‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 432 sur 460 · Bulletin Soc. chv · texte numérisé non relu

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Tandis que les températures uniformes basses ou élevées ne semblent pas favoriser l’éclosion du tétanos, les grands écarts entre la température du jour et de la nuit, les brusques oscillations thermiques, ont au contraire une pernicieuse influence.

Thierry raconte que dans la nuit qui suivit la bataille de Bautzen, les blessés restèrent exposés à un froid très vif après une journée assez chaude; aussi, dès le lendemain, cent dix de ces malheureux étaient atteints de tétanos.

Après la bataille de la Moskowa, dit Bégin, au milieu des plus vives chaleurs, nous n’eûmes que peu de tétaniques; nos blessés de la bataille de Dresde, par un temps humide et froid succédant à une grande élévation de température, furent décimés, au contraire, par cette affection qui n’épargna pas même nos amputés L

Desgenettes a rapporté à Fournier-Pescay que lorsque l’armée d’Orient se retira de Saint- Jean-d’ Acre sur Jaffa, on observa un grand nombre de cas de tétanos dus à ce qu’à la chaleur accablante du jour avait succédé la fraîche et humide brise de mer, puis une nuit glaciale 1 2.

Les blessés, dit Larrey, qui se sont trouvés, dans la campagne d’Autriche, les plus exposés à l’impression de l’air froid et humide des nuits glaciales du printemps, après avoir passé par divers degrés de chaleur très forte pendant le jour, ont été presque tous atteints de cette maladie qui n’a régné que dans cette saison durant laquelle le thermomètre de Réaumur a varié presque constamment, du jour à la nuit, de la moitié de son ascension. Au contraire, après Eylau, Austerlitz, pendant la campagne de Russie, durant lesquels la température fut basse, les cas de tétanos ont été exceptionnels.

Aux Indes en 1782, en Algérie pendant l’expédition contre le bey de Titéri (Baudens), pendant les deux expéditions de Constantine (Hutin, Sédillot), pendant la guerre du Brésil contre l’Uruguay et le Paraguay (1864), pendant la guerre d’Amérique où cette complication sévit avec plus ou moins d’intensité, on signale la même pernicieuse influence des brusques variations de température.

Stromeyer, en 1866, à Langensalza, les chirurgiens allemands devant Strasbourg et Metz la constatent encore, tandis qu’aux armées de la Loire et de l’Est, devant Belfort, par un froid rigoureux presque excessif, le tétanos est rare dans les deux armées franco-allemandes.

Cette influence si frappante des écarts de la température et surtout du froid humide des nuits succédant à une chaleur excessive des journées étant admise, on conçoit que cette complication se présente de préférence, en Europe, aux mois de mars, d’avril, en septembre et en octobre, ainsi que l’ont fait remarquer les auteurs. .

Dans des ambulances ou des hôpitaux bien aménagés, mais mal ventilés et dans lesquels les blessés sont exposés à des courants d’air froid, le tétanos trouve les mêmes conditions favorables à son développement. Dupuytren et Sédillot en avaient déjà fait la remarque; RicnTER, qui a insisté sur ce point, a eu l’occasion de la renouveler à Horsiz en 1866 et les faits, dit-il, lui ont appris à distinguer l’aération de la ventilation ou des courants d’air. Cet auteur explique par l’action des derniers les épidémies d’hôpital ou de salle. Pour lui, une fenêtre laissée ouverte près d’un blessé durant une huit fraîche succédant à une journée chaude peut suffire à les déterminer. Toute une série de blessés couchés les uns à côté des autres peuvent, à la rigueur, être atteints si par inadvertance ou dans un but d’aération ils sont soumis à cette cause de refroidissement3.

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