Düpuytren, Leçons orales, t. V, p
2. Roux, Quarante années de pratique chirurgicale-, Paris. 1855; t. II, p. 413.
HÉMORRHAGIES CONSECUTIVES.
l’aine. L’extraction du projectile exécutée, le doigt fut introduit dans la plaie antérieure et Houx sentit très nettement les battements de l’artère fémorale qui était à nu. La balle avait passé en dehors de ce vaisseau qu’elle avait dénudé et en dedans du fémur qui n’avait pas été atteint.
Pendant une semaine, le malade alla très bien, mais Houx conservait des inquiétudes sérieuses au sujet de la rupture de l’artère. Cette crainte ne se réalisa que trop. Dans la nuit du septième au huitième jour, une hémorrhagie assez forte se déclara. Le veilleur de la salle et les internes de garde étaient prévenus. Houx avait même, par prudence, fait placer un tourniquet au chevet du blessé. Malgré ces précautions, il s’écoula beaucoup de sang avant qu’il fût possible d’appliquer le tourniquet. L’hémorrhagie s’arrêta aussitôt après. Le lendemain matin, le blessé était fort pâle. La fémorale fut liée au niveau du pubis, suivant la méthode de Ilunter, mais cet homme resta très affaibli et deux jours après il succombait.
Il semble résulter des expériences de Gaïkt faites sur des animaux que, dans les plaies suppurantes, la dénudation un peu étendue des vaisseaux est au point de vue des chances de mortification de la paroi aussi grave que la contusion. Pour nous, nous partagerions cette manière de voir, d’autant que, comme nous l’avons vu, les dénudations des artères par les projectiles offrent souvent des lésions de la contusion. C’est autant par le mécanisme de la dénudation, mais de la dénudation simple, que par celui de l’ulcération directe que la pourriture d’hôpital, cause si fréquemment signalée autrefois d’hémorrhagies secondaires, amène ces accidents.
J. Roux, qui a écrit sur les hémorrhagies secondaires des pages remarquables, a signalé un dernier mécanisme d’ulcération des vaisseaux artériels. Celle-ci est déterminée par la pression des esquilles ou des extrémités des fragments osseux sur ces vaisseaux. A l'encontre des hémorrhagies secondaires liées aux autres causes que nous venons d’étudier et qui se montrent de préférence à certaines époques, celles qui sont liées à la mortification du vaisseau par les esquilles peuvent survenir à toutes les périodes du traitement des fractures. Cependant Roux a remarqué qu’on les observait de préférence lorsque l’inflammation suppurative a modifié la vitalité des parois artérielles comme celle des autres tissus mous.
Nous résumons ici, pour bien fixer cette patbogénie dans l’esprit du lecteur, un exemple de cette variété d’hémorrhagie secondaire dû à Lidell (1) :
Un soldat reçut, en 1864, une balle conique qui pénétra l’articulation tibio-tarsienne par la malléole externe et ressortit au-dessous de la malléole interne après avoir fracturé l’extrémité inférieure du tibia et de l’astragale. On essaya de sauver le membre. Tout alla bien jusqu’au 84° jour. A cette époque, il se fit, tout d’un coup, par la plaie, une hémorrhagie artérielle qui affaiblit beaucoup le blessé. Lidell amputa la jambe sans délai au lieu d’élection. En disséquant le membre amputé, il vit que le sang provenait de l’artère tibiale postérieure. La pression d’une esquille poussée contre l’artère par le projectile même avait déterminé l’ulcération de ce vaisseau.
Pelletan avait observé déjà un cas d’hémorrhagie consécutive le soixantedixième jour. Cette hémorrhagie avait été déterminée par la pression d’une esquille sur un artère.
Jusqu’ici nous n’avons parlé que des causes locales des hémorrhagies consécutives, nous avons à signaler maintenant les causes générales dont