AUTRES ACCIDENTS CONSÉC. AUX BLESSURES DES NERFS. Ü
Dans les faits qui précèdent, la paralysie est due à l’atrophie des muscles. Elle est secondaire sans avoir été primitive. D’autres fois c’est l’inverse qu’on observe, et la paralysie observée à la période secondaire n'est que la suite d’une paralysie primitive. La paralysie atrophique ne cède guère au traitement, l’autre au contraire peut mieux s’amender dans la suite. A cette forme peuvent se rattacher les cas suivants dus à Brown- Sequard1 et Weir Mitchell2.
Brown-Séquard a été consulté par un officier américain qui, à la suite d’une blessure par arme à feu du plexus brachial et du plexus cervical droit, fut paralysé à un léger degré des quatre membres, mais surtout du bras droitet de la jambe gauche.
Un soldat est blessé à la cuisse droite, il tombe presque sans connaissance et reste paralysé des quatre membres; le mouvement revient rapidement dans le bras gauche, mais la guérison des trois autres membres fut beaucoup plus tardive.
De ces propagations paralytiques, c’est la forme hémiplégique qui est la plus rare; les formes qu’on observe le plus souvent, on en comprend aisément la raison pathogénique, sont celles qui atteignent le membre correspondant du côté opposé. Quant à l’époque de leur apparition, elle est plus ou moins tardive.
L 'ataxie locomotrice , signalée par quelques auteurs, reconnaît pour cause le même processus irritatif médullaire que les paralysies atrophiques.
Propagation cérébrale. — Nous avons constaté dans deux cas que l’irritation médullaire ou méningée chronique s’était même propagée jusqu’au cerveau.
Pendant notre séjour à l’École de cavalerie de Saumur en 1882, nous eûmes à donner nos soins à un cavalier de manège jeune, marié, sans aucun antécédent héréditaire ou acquis, qui reçut dans la fesse un vigoureux coup de pied de cheval. Il éprouva sur-le-champ dans tout le membre un engourdissement douloureux, et eut grand’peine de se retenir pour ne pas tomber. 11 fut transporté immédiatement chez lui par ses camarades et nous le vîmes quelques heures après l’accident. La fesse était déjà soulevée par un énorme épanchement sanguin, et nous constatâmes une paralysie de toute la circonscription musculo-cutanée innervée par le sciatique. L’immobilité du membre et une compression assez énergique snr la fesse furent assurés. Les mêmes troubles fonctionnels du début persistèrent pendant ce temps. Quinze jours plus tard, le blessé ressentit dans le membre des douleurs assez vives qui cédèrent aux calmants, mais ce ne fut qu’au bout de deux mois seulement qu’il commença à marcher avec une canne, se plaignant d’une sensation de lourdeur dans le membre blessé et dans les reins. Pressé par ses chefs, il avait cherché à reprendre tant bien que mal son service, et nous ne nous étions plus occupé de lui, quand un jour il vint nous raconter avec émotion qu’on venait de le punir sévèrement pour ivresse. On avait pris pour un trouble de la parole d’origine alcoolique un trouble du langage d’une tout autre origine qu’il avait remarqué depuis quelques semaines, et qui avait coïncidé avec des douleurs de tête, quelques troubles de la vision, de l’audition et du trouble dans les idées. Ces symptômes s’accentuèrent, aiusi que la paresse des membres, de la vessie et du rectum et ce blessé dut être retraité pour paralysie, moinsde six mois après son traumatisme.
Un autre blessé non moins intéressant s’est présenté à notre examen, en 1886, à l'hôpital Saint-Martin.
Cet homme qui avait eu, pendant la guerre de 1870-71, l’humérus gauche frac-