Weir Mitchell, o. c., p
la causalgie est la paume de la main, la face palmaire des doigts et la face dorsale du pied (W. Mitchell).
Troubles trophiques. — Quand la lésion a porté sur tout le diamètre d’un nerf et que la réunion n’a pu être obtenue, les tissus du membre qui reçoivent l’inllux du nerf sectionné, s’atrophient. La peau est sèche, rude, raboteuse, les ongles deviennent cassants, se fendillent, se détachent par lamelles, les poils tombent, le tissu cellulaire disparaît, les muscles s’atrophient, les veines se rétrécissent et les pulsations des artères s’affaiblissent1. On peut rencontrer des lésions de même nature, mais plus limitées quand une partie seulement du nerf a été intéressée.
A côté de ces troubles qui portent le cachet de l’atrophie, on en trouve d’autres qui présentent de tout autres caractères et qui sont précédés ou s’accompagnent le plus souvent des douleurs névralgiques de la causalgie. On a très fréquemment occasion de les constater à la suite des blessures des nerfs par armes à feu.
La peau est érythémateuse, rouge, tendue, luisante à tel point qu’on la croirait recouverte d’un vernis [aspect luisant de la peau). Cet aspect si caractéristique s’observe surtout au pied et à la main. Les doigts sont effilés, lisses, glabres, sans traces de rides, roses, rouges, ou couperosés comme s’ils étaient atteints d’engelures. Denmark, au dire de Weir Mitchell, aurait le premier attiré l’attention sur ce trouble nutritif de la peau qu’il aurait constaté à la suite d’un coup de feu du radial avec séjour d’un fragment du projectile dans l’épaisseur de ce nerf.
L’altération de la peau, comme distribution, répond tantôt exactement à celle des nerfs blessés; d’autres fois elle n'existe que par places. k\' érythème font suite des éruptions vésiculeuses qui se montrent avec les caractères de l’eczéma, de l’herpès, parfois du pemphigus. Charcot, entre autres, a publié un cas de Rayer dans lequel un coup de feu à travers la cuisse détermina une névralgie et une éruption de plaques d’herpès très douloureuse.
La rupture des vésicules, des phlyctènes distendues par un liquide séreux donne naissance à des ulcérations rebelles qui se montrent spontanément ou sous l’influence du plus léger traumatisme. Les ulcérations siègent ordinairement aux extrémités des doigts et des orteils.
La peau érythémateuse perd souvent ses poils. D’autres fois ceux-ci s’hypertrophient, se foncent, se hérissent comme D. Larrey l’avait déjà remarqué. Les ongles s’incurvent en longueur et en largeur, sous forme de griffe, s’amincissent, se strient, et se déchaussent à leur base.
La sécrétion sudorale, abolie jusqu’aux limites de la paralysie dans les blessures des nerfs qui intéressent complètement leur continuité2, est au contraire augmentée ou pervertie dans les sections incomplètes, accompagnées de phénomènes douloureux. Les parties malades sont humides d’une façon constante ou seulement pendant les accès névralgiques. Quand les douleurs sont vives et qu’on observe l’état luisant de la peau, la sueur peut prendre même une odeur acide, une odeur de vinaigre insupportable.