‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 427 sur 460 · J. Roux, o. c, t. II, pp. 383 et · texte numérisé non relu

J. Roux, o. c, t. II, pp. 383 et

au lieu môme de la lésion, de l’étreindre d’une double ligature, l'une placée au-dessus, l’autre placée au-dessous.

Les premiers, tout en reconnaissant d’ailleurs la supériorité théorique de j la deuxième méthode, la rejetaient néanmoins dans la pratique, en s’appuyant sur les difficultés de la recherche du vaisseau au milieu de parties i lacérées, souillées par le sang et le pus, et surtout sur la crainte que j les artères rendues friable^ par l’inflammation traumatique ne vinssent à se couper avant qu’elles aient eu le temps de s’oblitérer. Ces objections ont quelque chose de fondé, mais leur portée a été exagérée par les partisans de la ligature à distance. Sans doute, au point de vue de la facilité de l’opération, la ligature indirecte, opération brillante qu’on est toujours 1 sûr d’exécuter lorsqu’on est guidé par les connaissances anatomiques, n'est pas comparable à la ligature dans la plaie, mais quand on a soin d’élargir suffisamment cette dernière, on parvient assez aisément sur le vaisseau. L’écoulement du sang, le cratère du caillot et les données ana- ' tomiques sont des guides qui, le plus souvent, permettent d’atteindre le but. Les mêmes moyens serviront à reconnaître le vaisseau dans les plaies ] suppurantes et les recherches seront facilitées par le raclage rude de la couche des bourgeons charnus, à l’aide d’une compresse. Les travaux de Nélaton ont prouvé et l’observation clinique a démontré que la ligature \ des artères à la surface des plaies suppurantes pouvait être efficacement , pratiquée.

Un grave reproche qu’on peut adresser à la ligature indirecte, c’est de ne pas mettre sûrement à l’abri des récidives hémorrhagiques. L’exemple \ suivant emprunté à Roux et choisi parmi un très grand nombre peut être ] rappelé pour affirmer ce que nous avançons :

Un soldat reçut en 1848 un coup de feu à la cuisse. La balle pénétra à la partie moyenne et antérieure, traversa toute l’épaisseur des chairs sans fracturer le 1 fémur et ressortit dans le point diamétralement opposé. Il n’y avait aucune hé- ] morrhagie; le membre n’était pas plus froid que celui du côté opposé. Rien ne J faisait supposer que l’artère fémorale eût été atteinte. Tout marcha bien pendant j les premiers jours. Il n’y eut pas beaucoup de gonflement; la suppuration s’établit j bien et l’état général resta très satisfaisant. Mais le dixième jour après la blessure I une hémorrhagie considérable se manifesta pendant la visite. La compression de la ] fémorale sur le pubis arrêtait l’écoulement qui reparaissait aussitôt avec la même J intensité, dès que le vaisseau était remis en liberté. La fémorale fut liée à égale ] distance de la plaie et de l’arcade de Fallope. Pendant la durée de l’opération, un j aide avait exercé une compression sur le pubis. Lorsque la ligature fut nouée, je 1 fis, dit Roux, suspendre cette compression; mais je m’aperçus avec douleur que J l’hémorrhagie continuait comme auparavant. Sans désemparer, je prolongeai la partie supérieure de mon incision, je remontai le long de l’artère jusqu’au-dessus J de l’origine de la fémorale profonde et j’appliquai à ce niveau une deuxième ligature . Cette fois l’hémorrhagie ne reparut plus. Mais la gangrène envahit la jambel et le blessé succomba rapidement L

La ligature à distance, employée pour combattre les hémorrhagies consécutives expose aux récidives hémorrhagiques et à la gangrène beaucoup plus que la ligature directe et double.

Pour réussir avec la ligature à distance par les méthodes d’Ancl ou de

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