CHAPITRE VII
D ES PANSEMENTS UTILISÉS EN CHIRURGIE D’ARMÉE ET EN PARTICULIER DES PANSEMENTS DES PLAIES SIMPLES DES PARTIES MOLLES
MARCHE ET PRONOSTIC DE CES BLESSURES
DES PANSEMENTS EN GÉNÉRAL ET PARTICULIÈREMENT DES PANSEMENTS DES PLAIES DES PARTIES MOLLES PAR PROJECTILES DE GUERRE.
Ainsi que nous l’avons établi dans notre Introduction, du jour où Paré, Maggi et Joubert combattirent les détestables pratiques inspirées par la théorie de l’empoisonnement des plaies d’armes à feu, deux grands principes ont guidé jusqu’à nos jours les chirurgiens dans le traitement de ces blessures; le premier, celui de la nécessité de provoquer parla supputation l’élimination de l’eschare produit par le projectile dans toute l’étendue de son trajet; le second, celui de l'inutilité, voire des dangers de cette élimination par la suppuration.
I. Pansements suppuratifs, suppuratifs onctueux et balsamiques. — Le premier principe a inspiré, comme nous l’avons dit, l’emploi si répandu au \vie siècle des suppuratifs onctueux, des huiles, des graisses, des balsamiques, L’expérience ayant bientôt démontré que l’application de ces topiques qu’on croyait nécessaires était souvent suivie de tous les accidents des inflammations vives, de la rétention, de la diffusion du pus sous les aponévroses, de l’étranglement des tissus et de l’hecticité, le débridement , curatif d’abord, préoenlif ensuite, se présenta comme un moyen fort rationnel de mettre le blessé à l’abri de ces terribles complications. Ce débridemenl ne servait-il pas d’ailleurs en môme temps à faciliter l’application les modes d’hémostase, l’extraction des corps étrangers métalliques et osseux? Puis, comme en dépit de ce débridemenl, les orifices des plaies dilatées et avivées se fermaient d’ordinaire avant que les fusées purulentes n’aient eu le temps de se tarir, que les tissus blancs n’aient pu s’éliminer et que cette cicatrisation prématurée entraînait des accidents de rétention, les tentes, les bourdonnets, les sétons simples, les sondes trouées de Paré