Mathieu, o. c., p
-•périphériques retentirait sur les centres qui réagiraient de leur côté en déterminant des spasmes, des contractions musculaires. Pour ceux qui, au contraire, admettent la théorie septique , le tétanos résulterait d’une intoxication déterminée par un produit inoculable et virulent. Les faits et les recherches anatomo-pathologiques n’ont pas encore permis d’asseoir définitivement l’une ou l’autre de ces théories, mais la première qui semble la plus plausible est celle qui est actuellement soutenue par le plus grand nombre.
Nous avons vu que le tétanos pouvait s’observer à la suite de contusions sans plaies, ce qui ne pourrait guère s’expliquer avec la théorie humorale. D’un autre côté, l’apparition fréquente du tétanos dans les cas de plaies des nerfs, de plaies confuses irritées par la présence de corps étrangers; les succès de la névrotomie, la constatation à l’autopsie de névrites intéressant les nerfs qui partent de la plaie, plaident en faveur de la théorie nerveuse. Si Ranvier, sur des moelles provenant des blessés de la guerre de 1870 qui avaient succombé au tétanos, n’a pu constater les lésions de la myélite ascendante, Bouchard, Charcot, Broca les ont observées. D. Larrey sur des blessés de Waterloo les avait déjà notées. D’ailleurs la théorie réflexe soutenue par Yulpian, Yerneuil, Brown-Séquard, rendrait bien compte de ces cas dans lesquels les lésions des nerfs ou celles de la moelle sont peu accusées ou nulles.
C’est surtout le caractère épidémique que présente parfois le tétanos et sa moindre fréquence signalée depuis l’adoption des pansements antiseptiques qui ont fait admettre la théorie septique , mais c’est plutôt à l’action d’une cause souvent bien différente d’une intoxication et agissant simultanément sur un certain nombre de blessés réunis qu’il faut rattacher les pseudo-épidémies tétaniques. Pour être d’ailleurs moins fréquemment observé depuis l’adoption des pansements antiseptiques, le tétanos n’en a pas moins atteint maintes fois des blessés pansés antiseptiquement; enfin les expériences d’inoculation ont été jusqu’ici négatives.
Le pronostic est des plus graves. Sur un ensemble imposant de 564 cas de tétanos traumatique observés pendant la guerre d’Amérique, Huntington a compté 451 morts, soit 89,3 p. 100. 11 semblerait cependant, au dire de Mathieu, que la mortalité de cette complication que D. Larrey considérait comme de toutes la plus grave, soit un peu moindre de nos jours qu’autrefois. Heurteloup, en 1783, disait n’avoir jamais vu un seul blessé guérir du tétanos soit dans sa pratique, soit dans celle d’autres chirurgiens des armées, et O. Beirne rapportait que sur 200 cas environ qu’il observa dans les guerres d’Espagne au commencement du siècle, il n’y eut pas une seule observation cle guérison1.
Les chiffres de 91 p. 100, de 92 p. 100 et de 89 p. 100, qui expriment la mortalité du tétanos pendant les guerres de Grimée, d’Italie et d’Amérique, montrent que si la léthalité de cette terrible complication est un peu moindre qu’autrefois, elle est toujours extrêmement élevée. Richteiî, qui a réuni 717 cas de tétanos traumatique, accuse une mortalité de 88 p. 100 et, sur les 40 blessés qui ont survécu, 13 n’avaient présenté que du trismus.
On a remarqué que dans le tétanos chronique, à partir du dixième