DAILLY
(il
vénosité. S'il n’apporte aucun argument nouveau pour soutenir cette doctrine, il résume le sujet d’une façon fort remarquable, après avoir présenté tous les arguments fournis par les partisans de cette théorie et leurs adversaires. D’accord avec ces idées théoriques, il applique des venlouscs sur les plaies, les scaritie, les incise, les recouvre d’attractifs. Ces indications remplies, il les traite comme ses contemporains et scs devanciers. Sa thérapeutique est surtout inspirée d’Hippocrate et de Galien. La térébenthine est son topique préféré, mais il aime aussi l’eau de fontaine ou le gros vin rouge d’Hippocrate dont il imbibe des plumasseaux d’e loupe.
De son chapitre des corps étrangers nous ne retiendrons que ses cathétérismes avec une « chandelle», moyen auquel on ne peut reprocher sa rudesse. Contre les hémorrhagies il ne connaît que la compression, les styptiques ou le feu. De tous les accidents des plaies, la gangrène le préoccupe surtout. 11 la dit fréquente à la suite des coups de feu, confondant sans doute avec elle les sphacèles et la pourriture d’hôpital, comme l'avaient fait ses devanciers et le feront maints successeurs.
A l’encontre de Paré, il ampute, comme les anciens, dans les parties mortifiées. Nous n’aurions pas parlé de ce chapitre, si nous n’avions eu à faire ici une remarque sur la mode d’hémostase préventive qu’on employait communément alors avant de faire les amputations. « On appliquait à quatre travers de doigts au-dessus du lieu corrompu une ligature fort étroite et serrée par le moyen de laquelle on évitait le llux sanguin et on endormait le sentiment de la partie ». Il n’entre pas dans notre pensée d’en accorder la priorité à Dailly, le moyen était employé bien avant lui, nous voulons seulement faire observer ici qu’il ressemble à certain mode d’hémostase préventive d’origine toute récente. La seule différence entre le nouveau et l’ancien réside dans l’emploi du caoutchouc.
Le chapitre des fractures du Traité de Dailly est le plus important. Il décrit avec précision quelques variétés, en établit assez bien le pronostic, et apprécie la valeur des traitements suivis de son temps. Les uns avaient recours à de simples bandages fenêtrés ou non, les autres employaient des attelles métalliques ou non, ou des gouttières métalliques matelassées d'ouate « en matière d’oreiller ». Il préfère ces gouttières pour les fractures comminutives avec perforation des membres. Quand la perforation est incomplète, il utilise une petite caisse. Si nous ajoutons qu'il est peu partisan des interventions immédiates, et partisan des interventions ultérieures, pour la période des « caries » consécutives, nous en aurons terminé avec les remarques que ce chapitre pouvait nous inspirer.
Celui qu’il consacre aux plaies des régions reflète à chaque page les opinions et les pratiques des anciens, mais on ne peut méconnaître que Dailly ne les ait bien adaptées à nos variétés de blessures.
Avec Dailly commence une série d’écrivains français de chirurgie militaire qui vont se suivre à peu d’années d'intervalle : Tassin, Abeille, Vërduc et Belloste.