tournât dr Médecine militaire , t. VIII, p
guerre ', sur les cllets do la commotion du cerveau dans les plaies de tête 2 et ses observations sur la division des artères interosseuses par instruments tranchants 1 2 3.
Dans ses deux Mémoires sur la conservation des membres, il suit résolument les traces de Boucher. Les fractures diaphysaires comme les fractures articulaires par coup de feu peuvent et doivent, à son sens, guérir par les ressources de la nature, secondées par l’art du chirurgien ; mais où il se montre tout aussi bon observateur et plus original que Boucher, c’est lorsqu'il précise les limites que peuvent atteindre les tentatives conservatrices. C’est l 'existence du principe vital dans la partie inférieure du membre blessé , qui, pour lui, doit servir de guide, de boussole, au chirurgien. Ce principe est-il détruit, il faut se déterminer à l’amputation; est-il au contraire conservé, on doit employer toutes les ressources de l’art pour garder le membre. Avec lui, il n’est plus question, comme avec ses prédécesseurs (et nous pourrions ajouter nombre de ses successeurs), de l’étendue ou de l’état comminutif de la fracture ; avec lui, il n’est plus tenu compte des désordres concomitants des parties molles, données dont l’appréciation est trop laissée à l’expérience et au caractère de ceux qui soignent les blessés. C’est une règle précise, presque fixe qui, pour lui, commande l'opération en la rejetant au dernier plan. L’amputation, méthode radicale, barbare et d’une technique trop simple répugne à ce vieux praticien que des guérisons inespérées obtenues par les processus naturels ont instruit. Il l’abandonne aux jeunes, aux inexpérimentés qu’excite un amour-propre chirurgical déplacé ou qui redoutent la difficulté, la longueur des pansements, les accidents consécutifs alors des plus sérieux et, ces difficultés et ces dangers, il a plaisir, au contraire, à les prévoir et à les combattre.
Nul donc, même de nos jours, n’est allé plus loin que Bourienne dans la pratique de la conservation et n’a mieux fixé les limites des ressources de la nature et de notre art. Avec de la méthode, de la patience, de la constance, dit-il, et quelques légères opérations indispensables pour simplifier les plaies ou exfolier les portions osseuses trop dénudées ou trop contuses, on parvient toujours à assurer la guérison. Des observations claires, bien présentées et convaincantes appuient ses préceptes. 11 guérit par la simple extraction des esquilles une fracture épiphyso-diaphvsaire du col chirurgical de l’humérus compliquée de fracture de la cavité glénoïde de l’omoplate; une autre fracture compliquée de l’extrémité supérieure de l’humérus; plusieurs fractures graves du coude; nne vaste plaie de plus de 25 centimètres, de la partie antéro-externe de la jambe, avec une perte de substance du péroné de trois travers de doigt d’étendue et une abrasion du tibia, « de façon qu’il ne lui restait plus qu’une partie superficielle de sa face interne... délabrement s’étendant depuis et au-dessous de l’articulation de la jambe avec la cuisse jusqu’à sa partie moyenne et inférieure ».
Huit ans après la publication de son premier mémoire, il revient à la
1. Observations et réflexions qui confirment que la nécessité d'amputer les membres ne se tire pas du grand fracas des os. O. c., 1. 1 et, VIII, p. ? 13.
2. Mémoires sur les effets de la commotion du cerveau à la suite des lésions de la fete. U. c., t. III, |>. 234.
3. Observations et réflexions sur la division des artères interosseuses par les instruments tranchants. O. c., t. VII, p. 277.