‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 428 sur 460 · Roux, o. c., p · texte numérisé non relu

Roux, o. c., p

HEMORRHAGIES CONSECU T I V E S .

Hanter, il faudrait que tout le tronc artériel principal lié s’oblitérât. Or cette éventualité, qui serait â bref délai suivie de gangrène, ne s’obserjj vant pas le plus souvent, le sang est rapidement ramené dans le boutinfé- | rieur par les collatérales. Ce danger des récidives hémorrhagiques est si grand, il a été signalé tant de fois que dans aucune circonstance on ne doit avoir recours à la ligature sur une partie éloignée de l’artère audessus du siège de la blessure, à moins que tous les efforts possibles faits pour arrêter l’hémorrhagie ne soient restés sans succès L Les cas sont même nombreux où, après une première ligature à distance, le chirurgien s’est vu forcé, sans plus de succès, d’en porter de nouvelles sur un point plus élevé de l’artère.

La récidive hémorrhagique n’est pas le seul accident auquel la ligature à distance expose. Cette ligature est aussi plus souvent que la ligature double directe, suivie de la gangrène du membre. En liant les deux bouts du vaisseau divisé ou l’artère au-dessus et au-dessous de la blessure, quand son calibre n'a pas été totalement intéressé, on ne supprime le plus souvent aucune collatérale importante et si les lésions du membre ne compromettent pas sa vitalité, ce dernier court peu de risque d’être atteint de .gangrène. Par la ligature à distance, au contraire, on compromet des collatérales volumineuses, souvent nécessaires au rétablissement du cours du sang dans le bout inférieur.

Enfin un dernier inconvénient de la ligature à distance, c’est d’exposer le chirurgien à mettre à découvert des vaisseaux de premier ordre quand la ligature d’un tronc secondaire eût pu suffire. C’est le lieu de rappeler Terreur chirurgicale signalée par Gutiirie qui consista à lier l’artère iliaque externe dans la supposition que l’artère crurale avait été lésée au pli de l’aine, tandis qu’à l’autopsie on put reconnaître que l’artère tégumenteuse abdominale seule avait été ouverte et qu’elle aurait pu être recherchée facilement et liée sans danger. Legouest rappelle qu’en présence d’une hémorrhagie consécutive à une plaie d'arme à feu répondant au pli du bras, il aurait pu lier sans nécessité l’artère brachiale s’il avait suivi la méthode d’ÀNEL, mais qu’en mettant la plaie à jour, il découvrit que l’hémorrhagie avait lieu par l’artère récurrente radiale. Une double ligature arrêta sans retour l’écoulement du sang 1 2.

Mais si la ligature double est le mode de traitement le plus raLionnel et le plus sûr des hémorrhagies liées aux blessures des gros troncs ou de vaisseaux d’un calibre appréciable, elle est souvent inapplicable pour les hémorrhagies diathésiques fournies par les capillaires ou par des vaisseaux de trop faibles dimensions pour être saisis. De plus, les manœuvres

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