‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 433 sur 460 · Mathieu, o. c., p · texte numérisé non relu

Mathieu, o. c., p

TÉTANOS

Le séjour îles blessés dans des endroits frais et humides, y prédispose encore; aussi l’hospitalisation sous les tentes traversées si facilement par la pluie, et qui emprisonnent l'humidité du sol, l’installation des blessés dans les églises, le transport par eau, ont-ils été accusés, non sans raison, de provoquer ou de favoriser l’apparition du tétanos.

I). Larrey raconte que les blessés qu’on plaça dans un des hôpitaux du Caire inondé pendant trois mois par les eaux du Nil périrent en grande partie du tétanos l. Le môme auteur rapporte qu’au combat d’El-Arich, les blessés traités sous des tentes établies sur un sol constamment abreuvé par les eaux tluviales succombèrent pour la plupart à cette complication.

Je n’ai jamais vu, dit Murat, un aussi grand nombre de tétaniques qu’après la bataille d’Iéna. La quantité immense de blessés força à les déposer dans les édifices publics et particulièrement dans les églises où, couchés sur un sol humide, à peine recouverts d’un peu de paille, placés au milieu d’une atmosphère à demi glacée, ils purent d’autant plus facilement contracter le tétanos... Ce fut aussi dans les églises que cette maladie sévit avec le plus de violence. Sa marche était d’une rapidLité effrayante; plusieurs périrent en moins de vingt, trente, trente-six heures, peu arrivèrent jusqu’à soixante-douze et au delà. Pendant la bataille la chaleur avait été assez forte.

Pendant la campagne d’Italie de 1859, sur les blessés qu’au milieu de l’encombrement qui suivit maintes batailles on dut entasser dans les églises, on observa •simultanément de si nombreux cas de tétanos que celui-ci semblait prendre le caractère épidémique.

A Brescia, dit Bertherand, où l’on constata 75 cas de tétanos, cette complication se manifesta presque exclusivement dans les églises transformées en hôpitaux. Les chirurgiens de Milan, de Castiglione firent les mêmes remarques que Bertherand.

Maheu rapporte que, lors du passage de Rhin, l’an V, des blessés évacués sur Bonn par eau et de nuit furent frappés, dès leur arrivée, du plus violent tétanos 2.

L’hospitalisation rapide qui soustrait les blessés à toutes les fâcheuses influences sur lesquelles nous venons d’insister, la promptitude des 'secours, permettent d’éviter dans une large mesure l’apparition du tétanos.

• On s’explique par contre qu’autrefois, alors que les secours immédiats n’étaient pas organisés, que les blessés étaient condamnés à séjourner parfois plusieurs jours sur le champ de bataille, le tétanos ait été bien plus [•fréquemment observé qu’aujourd’hui.

Après la bataille de Prague, Bilguer dit en avoir vu plus de mille cas et autant après Leignitz et Czaslow.

Pendant la guerre d’Italie, le tétanos sévit avec plus de violence sur les [ blessés autrichiens recueillis dans nos ambulances que sur les blessés français, parce que moins à portée d'être relevés, les premiers avaient dû •■séjourner plus longtemps sur le champ de bataille.

S’appuyant sur les conditions favorables que crée la promptitude des •secours, on a expliqué la rareté plus grande du tétanos sur les blessés des i liscordes civiles que sur ceux de la guerre.

Nous devons nous arrêter un instant à la pathogénie de cette terrible complication qu’on a expliquée par deux théories d’où découlent des indiquons thérapeutiques très différentes.

Pour les partisans de la théorie nerveuse , l’irritation des filets nerveux

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