Gazette médicale de Paris
2. Hutin, Recherches sur le résultat des fractures de la moitié supérieure de la cuisse (Rec. mém. méd. mil., 1854, t. XIV, 2° série).
3. Réunissant 3 474 cas empruntés à toutes les guerres, hormis la guerre d’Amérique, Oris relevait 2 132 guérisons, 1242 morts, 100 résultats inconnus (o. e., p. 336); 723 fractures du tiers supérieur avaient donné : 489 guérisons, 230 morts, 4 résultats inconnus; 447 fractures du tiers moyen : 296 guérisons, 146 morts, 9 résultats inconnus; 435 tracturcs du tiers inférieur : 307 guérisons, 125 morts, 3 résultats inconnus; 1869 fractures du siège indéterminé : 1 040 guérisons, 739 morts, 90 résultats inconnus.
BLESSURES DE LA CUISSE
traitement radical l’avantage de sauvegarder l’intégrité du membre. Or, quels que soient les résultats laissés par le traitement conservateur, ils sont, dansla grande majorité des cas, supérieurs à ceux do l’amputation de la cuisse dont le moignon estde tous, comme l’on sait, le plus défavorable pour la prothèse du membre.
Indications et contre-indications du traitement conservateur. — On doit s'adresser au traitement conservateur :
l°Dans les fractures transversales ou obliques du fémur directes ou indirectes, fractures qui rentrent dans le cadre des fractures simples pour lesquelles les anciens auteurs môme admettaient l’opportunité de la conservation.
2° C’est encore à la conservation qu’on doit s’adresser dans les fractures à grandes esquilles par contact , par perforation complète ou incomplète pour lesquelles certains auteurs, entre autres Legouiïst, croyaient encore l’amputation indispensable. Quelque étendues qu’elles soient, elles sont d’un type très simple et présentent les conditions les plus favorables pour une guérison rapide. Ce sont, rappelons-le, les fractures par perforation complète qui constituent la variété la plus fréquente de fracture du fémur. Ne pas recourir, pour elles, au traitement conservateur serait méconnaître les enseignements fournis par l’expérience de toutes les campagnes du siècle et remettre, à nouveau, en question la supériorité bien établie de la conservation sur l’amputation.
3° Les gouttières avec ou sans solution de continuité de l’os réclament le même traitement. Cette variété de fracture est souvent d’un type plus simple encore que celui des perforations.
4° Les fractures avec traits fissuriques irradiés dans les articulations du genou et de la hanche. — Les propagations fissuriques ne constituent plus une contre-indication à la conservation. Dans les fractures du tiers inférieur, elles sont le plus souvent à la fois sous-périostiques et sous-synoviales et avec des réactions osseuses peu intenses comme celles qu’on peut constater journellement sous les pansements antiseptiques, elles sont peu à craindre. Môme autrefois celte complication n’assombrissait pas beaucoup le pronostic de ces fractures puisque, ainsi qu’en témoigne la statistique américaine, leur léthalité était inférieure à celle des fractures du tiers moyen et de l’amputation de la cuisse au môme niveau1 II.. Dans les fractures du tiers supérieur, les fissures propagées sont relativement rares, à moins que le projectile n'ait pénétré l’os près de la ligne bitrochantérienne. Ces fissures ne seraient pas plus à craindre que celles des fractures du tiers inférieur. En serait-il autrement, que l'épouvantable gravité de la désarticulation de la hanche, que la léthalité de la résection diaphyso-épiphysaire, et les résultats définitifs si défavorables que ces opérations laissent
1. Sans être guidÔ3 par une statistique aussi imposante, Larrey et Guthrie avaient précisé cette donnée. Ils savaient que les fractures du tiers inférieur étaient d’un pronostic relativement moins sérieux que les autres, aussi, tout partisans de l'amputation qu'ils étaient, ils conseillaient de conserver le membre quand l’os était brisé àce niveau, à moins que le projectile n'ait, dans son trajet, intéressé l’articulation du genou. On recherchait alors la raison de cette innocuité relative dans ce fait qu’à ce niveau l’os est plus vasculaire, moins compact que dans sa partie moyenne, qu'il y avait moins d’esquilles, que le cal était moins lent a se former et les pansements plus faciles. La raison principale était que la fracture était souvent moins comminutivc.
DELORME