Macleod, o. c., p
BLESSURES DE LA CUISSE
ier l’impression défavorable qu’elle avait laissée. Sur 175 opérés, 51 guéirent, lit» succombèrent; mais si l’on en juge par les trop rares observaions explicites qui ont été publiées, un petit nombre d’opérés tira profit le l’opération. La plupart présentaient des suppurations persistantes, des nombres affaiblis, des raccourcissements considérables (fig. 185), des inkyloses du genou, des déviations du pied, résultats bien faits pour que ;eux-U\ mômes qui avaient pratiqué ces résections s’en montrassent lans la suite les adversaires les plus résolus (Otis).
Nous avions relevé, pendant la guerre de 1870-71 ,
13 observations dues à Feltz, Grollemund, Chipault, haoMEYER, etc., qui n’avaient donné que 5 guéri- II uns et, parmi les blessés guéris, figuraient un opéré n «résentant une pseudarthrose, un autre, un membre H -accourci de 16 centimètres ; un fracturé avait la •uisse raccourcie de 14 centimètres et deux blessés •estaient sans histoire. Otis, réunissant les cas de •ésections diaphysaires pratiquées en Europe, l’avait pu compter que 12 guérisons sur 51 cas.
Cette résection était donc autrefois une opéraion très grave, le serait-elle beaucoup moins auourd’hui, qu'elle resterait difficile, incertaine dans es résultats. Elle expose à la pseudarthrose, à des •accourcissements considérables. De plus, elle est nutile. S’il était besoin de recourir à leur enseignement, les figures représentant les pièces osseuses nlevées aux blessés américains nous montreraient pi on y eut souvent recours pour des fractures de ypes simples, communs, de ceux dont la réparation •;st aisément assurée par la conservation pure. Dans es cas graves où son utilité est moins contestable*,
' 'étendue de la lésion osseuse est telle que l’ampuation est préférable à la résection diaphysaire.
Résection diaphysaire primitive du fémur pratiquée pour une fracture sous-trochantérienne. Excision de six pouces et demi du corps de l’os à partir du grand trochanter. Résultat donné comme favorable. (Otis, t. III, p. 202.)
Amputation de la cuisse. — A la cuisse, il n’y i pas de lieu d’élection pour l’amputation. On doit onserver au moignon la plus grande longueur posible pour lui permettre de faire mouvoir l’appareil
irolhétique avec plus de puissance. Il semble à peu près indifférent, sur ce ■cgment de membre, d’avoir une cicatrice centrale ou excentrique, puisque le ilessé ne peut prendre un point d’appui direct sur son moignon, cepenlant, la cicatrice centrale est préférable.
Le mode circulaire est la méthode de choix lorsqu’il s’agit d’amputer la misse dans son tiers inférieur.
A la partie supérieure de la cuisse, la forme conique du membre reniant difficile le retrait de la manchette cutanée et exposant à la conicité irirnitive du moignon, on lui préfère la méthode fl lambeaux. En ayant soin de faire tomber sur l’incision circulaire une section verticale do dégagement on pourrait cependant employer, à toute hauteur, la méthode ‘irculaire qui conserve sur les autres l’avantage de sa simplicité. Nous rap-
BLESSURES DES MEMBRES INFÉRIEURS
pellerons que la rétraction plus grande des parties molles postéro-internes force le chirurgien à remplacer la section régulièrement circulaire par une section ovalaire.
La méthode à grand lambeau antérieur, lambeau supérieur au dia-I mètre du membre d’une longueur égale à la rétraction des chairs dans les deux sens axilc et transversal, fournit un bon résultat surtout quand on a soin de conserver un petit lambeau postérieur. A en croire l’expérience de nos collègues américains, le moignon qu’elle laisse serait cependant moins satisfaisant que celui de l’amputation circulaire. En employant le mode ci deux lambeaux latéraux, on s’expose parfois à la saillie de l’os entre les deux lambeaux.
En cas de nécessité, on taillerait un ou deux lambeaux aux dépens des chairs intactes. L’essentiel est de leur laisser des dimensions suffisantes et, quand on les délimite en arrière et en dedans, de compter avec la rétractilité plus grande des parties molles en ces points. Après l’opération, il est bon, à l’exemple de Larrey, de porter aussi bien un fil sur la veine que sur l’artère crurale.
Le pansement des amputés de la cuisse ne prête matière à aucune considération spéciale. Nous ferons remarquer que ces opérés, en principe, ne doivent subir aucun transport; les heurts, les pressions, les secousses imprimées au moignon ayant pour effet de provoquer des spasmes et d’exposer à la conicité du moignon. Que si ce transport était imposé, il y aurait lieu de revenir à la pratique que Champenois a suivie pendant la guerre de Crimée et qui consistait à immobiliser avec grand soin le moignon et l’articulation supérieure au moyen d’une gouttière. Un appareil ouaté compressif pourrait aussi remplir le même office.
