‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 58 sur 460 · FRANÇAISE AU XVIIL SIÈCLE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE AU XVIIL SIÈCLE

d’assurer l’écoulement de l’urine par la sonde à demeure. Enfin, dans les plaies du rectum, il est partisan de l’incision du sphincter.

Les plaies articulaires par coup de feu exposent, pour lui, le blessé aux plus graves accidents et l 'amputation est presque toujours nécessaire en pareil cas. Si on se décide à conserver, il faut alors faire de grandes incisions préventives. Car il est démontré, dit-il, que « les ablations partielles de jointures qui ouvrent largement l’article sont moins dangereuses que les perforations ou autres traumatismes moins graves ».

Nous ne nous arrêterons pas longuement à sa description des blessures des différents segments des membres supérieurs et inférieurs. Avec ses contemporains, il exagère le pronostic des blessures du carpe, du tarse, du métacarpe et du métatarse, se basant surtout sur la blessure concomitante des tendons qu’on redoutait tant alors. Il craint l’étranglement dans les plaies antibrachiales ou jambières, aussi veut-il qu’on les traite par les grandes incisions préventives. Conservateur dans les fractures de l’humérus, il recommande la ligature dans les blessures concomitantes de l’humérale, c’est le même traitement qu’il prescrit dans les lésions delà crurale. Enfin, dans les fractures du fémur, que les chirurgiens du siècle suivant vont traiter par l’amputation à outrance, il se montre partisan déclaré de la conservation à condition qu’on pratique de longues incisions pour extraire les esquilles. On se demande comment si sage précepte ait pu être à tel point et si longtemps oublié qu’on ait pu s’imaginer et écrire que la conservation dans ces fractures était une des conquêtes de la chirurgie de notre époque.

Il termine son livre par des aphorismes sur les incisions, l’époque de l’intervention chirurgicale, le danger de l’introduction fréquente de la sonde ou des doigts dans les plaies. Ces dangers, il les précise d'une façon si remarquable qu’on croirait entendre un de nos auteurs récents qui n’a en somme que rénové, à son insu sans doute, les idées de Le Dran. Pour lui, ces cathétérismes fréquents irritent le blessé, font saigner la plaie et provoquent l’infection purulente 1 . Il s’arrête ensuite à divers symptômes dont il exagère la valeur pronostique et termine en engageant les jeunes chirurgiens militaires à étudier par l’expérience cadavérique, en temps de paix, les lésions produites par les balles. C’est une idée que Louis reprendra un peu plus tard.

Le Traité des plaies d'armes à feu de Le Dran est un des premiers que doivent consulter ceux qui s'intéressent aux pratiques de nos devanciers. Dans ses Consultations , il consacre encore une grande place la chirurgie d’armée. Il y préconise la ligature directe des vaisseaux divisés 2.

DESPORT (1740)

Né vers la fin du xvu° siècle, Desport, qui doit, à bon droit, figurer parmi nos meilleurs classiques, était un chirurgien de renom du dernier

1. Alors la mntière purulente rentre dans le torrent de la circulation. 0. r., p. 239.

2. Consultations sur la plupart (1rs maladies qui sont du ressort de la chirurgie , 1 vol., 1763, p. 77.

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