DES NERFS
Les autres accidents, les autres troubles consécutifs aux blessures des rfs, portent sur la motilité, la sensibilité, la nutrition clés tissus et les fonctions I s centres.
Troubles de la motilité. — La paralysie de la motilité est la conséquence •:ale des lésions par coup de feu des nerfs mixtes. Celle-ci est tantôt complète, tantôt complète, suivant le degré de la lésion primitive. A esure que le muscle paralysé s’atrophie, la contractilité électrique se rd. Il est. bon de savoir cependant que des muscles sur la contraction squels la volonté a perdu toute influence peuvent se contracter sous
Eîfluence de l’électricité, et que réciproquement des muscles incapables igir sous l’influence du courant électrique ont conservé la propriété de mouvoir volontairement. Limitée le plus souvent aux groupes de muscles l iervés par les nerfs atteints, la paralysie motrice peut parfois s’étendre l’autres groupes. Nous reviendrons sur ce point à propos des troubles lil: itraux.
La paralysie des muscles entraîne souvent des déviations. Celles-ci uvent être dues à la prédominance d’action des antagonistes. En pareil 5, la déviation se montre assez rapidement. D’autres fois la déviation est terminée par la rétraction des muscles paralysés. La position vicieuse primée à la jointure est alors le plus souvent au-dessus des ressources l’art.
Exceptionnellement, on a noté des contractions toniques, des spasmes des i iscles paralysés.
Les muscles contractés spasmodiquement sont volumineux, fermes, -sceptibles d’allongement; les muscles rétractés sont au contraire amais quoique durs, incapables de s’allonger comme de se raccourcir et de rrmettre par le fait toute amélioration dans la direction du membre l-vié.
Troubles de la sensibilité. — Nousavons vu qu’immédiatement après la blessure d’un tronc nerveux mixte, la sensibilité était le plus souvent moins atteinte que la motilité. Le môme fait s’observe consécutivement, et il est môme fréquent de constater un retour rapide de la sensibilité dans une zone très étendue alors que la paralysie motrice reste complète. L’abolition ou la diminution de la sensibilité peut consécutivement, comme primitivement, porter seulement sur certaines formes à l’exclusion des autres. Mais un des phénomènes qu’on constate surtout à une époque plus ou moins éloignée du traumatisme, c’est que très souvent, avec l’abolition de la sensibilité tactile, de la sensibilité à la température, coïncide une hyperesthésie à la douleur.
A la sensation d’engourdissement, de fourmillement, de douleur le plus souvent obtuse et profonde éprouvée par le blessé pendant les huit premiers jours qui suivent le traumatisme nerveux, sensations qui durent parfois plusieurs septénaires, succèdent de nouvelles douleurs bien autrement vives. Ayant la plaie pour point de départ, ou rattachées parle blessé aux extrémités terminales du nerf atteint, circonscrites ou étendues, continues ou plus souvent intermittentes à type quotidien, et commençant tous les jours à la tombée de la nuit, elles se traduisent par une sensation de cuisson, de brûlure, de contusion, d’élancements plus ou moins aigus. Quand elles atteignent et conservent un haut degré d’acuité, on les désigne sous le nom de cciusalgie (Weir Mitchell).
Comparées alors à l’action d’un sinapisme très chaud, d’une tramée de feu dirigée dans la région blessée ou dans des endroits souvent éloignés, ces épouvantables souffrances sont rappelées par le moindre choc, un simple frôlement, le bruit le plus léger, l’exposition à l’air, la vue de la lumière, le moindre effort, une impression même peu vive comme la vue d’une personne étrangère, d’un blessé voisin, du médecin, etc. Cette hyperesthésie se prolonge-t-elle, les centres s’exaltent et propagent l’éréthisme dans tous les sens. Le blessé tombe dans cet état que W. Mitchell a si bien dénommé tétanos sensoriel. Tremblant, anxieux, aigri, irascible, perdant chaque jour son énergie et ses forces, poursuivi souvent par des idées de suicide, redoutant la moindre impression morale ou physique, le blessé est sans cesse sous le coup de nouvelles crises douloureuses. Il est d’un nervotisme hystérique. Et cet état si digne de pitié peut durer des mois, des années. Descot rappelle l’observation d’un blessé de Wagram, chez lequel de semblables crises provoquées par une blessure des nerfs de la jambe durèrent huit années, et qui ne guérit que par la résection du sciatique1.
Cet état est bien mis en lumière par les observations suivantes dues à Cunin et à W. Mitchell.
Un des blessés de Canin avait été frappé le 16 août 1870 par une balle qui avait entamé le sciatique au pli de la fesse. Près d’une année après sa blessure, il présentait une physionomie toute particulière. Les traits étaient contractés, scs yeux fermés ou à peine ouverts, son corps était ramassé sur lui-même; il se cachait sous sa couverture, évitant tout contact, tout rapport avec ce qui l’entourait. Ses douleurs, assez vives dès le début pour lui arracher des larmes et des cris, avaient
1. Descot, Dissertation sur les affections locales des nerfs. Paris, 1845.
AUTRES ACCIDENTS CONSÉC.