‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 444 sur 460 · Weir Mitchell, o. c., p · texte numérisé non relu

Weir Mitchell, o. c., p

turë par une balle, était venu demander à l’hôpital quelles formalités il lui fallait remplir pour faire transformer sa gratification en pension. Ilnesc plaignait que de douleurs irradiées dans le membre blessé, dans le cou et dans la tète. Ayant été chargé de l’examiner, nous constatâmes une fracture par perforation de l’humérus consolidée avec cal légèrement volumineux et nous trouvâmes le nerf radial névromateux serré dans une coulisse osseuse assez profonde. Ce nerf étaittrôs douloureux. La moindre pression exercée sur lui amenait surtout un retentissement douloureux reporté à tout son trajet inférieur. Les extenseurs des doigts semblaient amaigris, mais la main ne présentait pas de troubles trophiques accusés. Le blessé présentait un strabisme externe paralytique de l’œil gauche qui depuis un an s’était déclaré sans cause connue. La pupille était dilatée de ce côté et la vision diminuée, mais, de plus, l’audition des deux côtés était moins vive, l’olfaction obtuse, et le blessé, qui ne se rendait pas compte du lien qui existait entre ces troubles divers et le traumatisme, nous avoua que sa mémoire se perdait de jour en jour. Cet homme constatait encore que son caractère, si gai autrefois, devenait sombre. Après nous être assuré que ces accidents ne pouvaient être rattachés qu’au traumatisme nerveux, nous proposâmes au blessé de dégager le nerf radial de sa gouttière, mais il ne voulut pas y consentir et nous le perdîmes de vue. Il était vigoureux, marchait très bien, n’accusait pas de diathèse syphilitique et ne présentait aucun trouble ataxique.

Ce fait peut être rapproché des cas cités par Rowland, Brown-Séquard, Hennen1 2 et Leyden, bienqu’il n’ait avec euxque l’analogie d’une lésion centrale.

L’observation de Leyden mérite d’être rappelée :

Il s’agissait d’un blessé de 1870, chez lequel les parties molles de la cuisse gauche avaient été intéressées par un projectile. La blessure fut suivie de douleurs violentes dans le membre inférieur gauche, puis dans le membre supérieur du même côté. En 1873, cet homme fut brusquement frappé d’une hémiplégie gauche sans perte de connaissance. Le traitement employé n’amena qu’une amélioration peu sensible.

Il n’est pas jusqu’à la maladie de Parkinson qui n’ait été observée consécutivement à des traumatismes des nerfs périphériques.

En résumé, les irritations des nerfs périphériques consécutives à leurs traumatismes peuvent entraîner et entraînent surtout, comme lésions centrales, des lésions médullaires circonscrites ou étendues, intéressant soit les méninges, soit le cordon médullaire même. Les lésions médullaires se révèlent le plus souvent par les signes d’une myélite grise subaiguë avec atrophie musculaire prédominante et parfois par les signes de Yataxie locomotrice. D’une façon plus générale, les troubles observés peuvent être rattachés à la perte de l’influence des nerfs sur les tissus (paralysies, atrophies, etc.) ou à l’irritation de ces nerfs, à la névrite.

Est-il possible, au moins dans une certaine mesure, de prévoir dans quels cas les troubles consécutifs surviendront, et dans quels cas ils présenteront le plus de gravité? Nous n’avons pas besoin de faire ressortir toute l'importance de cette question au point de vue médico-légal militaire. 11 est impossible de répondre péremptoirement à ces questions. Cependant il est admis que les désordres qui succèdent à la contusion des nerfs présentent souvent plus de durée et de gravité que ceux qui sont consécutifs aux autres variétés de traumatisme en apparence plus graves3. Peut-être les

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