‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 73 sur 460 · DANS LES CLAIES D’ARMES A FEU · texte numérisé non relu

DANS LES CLAIES D’ARMES A FEU

HOU Cil EH

Dans un premier Mémoire intitulé : Observations sur des plaies d'armes à feu , compliquées de fracture aux articulations des extrémités ou au voisinage île ces articulations \ Boucher cherche « à prouver que l’on abuse souvent de l’amputation en pareil cas ».

Pour démontrer que la fracture des diaphyses et des épiphyses par coup de feu ne réclame pas fatalement l’amputation, comme beaucoup le croyaient encore de son temps, il cite des observations remarquables de plaies d’armes feu de la partie inférieure de la cuisse avec fracture du fémur, immédiatement au-dessus de ses condyles,de fractures de la partie supérieure et inférieure du corps de l’humérus guéris avec ou sans accidents, des observations de fracture du condyle interne du fémur, du poignet, du cou-de-pied, avec lésion de la mortaise et de l’astragale, de la tête humérale, du pied, quatre cas de fracture du coude avec lésion de l’olécrâne et de l’interligne guéris rapidement par la conservation. Et il a bien soin d’insister sur le fait que ces cures ne sont pas les seules qu’il ait observées sur 165 blessés de la bataille de Fontenoy qui ont été traités à l’hôpital Comtesse de Lille. « Il n’y en a aucun que je sache, dit-il, à l'égard de qui la confiance que l’on a eue dans la nature, en pareil cas, ait été déçue. Or, s’il est vrai, selon des observations fidèles, qu’environ les deux tiers de ceux à qui l’on a fait l’amputation, surtout de la jambe, succombent, on voit quelle aurait dû être la différence de l’événement dans les cures mentionnées, laissant à part la considération importante qui résulte de la privation d’un membre 2. »

La fracture étendue des grands os avec saillie des fragments dans les chairs, les fractures multiples d’un grand os, les convulsions, l’ostéomyélite (très bien désignée par ses symptômes, sans l’être par son nom) consécutive aux contusions des os, le sphacèle sont les seuls cas qui pour lui réclament l’amputation. Il la veut primitive dans les premiers cas et considère les opérations ultérieures comme très souvent funestes. Il conseille, avec Heister et d’autres, de ne pas intervenir dans les cas où des balles sont perdues dans des articulations, lorsque les accidents n’ont rien de pressant.

Peu de jours après que Boucher eut lu son mémoire à l’Académie de chirurgie, Faure, ancien chirurgien aide-major des armées du Roi pendant la campagne de Flandre, vint lire un travail dans lequel il cherchait à prouver, comme nous allons le voir, que dans les plaies d’armes à feu compliquées au point d’exiger l’amputation, il faut attendre la cessation des accidents pour pouvoir en espérer un heureux succès. L’Académie de chirurgie pour soulever un débat contradictoire et élucider la question, communiqua le mémoire de Faure à Boucher qui avait avancé des idées

]. Mémoires de l'Académie de chirurgie , t. II, p. 287. 2. O. c., p. 30 i.

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