‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 441 sur 460 · Weir Mitchell, o. c., p · texte numérisé non relu

Weir Mitchell, o. c., p

Les arlhropathies coïncident généralement avec les autres troubles trophiques aigus, et leur apparition est précédée des douleurs cuisantes de la causalgie. Leur terminaison habituelle, comme l’a fait remarquer W. Mitchell, est une ankylosé qui défie tous les efforts et qui n’est pas améliorée par la rupture des adhérences opérée avec le secours du chloroforme pas plus que par les autres manœuvres manuelles ou les appareils. Tous les moyens, ajoute cet auteur, échouent sans auLres conséquences que d’ajouter aux tourments que font subir au malade la névralgie et l’hyperesthésie cutanée1. Est-il nécessaire d’insister sur l’utilité qu’il y a pour nous de retenir ce fait?

Les articulations atteintes sont toujours situées au-dessous de la blessure. Elles ne présentent d’ordinaire qu’un gonflement modéré; la peau qui les recouvre n’est que légèrement rouge, mais elles sont très sensibles au toucher et leurs mouvements sont extrêmement douloureux.

Nous aurons terminé cet aperçu rapide sur les lésions consécutives des nerfs en rappelant les lésions osseuses ou périostiques qu’on a souvent constatées et les troubles de la calorification consistant en une élévation de température quand les nerfs sont irrités, douloureux, en un abaissement de la température dans les conditions opposées.

L’élévation locale de la température est quelquefois excessive ainsi qu’en témoigne le fait suivant :

Un blessé reçut en mars 1871 un éclat d’obus à la jambe. Des désordres graves furent la conséquence de cette blessure et nécessitèrent l’extraction d’un séquestre volumineux. Le blessé se remit cependant de l’opération et ce ne fut qu’en 1874 qu’on constata des troubles nerveux consécutifs, consistant en une anesthésie des trois premiers orteils, des panaris ulcéreux, des sueurs locales, une hypertrophie des poils, une atrophie du muscle vaste interne et une élévation de la température du membre qui offrait jusqu’ à 10“ de différence avec celle du membre sain 2.

En résumé, à la suite des lésions traumatiques des nerfs, on constate des troubles nutritifs portant sur les divers tissus. Parmi ces troubles nutritifs, les uns relèvent de l’atrophie pure et sont la conséquence de la suppression simple de l’action des nerfs sur les organes auxquels ils se distribuent. Les autres semblent liés à l’irritation et à l’inflammation du nerf, à la névrite. C’est à ces derniers que se rattachent la plupart des troubles consécutifs que nous avons décrits, les éruptions cutanées, les altérations des ongles, des poils, les dégénérescences rapides des muscles, les lésions des articulations et des os.

Troubles centraux. — Les accidents consécutifs aux lésions des nerfs peuvent ne pas rester limités aux tissus dans lesquels se ramifient ces nerfs, mais au contraire se propager aux centres, au cerveau, à la moelle.

Nous avons déjà parlé de l’éréthisme général causé par l'intensité et la persistance des douleurs de la causalgie, autrement dit du tétanos sensoriel. Nous n’y reviendrons pas, pas plus que sur le tétanos qu’on observe

2. Hayem, Bulletin de la Société de biologie, 1875, p. 291, et Archives de physiologie,

Page 1