L’amputation de la cuisse était il y a peu de temps encore la plus sérieuse de toutes les amputations. Elle était communément suivie des complications les plus graves, de phlegmon diffus, de phlébite, d’ostéomyélite. Pendant la guerre de Crimée, sur 1666 opérés, elle avait été 1531 fois suivie d’une terminaison funeste (91 p. 100 de morts)! En Italie, elle avait donné 76 p. 100 de léthalité; pendant la guerre de 1864, 60 p. 100. En Amérique, 6 229 amputations, dont 2 900 faites pour des fractures du fémur, avaient fourni 3 310 morts (33,8 p. 100), enfin, sur 9017 opérations pratiquées, depuis le siècle dernier, par des chirurgiens militaires, Otis n’avait pas compté moins de 7 049 morts et seulement 1419 guérisons (83,2 p. 100 de morts). On admettait généralement que, dans les conditions les plus favorables, elle ne donnait que moitié de morts mais que. le plus souvent, les deux tiers ou les trois quarts de ceux qui l’avaient subie succombaient. L’amputation au tiers inférieur était regardée comme aussi grave que celle du tiers supérieur, et, pour celle du tiers moyen, la léthalité était à peine atténuée 1. Enfin pour la cuisse comme pour les autres segments des membres, les insuccès se multipliaient à la période intermédiaire, tandis que la proportion de mortalité, toujours fort élevée, s’équilibrait presque pour les amputations faites aux périodes primitive et
1. Pendant la guerre d’Amérique, l’amputation au tiers inférieur donna 53,6 p. 1 00 de morts, au tiers supérieur 53,8 p. 100, au tiers moyen 44,5 p. 100. D'autres statistiques antérieures ou postérieures, beaucoup moins importantes que la statistique américaine, accusaient les mêmes différences.
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■ scondaire l. Tels étaient les résultats désastreux de cette opération que I» endant des siècles on s’était obstiné à regarder comme la meilleure sauvegarde de la vie des blessés! Les pratiques nouvelles ont modifié cette j;j [frayante léthalité en prévenant les complications graves auxquelles elle I onnait si souvent lieu autrefois. Les statistiques précédentes n’en sont I : as moins utiles à retenir, car elles montrent l’étendue des dangers aux- | uels un chirurgien non antiseptique expose son blessé.
Prothèse. — L’appareil prothétique le plus simple pour les amputés de [j cuisse, est le cuissart à pilon. 11 est constitué par une coque bien matelassé dont le rebord muni d’un épais bourrelet s’applique sur la tubérosité I • l'ischion. Il se termine en bas par un pilon et en haut par une attelle Interne à laquelle est assujettie une ceinture servant à fixer l’appareil mtre le bassin. Pour éviter le rebroussement douloureux des chairs pens int que le moignon s’engage dans la coque, on entoure celui-ci d’un i anchon de peau de chamois.' Cet appareil est celui que préfèrent presque i «us les amputés appartenant i\la classe ouvrière. Il est d’une construction | émentaire, d’une réparation très facile, peu lourd etfournitun point d’api îi très solide pendant la station et la marche. Dans le modèle ordinaire, ceinture abdominale détermine des tiraillements douloureux sur le ■ntre. On a remédié à cet inconvénient en n’assujettissant plus direc- || ment la ceinture abdominale à l’attelle mais au moyen d’une sorte de ïampignon métallique dans la tige duquel peut aisément tourner un ■ illet de la ceinture (Collin), enfin en munissant le cuissart d’une articution au niveau du genou. Cette dernière articulation est actionnée à l’aide un verrou qui répond à la poche du blessé.
Dans certains modèles le cuissart de bois est remplacé par un cuissart ! cuir.
M. deBeaufort a fait construire par Weber un appareil ouvrier qui con- ' ste en un cuissart lacé, uni à deux attelles latérales de bois articulées au : veau du genou et terminées par un pilon. L’attelle externe est fixée contre bassin à l’aide d’une ceinture. Cet appareil est inférieur aux précédents. Les appareils perfectionnés dont M. A. Paré avait déjà fourni un ingéi eux modèle se composent d’un cuissart en cuir auquel font suite une t:mbe et un pied articulés.
Situation légale des blessés de la cuisse.
La plupart des lésions des parties molles de la cuisse, à moins qu’elles n’aienté compliquées de lésions nerveuses et artérielles, n’ouvrent qu’exceptionneliment des droits à la retraite, assez rarement même elles sont passibles de la réuni) e avec gratification.
Certains blessés atteints de fractures simples ne peuvent prétendre qu’à la forme. Par contre, la plupart a droit à une pension de retraite.
Les amputés de la cuisse rentrent dans la 5° classe de l’échelle de gravité •s blessures ouvrant des droits à une pension.
Tiers supérieur.
Amputations primitive (Otis). 50,7 °/0
— intermédiaires. . 6G °/0
— secondaires. . . 45,4 °/0
— indéterminées. . 63,6 °/0
Tiers moyen.
Tlors inférieur.