AUTRES ACCIDENTS CONSÉC. AUX BLESSURES DES NERFS. G
Wsih Mitchell cite l’observation d’un blessé chez lequel la paralysie s’accompagna d’une sueur très abondante à odeur de vinaigre, odeur qui était supprimée dès qu’on l’électrisait1.
On trouve dans la Gazette médicale de Strasbourg la relation do deux faits du même genre observés à la suite d’un coup de feu du médian et du cubital2.
Le tissu cellulaire subit, comme la peau, diverses altérations. Le plus souvent il s'atrophie, mais il peut aussi présenter un empâtement œdémateux subinflammatoire surtout au moment des accès névralgiques, empâtement qui disparaît en partie et qui parfois, au contraire, persiste après la cessation des douleurs. L’œdème aigu, qu’on observe alors assez fréquem-
Iment, peut être si bien confondu avec un empâtement phlegmoneux que des chirurgiens se sont crus obligés de pratiquer, en pareil cas, des débridemcnts étendus. D’ailleurs, parfois l’œdème fait place à un véritable ; phlegmon (Couyba). Enfin Weir Mitchell à la suite d’un coup de feu du bras qui avait intéressé un gros tronc nerveux a observé un gonflement éléphantiasique d’une partie de la main, une véritable sclérose du tissu cellulaire.
On a vu, au contraire plus exceptionnellement, l’altération nutritive aller jusqu’à une véritable mortification des tissus, jusqu’à l’ulcération et même la gangrène. Nous reparlerons tout à l’heure de la gangrène consécutive aux lésions nerveuses.
Du côté des muscles, nous avons à signaler leur atrophie. L’époque d’apparition de ce trouble trophique est d’ordinaire assez rapprochée du traumatisme. Les muscles commencent souvent à perdre de leur volume quelques semaines après la blessure. L’atrophie varie quant à son degré. On a vu des membres perdre par l’atrophie de leurs muscles le quart, le tiers de leur volume.
Les arthropathies qui succèdent aux lésions traumatiques des nerfs, apparaissent le plus souvent tardivement; toutefois, dans un cas de Weir Mitchell, l’affection articulaire se montra dès le deuxième jour. C’était à la suite d’une blessure du plexus brachial par un coup de feu; deux jours après les articulations des doigts étaient tuméfiées et douloureuses. Le fait suivant rentre au contraire dans la donnée classique de la tardive époque d’apparition de ces arthropathies. Il est assez intéressant pour que nous croyions devoir le résumer ici :
Il s’agissail d’un blessé qui, à Gettysburg, avait reçu une balle à la base du cou. Il épaulait son arme, le genou en terre, au moment où il reçut le coup. Le projectile s’engagea vers la fosse sous-scapulaire et blessa des planches du plexus brachial. Cet homme présenta des phénomènes immédiats de commotion passagère, une impotence fonctionnelle qui bientôt disparut, puis au bout d’une heure il accusa des sensations douloureuses dans l’oreille, l’épaule, le bras et l’avant-bras. Dans le courant de la deuxième semaine, une sensation de cuisson se manifesta dans la main. A ce moment qui probablement marquait le début de la névrite, l'articulation scapulo-humérale fut prise de raideur. Puis ce fut le tour du coude, puis des jointures des doigts. Cet état s’accompagnait de douleurs très vives et il persista sans modifications 3.