‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 97 sur 460 · C H AS T EN ET · texte numérisé non relu

C H AS T EN ET

charge, reproduit les mômes arguments avec une nouvelle vigueur cl de 1 nouvelles observations aussi convaincantes que les premières.

Son mémoire sur la division des artères interosseuses par les instruments i tranchants aurait mérité de ne pas être négligé par nos classiques, ün y l trouve en ellét, et ce serait déjà assez pour l’avoir fait remarquer, un | exemple personnel et rarissime d’anévrysme de l’interosseuse antérieure i de l’avant-bras produit par un coup d’épée. Après l’avoir relaté, il rappelle j une observation similaire de Boêrhaave.

Jugeant la ligature de ces artères, sinon impossible, au moins très dil’fi- I cile en raison de leur profondeur, il s’arrête à la compression indirecte sur | le vaisseau principal, mais, pour se mettre autant à l’abri de l’anévrysme | que de la gangrène, il la veut progressive, graduelle. Puis il s’élève contre la pratique imprudente et dangereuse qui consiste à ouvrir les dépôts sanl .guins. Chemin faisant, il nous avertit que la ligature directe des vaisseaux I divisés était bien en usage de son temps malgré l’engoûment de la plupart I des chirurgiens militaires pour la compression tant vantée par Morand et i dont les larges débridements facilitaient d’ailleurs singulièrement l’action, il faut bien le reconnaître. S’il n’est pas partisan de la ligature directe dans les plaies par armes piquantes, « il n’en est pas de même dans les plaies i faites par armes à feu, le délabrement, qui en est l’effet, permettant presque toujours d’employer la ligature lorsqu’il y a une artère divisée 1 ».

Il nous apprend que, tandis que la doctrine du trépan préventif était i acceptée par la majorité des membres de l’Académie de chirurgie, maints chirurgiens militaires, et non des moins distingués, Heurteloup, Couturier, Charmeil, Deschamps et d’autres encore avec lui, se montraient très réservés dans son emploi, préludant ainsi à la réaction de Desault contre • l’emploi abusif de ce mode d’intervention.

Dans son mémoire sur les effèls de la commotion du cerveau à la suite des lésions de la tète , Bourienne rejette la trépanation dans la commotion i. simple. Il veut qu’on ne s’adresse à ce mode d’intervention que dans les : cas où il est démontré qu’il y a un épanchement intracrânien ou une compression du cerveau par des esquilles, c’est-à-dire lorsqu’on possède des signes non équivoques de compression.

CHASI’ENET

Chastenet, fils d’un chirurgien-major de l’hôpital de Lille, démonstrateur au môme hôpital, nous a laissé sur les blessures du cœur et des yi'os vaisseaux un mémoire très remarquable qui mérite d’être lu par tous ceux s’intéressent à cette question, et que nous mettrons nous-même àprolit plus loin.

On y trouve plusieurs observations personnelles très curieuses à côté de la relation de faits empruntés aux auteurs. Les notes additionnelles et les remarques que le commentateur a ajoutées à ce travail intéressant viennent encore compléter l’histoire de cette variété de nos traumatismes.

Chastenet nous donne un exemple personnel et tout exceptionnel de

blessure de 1 aorte ascendante par un coup de baïonnette, blessure observée sur un soldat qui survécut cinq jours et qui mourut subitement « après avoir beaucoup ri avec ses camarades et agacé les filles de la renfermerie (maison de mendicité)». Le fait est suivi de la relation succincte de ceux de Lamotte et de Morgagni.Ils lui servent à modifier quelque peu le pronostic qu’on avait porté sur ces blessures. Avec Morgagni et Senac1, il croit que les blessés atteints de plaies du cœur peuvent survivre à leur traumatisme plus longtemps qu’on ne le pensait avant eux sur la foi d’Hippocrate, de Gelse et de Galien, et il fournit des exemples à l’appui de son dire.

Il pense, comme Senac, que les plaies du ventricule droit sont moins difficilement curables que celles du ventricule gauche , et, à ce propos, il cite: 1° un exemple de cicatrisation constatée par lui à l’autopsie ; 2° l’histoire d’un blessé du chirurgien-major Caestryck qui, considéré comme convalescent, succomba à la suite d’une imprudence ; enfin 3° celle d’un soldat observé par son père. Ce dernier blessé succomba le quatorzième jour aune complication intercurrente, à une gangrène produite parle froid. La relation de ce dernier cas est des plus curieuses: Cet homme était resté cing jours couché sous un vieil escalier dans un état de mort apparente. Le cinquième jour il se lève pour gagner sa caserne puis l’hôpital où il meurt. A son autopsie, on trouve près de la pointe du ventricule droit une cicatrice qui intéressait toute l’épaisseur de la paroi de ce ventricule. Le commentateur de ce mémoire accompagne ces observations de la relation d’un fait analogue dù à Bourienne.

Pour Senac, les plaies des oreillettes et des gros troncs veineux qui s’y rendent étaient inévitablement et très rapidement mortelles, à cause de la faible épaisseur de leurs parois que ne pouvait obturer un caillot protecteur. Ghastenet estime que la survie de quelques jours, constatée parfois, peut faire raisonnablement espérer une guérison dans des circonstances plus satisfaisantes que celles dans lesquelles se sont trouvés les blessés observés jusqu’à lui. licite, à ce propos, l’exemple d’un homme qui survécut douze heures après une perforation de part en part de la poitrine, une perforation complète de l’oreillette gauche, de la veine cave supérieure et de l’œsophage au niveau de la septième vertèbre dorsale. La courte analyse que nous venons de consacrer à ce mémoire suffira, nous l’espérons, pour en marquer l’esprit, en faire valoir la richesse et rendre à Ghastenet la place qu’il mérite comme historien des plaies du cœur par armes blanches .

Passons rapidement sur les autres écrits de Chirurgie de guerre que renferme le Journal de Dehorne.

Et d’abord nous y trouvons plusieurs observations de traumatismes du crame ou du cerveau traités le plus souvent par l’expectation aidée des saignées, plus rarement par le trépan. Couturier, Plutôt, Ciiarmeil, Jacouesson suivent les doctrines émises par Bourienne et Heurteloüp. Nous ne dirons qu’un mot des faits rapportés par Ciiarmeil. Dans le premier, nous reprendrons une donnée connue mais appuyée pourtant sur des exemples très exceptionnels et qui par cela même mérite d’être rappelée. Le blesse

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