dans des solutions antiseptiques, qui pourraient ne pas détruire le principe virulent dont ils sont souillés.

Etiologie. — On s’accorde généralement, en se basant sur l’analogie de certains symptômes et de la marche de la maladie avec ceux de la septicémie, à considérer aujourd’hui la gangrène gazeuse comme une maladie infectieuse causée très probablement par un microbe. Son développement serait favorisé par un certain nombre de causes prédisposantes relevant de la blessure, du blessé, et du milieu qu’il occupe.

Bien qu’on ait cité des cas, d’ailleurs discutables, de gangrène gazeuse survenue sans plaie extérieure, on peut dire avec Salleron que, pour la voir apparaître, une lésion traumatique est indispensable. Quelques auteurs ont accordé une certaine influence à l’étendue du traumatisme, à sa gravité, à la forme plus ou moins anfractueuse de la plaie; mais quand on songe que les blessures les plus bénignes, les traumatismes les plus légers, les plaies nettes d’amputation, ontpu être envahies aussi bien que les plaies par éclats d’obus ou que les fractures compliquées, force est de restreindre considérablement l’importance de ces causes adjuvantes. Les statistiques de Trifaud ‘ont montré qu’on devait également ne prêter qu'une partminime d’influence au siège de la blessure au membre inférieur, aux lésions de l’article tibio-tarsien, à la proximité du tronc, sièges considérés par Salleron comme plus favorables à l’éclosion de la gangrène gazeuse. Par contre, l’àge de la plaie a une importance plus manifeste. On ne voit guère la gangrène

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gazeuse survenir avant le deuxième ou le troisième jour. Quand la plaie suppure ou est en voie de réparation, elle n’apparaît que si une intervention malheureuse détruit la couche isolante qui recouvre sa surface *.

Parmi les causes prédisposantes relevant du blessé, une seule, l’alcoolisme chronique, joue un rôle manifeste et important. Celui des autres états constitutionnels est douteux. On pourrait en dire presque autant dusurmenage, des fatigues excessives et prolongées, des influences morales dépressives auxquelles Salleron a accordé une trop grande importance. Comme l’a fait remarquer Chauvel, on l’a observée aussi bien sur les blessés épuisés de Crimée que sur les jeunes troupes qui combattaient contre la Commune et qui n’étaient ni découragées ni mal nourries.

L’encombrement est de toutes les conditions de milieu invoquées celle à laquelle on attribue la plus grande influence. .4 priori, on en comprend bien l’importance.

Fréry, qui a vu la gangrène gazeuse foudroyante sévir épidémiquement pendant le siège de Belfort, nous dit qu’elle s’est montrée alors que l’atmosphère des salles était devenue pestilentielle. Salleron, en Crimée, et Chauvel, en 1870, à l’hôpital de Versailles, ont fait la môme remarque.

Salleron, l’ayant vue à Constantinople coïncider d’une façon remarquable et constante avec de brusques changements de température, surtout avec les vents du sud, avait accordé à certaines constitutions médicales une part dans son développement, mais malgré les froids rigoureux de l’hiver de 1870-71, on l’a observée dans nos ambulances et nos hôpitaux encombrés aussi bien que pendant les temps chauds et humides.

En somme, de toutes les causes considérées comme prédisposantes de la gangrène gazeuse foudroyante, l’âge de la plaie, l’encombrement et l’alcoolisme chronique paraissent les seules dignes d’être invoquées.

Ce qu’on sait aujourd’hui de la nature de cette complication, force à admettre qu'elle est contagieuse. A l’observation de Matthew qui disait ne pas l’avoir vue, en Crimée, se transmettre d’un lit ou d’une hutte à l’autre, on peut opposer des faits positifs de transmission. Trifaud, entre autres rappelle, qu’à partir du moment où on désinfecta des lits contaminés elle s’éteignit sur place.

La pi ilhogénie de cette redoutable complication présente encore bien des obscurités; il serait même plus juste de dire qu’elle n’est encore que soupçonnée.

Les faits ont depuis longtemps forcé à rejeter les opinions de Maisonneuve, de Cuassaignac et de Velpeau sur l’origine des gaz infiltrés dans les tissus. Salleron avait vu plus juste, en avançant que la gangrène gazeuse était déterminée par un agent septique. La nature des accidents, leur marche tendaient déjà à le faire admettre; les expériences pratiquées sur les animaux et les examens histologiques, l’ont aujourd'hui démontré. Tandis que des inoculations de liquides provenant de membres atteints de gangrène traumatique n’ont pu reproduire que des phlegmons gangreneux 1 2,

1. Trifaud a trouvé que, sur les 123 blessés dont il a relevé les observations, 15 fois la gangrène était survenue 2't heures après le traumatisme, 37 fois 48 heures après, dans 34 cas 72 heures après, enfin 31 fois 5G heures après ou au delà.

2. Expériences de Rknaut d’Alfort (1840), Bottini (1870), Chauveau (1881), Tèdknat- Trîpaüd (1884).

des inoculations de liquide provenant de sujets atteints de gangrène o-azeuse foudroyante ont constamment donné lieu aux accidents locaux et généraux de celte dernière affection.

Il résulte d'expériences entreprises par notre collègue Trifaud, expériences qui sont intéressantes non seulement au point de vue doctrinal, mais même au point de vue pratique, que les liquides fournis par les phlyctènes sont les plus virulents. La sérosité du membre œdématié, l’inoculation sous-cutanée de tissu musculaire, donnent des résultats presque identiques. Le simple contact du liquide septique avec une plaie anfractueuse récente provoque les mômes troubles que l’injection sous-cutanée. Appliqué sur des plaies suppurantes ou anciennes, ce liquide, par contre ne détermine aucun accident. Vient-on àfiltrer les liquides virulents poulies débarrasser de leurs éléments figurés \ ils ne provoquent plus les mêmes phénomènes (Trifaud, Arloing). Le fait bien remarquable de la présence constante d’un microbe particulier dans les lésions de la gangrène gazeuse, la reproduction de la maladie par l’inoculation, sa fréquence moindre à la suite des pansements antiseptiques, ces données sont bien en rapport avec l'idée d'une affection infectieuse, déterminée par un ferment spécifique, affection contagieuse, d’abord locale en tant qu’ayant son point de départ dans la plaie et s’étendant ensuite moins par le sang dans lequel le ferment se développe mal, que dans les tissus même. Le développement des gaz proviendrait de la décomposition de ces tissus.

i. D’après les recherches de cet auteur, la bactérie de la gangrène gazeuse foudroyante serait caractérisée anatomiquement par un bâtonnet appartenant aux espèces anaérobies, mais différent des ferments de l’érysipèle, de la septicémie, etc. Tout l’intérét des recherches anatomo-pathologiques repose sur la découverte de ce microbe. Les examens cadavériques n'avaient en effet rien révélé de bien intéressant. Indépendamment du développement exagéré des tissus qui s’accuse encore après la mort, au point qu'au bout de quelques heures le corps ressemble plus ou moins à une outre remplie d’air, en dehors de la coloration particulière de la peau, de la conservation de son élasticité et de sa structure, on n'avait noté qu’une coloration jaunâtre particulière du tissu musculaire qui ressemble à de la chair macérée, des congestions des organes centraux, en particulier des reins, de la rate, des poumons.

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