I. Boeckel, Gazette médicale de Strasbourg , 1871-72, p
HÉMORRHAGIES
CONSECUTIVES.
Pronostic. — Alors môme qu'elles ne déterminent pas la mort plus ou moins rapide des blessés, les hémorrhagies consécutives sont presque toujours graves. Elles sont, comme nous l'avons dit, plus graves que les hémorrhagies primitives. Elles causent l’effroi des malades , les affaiblissent, nuisent à la réunion de leurs plaies auxquelles elles impriment une marche irrégulière et qu’elles rendent très susceptibles d’être inoculées
Ipar des produits septiques. Par le degré d’atonie des tissus et les modifications du sang qu’elles provoquent, elles s’opposent à la formation de caillots consistants et à la réunion des plaies vasculaires. Ces conditions fâcheuses s’aggravent avec le retour des hémorrhagies qu’elles favorisent. « De là vient, dit Roux, que dans les hémorrhagies consécutives un peu rebelles, toutes les pièces de l’appareil dont la plaie est couverte présentent seulement une teinte rosée au lieu de la couleur foncée des autres hémorrhagies; de là vient qu’on ne trouve pas de caillots à la suriface de cette plaie; de là vient encore que, dans tant de circonstances, nos moyens coercitifs ordinaires sont sans puissance et sans efficacité; de là vient enfin que tant de fois on épuise toutes les ressources de la thérapeutique chirurgicale pour arrêter les progrès de l'anémie, sans pouvoir en [prévenir le terme funeste... La plupart des malheureux qui présentent ces liémorrhagies finissent par succomber1.» Les perfectionnements apportés à la technique chirurgicale ont heureusement modifié, dans ces derniers t.emps, la fréquence et la gravité de ces hémorrhagies.
Traitement. — La ligature des deux bouts des vaisseaux est le meilleur traiement préventif des hémorrhagies consécutives de cause locale; la ligature double st encore le meilleur traitement curatif.
Les considérations qui précèdent ont sans doute amené la conviction que la ligature primitive et double était le moyen le plus sûr de diminuer
Ia fréquence des hémorrhagies consécutives. Mais, pour remplir ce but, a ligature doit être immédiate, c’est-à-dire ne comprendre que l’artère, lie ne doit pas avoir été précédée d’une dénudation exagérée du vaisseau, t les fils employés pour la pratiquer doivent être antiseptiques et résorables. L'absence de tout corps étranger dans la plaie, le repos absolu du îembre ou de la région blessée dans un pansement bien immobilisant, u recherche de la réunion immédiate ou au moins de la guérison de la iaie sans suppuration, sont des conditions qui aident au succès de la .gature double et dont l'oubli peut le compromettre. Mais de tous les uoyens prophylactiques, le plus important peut-être serait d'éviter tout ansport aux blessés qu’on suppose menacés d'hémorrhagies secondaires, soit en raison de l’abondance de l’hémorrhagie primitive soit à [ ause des rapports que les plaies présentent avec le trajet de gros vais- I aux.
A une époque encore rapprochée de nous, les chirurgiens hésitaient sur I conduite à tenir en présence d’une hémorrhagie consécutive. Les uns,
I nspirant des idées soutenues par Dupuytren, Roux, Bégin, préconisaient ligature à distance par la méthode d’Anel ou de Hunter, les autres, sui- I nt la tradition des chirurgiens militaires français des armées de la Répu- I ique, tradition reprise par Guturje, proposaient de découvrir le vaisseau