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Marjoun, leçons de pathologie chirurgicale, 1836, p

BLESSURES DE LA TETE PAR ARMES DE GUERRE

autant de la section du pont cutané des sétons. Dans les sétons par balles et par petits éclats d’obus, il est prudent, avant d’appliquer un pansement antiseptique compressif, de pratiquer d’abord des injections antiseptiques. Ces injections doivent être poussées avec ménagements. Elles entraînent les corps étrangers, les crasses, les débris de cheveux qui peuvent souiller les parois du séton. Les plaies contuses par éclats d’obus seront réunies par la suture; la contusion de leurs bords n’est pas un obstacle certain à la réussite de leur adhésion primitive et la suture a toujours l’avantage d’empêcher la rétraction du lambeau. Quelle que soit la variété de plaie qu’il recouvre, le pansement, s’il est suffisamment antiseptique et bien appliqué, sera maintenu en place jusqu’à guérison. Si le blessé éprouvait des douleurs locales vives, si sa température s’élevait, on lèverait l’appareil et, si l’on constatait de la suppuration, on ferait sauter les sutures, on débarrasserait la plaie des corps étrangers septiques qui la souillaient, on la modifierait par des solutions antiseptiques concentrées et on renouvellerait le pansement autant qu’il est nécessaire, c’est-à-dire souvent.

Naguère la dénudation des os du crâne était souvent suivie de .nécrose, aussi contre-indiquait-elle toute réunion. On allait même, dans ces cas, jusqu’à recouvrir préventivement la surface du crâne de substances irritantes et à la ponctionner pour en faciliter l’exfoliation. Sous des pansements antiseptiques, cette nécrose n’est plus à craindre. Les plaies simples sans perte de substance se guérissent très rapidement, les plaies avec perte de substance plus lentement.

11 nous reste à parler des complications des plaies du cuir chevelu : de l’ hémorrhagie , des corps étrangers , des accidents inflammatoires ou septiques , des accidents nerveux.

Hémorrhagie. — L’hémorrhagie est la complication la plus sérieuse et la plus fréquente de ces blessures. Le sang peut être fourni par les rameaux ou les troncs des frontales, des occipitales, des auriculaires, surtout par ceux des temporales. En raison de la richesse, de l’ampleur des voies anastomotiques qui unissent entre elles les artères du cuir chevelu, l’écoulement sanguin lié à la blessure des troncs est aussi abondant par le bout supérieur que par l’inférieur; d’un autre côté la fixité des artères au milieu d’un tissu fibreux qui maintient leur calibre béant explique la persistance bien connue de l’hémorrhagie, avant l’intervention.

La compression directe, dont l’efficacité est assurée par les rapports de vaisseaux avec un plan osseux résistant, est préconisée par presque tous les auteurs, comme mode d’hémostase temporaire. Un tampon de ouate antiseptique pressée, des rondelles d’agaric superposées ou simplement des compresses antiseptiques pliées en plusieurs doubles et assujetties au moyen d’un bandage assez serré, le nœud d’emballeur par exemple, sont les moyens utilisés pour obtenir cette compression. La ligature directe ou la forcipressure constituent les meilleurs modes d’hémostase définitive à employer dans les hémorrhagies graves. On peut encore avoir recours à l’acupressure ou à la ligature médiate vantée par A. Paré, puis par Dupuvtren. Ce procédé d’hémostase consiste à enfoncer sous l’artère lésée une aiguille courbe, munie d’un fil dans l’anse duquel se trouvent compris l’artère et les tissus avoisinants, et dont les chefs sont noués sur un petit rouleau de gaze antiseptique.

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