CHIRURGIE ET LA CHIRURGIE
MILITA IR E.
avoir bien saisi leur gravité, l’a un peu exagérée. Bien que le fait paraisse incroyable, dit-il, on peut constater des perforations de l'abdomen de part en part, sans lésions sérieuses. C'est une remarque dont beaucoup seraient tentés de faire honneur aux modernes.
Voici en quoi sa pratique dans les blessures de l’abdomen est originale : de son temps, dans les perforations avec issue de l’intestin et hernie simultanée ou isolée de l’épiploon, on utilisait un procédé dû au chirurgien-major Dargeat, et recommandé par Le Dran : « On réduisait et on introduisait par la plaie sous le péritoine une large syndon de linge, moyen infidèle qui exposait h de nouvelles hernies intestinales ou épiploïques à chaque pansement et empêchait la plaie de se fermer; d’autres, après réduction, se contentaient de réunir la plaie par des sutures faites suivant le mode ordinaire, la suppuration de la plaie entraînait, dit-il, leur chute prématurée. » Desport va plus loin : il dilate la plaie pour réduire, la scarifie pour en rendre l’adhésion plus facile, et applique des sutures profondes qui accollent de larges surfaces péritonéales, et se fixent sur des compresses qui en favorisent et en complètent l’action.
« Les fils étant placés, dit-il (l’anse embrassant le péritoine et le corps charnu, plus loin que dans la gastrorraphie ordinaire), on les assujettira par de petites compresses longitudinales que Ton mettra dans leurs intervalles et l’on fera avec les deux bouts du fil voisin sur chaque compresse longitudinale un nœud coulant qu’on •serrera autant qu’il sera nécessaire. On fera de même de l’autre côté *. »
Avec cette suture on n’a pas à craindre, d’après lui, la tension et l’ulcération des lèvres de la plaie. Desport employa ce moyen chez un blessé chez lequel « une balle avait pénétré dans la région hypogastrique près de la ligne blanche et qui était ressortie en arrière entre la première et la deuxième vertèbre lombaire ». L’intestin hernié fut réduit,, il plaça des sutures profondes aidées dans leur action par des compresses suivant le mode indiqué et le blessé guérit rapidement sans accidents.
Retenons encore qu’il ne veut pas rechercher une balle perdue dans le ventre, et que, pour lui, les blessures de la vessie pour être très graves ne sont pas sûrement mortelles. Il emploie la sonde à demeure dans les perforations vésicales et montre par une très belle observation les avantages de cette pratique. Nous arrêterons là nos remarques. Signalons, pour terminer, qu’il cite à la fin de son ouvrage deux observations curieuses de blessures de l’oreille et de l’œsophage.