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T ass i n (Léonard) nous a laissé un pe Li t Traité de chirurgie de guerre qui porte le titre de Chirurgie militaire. C’est un tout petit manuel, très portatif de 54 pages seulement in- 1 S, mais très méthodique et sagement écrit.
Le traitement des blessures par coups de feu, la description des « médicaments les plus nécessaires et les plus en usage » y prennent la plus grande place.
Des digestifs simples pour les premiers pansements, des digestifs mêlés d’aloès et de myrrhe ou de précipité rouge, l’onguent gris, pour les pansements ultérieurs; les mondificatifs auxquels on avait recours après les digestifs (aloès, huile de gaïac), puis les inoarnatifs, les sarcotiques (alun, et précipité rouge), le sublimé mêlé à l’eau de chaux, qu’on employait dans les plaies menacées de gangrène : tels étaient les topiques usuels que Tassin passe en revue.
C’était un partisan des idées de Gui de Chauliac et de Paré. Avec ce dernier, il ne croit ni à l’ustion ni à l’empoisonnement des tissus par les halles ni à l’efficacité des remèdes sympathiques. Il pense que les sections tendineuses ne causent pas les accidents qu’on leur attribuait de son temps, et il insiste sur l’efficacité des sections nerveuses qu’on employait alors contre les accidents nerveux consécutifsaux blessures par armesàfeu.
Si nous relevons encore que les styptiques, le cautère actuel, la compression médiate par un ruban de fil passé sous l’artère constituaient les moyens hémostatiques que lui et ses collègues employaient de préférence, nous aurons épuisé ce qui mérite d’être signalé, dans ce manuel qui n’a de valeur qu’en ce qu’il nous fixe sur les pratiques de l’époque à laquelle il a paru.
Tassin était un esprit judicieux et paraît avoir été un chirurgien habile doublé d’un anatomiste distingué. Un Traité d’anatomie qu’il fit paraître, fut traduit en allemand, et en hollandais.