‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 429 sur 460 · Legouest, o. c., p · texte numérisé non relu

Legouest, o. c., p

Pendant la guerre d'Amérique, sur 87 ligatures appliquées le plus souvent à distance et à la période intermédiaire, sur les gros troncs artériels du membre inférieur pour arrêter des hémorrhagies de ces vaisseaux même ou de leurs branches, 21 seulement de ces opérations réussirent, 61 opérés succombèrent, soit 70,1 p. 100. Comme nous le faisions remarquer, à s en tenir à ces chillres, la ligature à distance ne vaut pas mieux que la •compression et les styptiques. Arck. mcd. mil. 1883.

12. Legouest, o. c., p. 258. Nous pourrions rappeler encore le cas, cité par J. Roux, d'une ligature de la fémorale pratiquée pour arrêter, dans une plaie du jarret, une hémorrhagie fournie par l’artère articulaire externe. La ligature fut suivie do la gangrène du membre et le blessé succomba. Roux, o. c., p. 328.

faites pour la recherche dos vaisseaux dans la plaie exposent ù. de nouvelles pertes de sang.

La compression directe, aidée au besoin d’hémostatiques (eau de Pagliari, chlorure de zinc en solutions concentrées), est le premier moyen à employer en pareil cas. On a encore conseillé l’emploi de l’eau chaude qui coagule l’albumine. La compression indirecte pratiquée au moyen de tourniquets disposés en plus ou moins grand nombre sur le trajet, du vaisseau principal et alternativement mis en jeu afin de ménager les téguments et d’éviter les douleurs, ont réussi à Legouest sur des blessés de Crimée. En cas d’insuccès de ces moyens, le cautère actuel chauffé au rouge sombre rend parfois de réels services, nous l’avons constaté aux ambulances de l’armée du Nord en 18 70. Devant l’insuffisance de tous les moyens locaux, la ligature à distance, voire môme l’amputation, ont parfois paru nécessaires pour arrêter ces hémorrhagies capillaires. Soutenir les forces du blessé, autant que possible combattre les congestions fébriles, sont des indications qu’il faut enfin ne pas négliger chez les blessés qui présentent ces hémorrhagies diathésiques.

Chez les blessés affaiblis par une ou plusieurs hémorrhagies diathésiques, on a conseillé et pratiqué la transfusion du sang. D’après Neudôrfer, cette opération aurait quelquefois amené une amélioration notable dans leur état, mais les cas de succès n’ont pas été assez nombreux pour qu’on puisse recommander d’y avoir recours.

Quand l’hémorrhagie est arrêtée au moment où le chirurgien est appelé, comme cela arrive presque toujours, faut-il qu’il reste inactif si les moyens d’hémostase utilisés lui paraissent convenablement appliqués? Nous ne le pensons pas. Ne pas intervenir en pareil cas ou attendre, comme le veut Macleod, la réapparition de l'hémorrhagie, c’est inutilement exposer le blessé à une nouvelle perte de sang toujours épuisante, souvent mortelle, quels que soient les soins qu’on ait pris pour la prévenir. Legouest1 a bien déterminé les cas dans lesquels l’intervention n’est pas indispensable et ceux dans lesquels elle paraît nécessaire, et nous nous rangeons pleinement à son opinion. « Lorsque, dit-il, le trajet de la blessure et la quantité de sang écoulée indiquent que l’hémorrhagie ne provient pas d’un tronc considérable et permettent d’espérer sa suspension définitive, il peut être permis de s’abstenir d’une opération; mais, dans le cas contraire, il nous paraît plus sage, sous tous les rapports, de procéder immédiatement à l’opération sans attendre une hémorrhagie nouvelle dont on pourrait bien encore n’être pas témoin ou qui, se déclarant pendant le sommeil du malade, amènerait silencieusement la mort. »

Anévrysmes circonscrits. — Nous ne croyons pas devoir nous arrêter à l’étude des anévrysmes circonscrits, artériels ou artérioso-veineux, d’abord bien plus rarement observés que les anévrysmes diffus à la suite des traumatismes de guerre et qui ne représentent le plus souvent que les transformations des premiers. Leurs caractères et leur traitement ne diffèrent pas de ceux des anévrysmes spontanés.

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