‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 124 sur 340 · BLESSURES DU CUIR CHEVELU · texte numérisé non relu

BLESSURES DU CUIR CHEVELU

Les auteurs nous semblent avoir beaucoup exagéré les difficultés dos ligatures directes des troncs artériels qui fournissent au cuir chevelu, môme des ligatures des troncs profonds.

Quel que soit le siège de la plaie, il nous semble impossible qu’on n’arrive pas, en s’aidant de débridements, à atteindre le vaisseau qui donne. Nous pourrions rappeler, à l’appui de notre dire, des observations de Kennedy, Kelly, et d’autres, citées par Otis, dans lesquelles il est question de ligatures primitives et secondaires des temporales profondes, un peu au-dessus de l’arcade zygomatique, c’est-à-dire au niveau des points où elles sont le moins accessibles. 11 est d'autant plus indiqué de s’arrêter à ces ligatures directes que les autres modes d’hémostase sont ou insuffisants ou plus graves.

La profondeur des vaisseaux temporaux, l’épaisseur de la couche musculaire qui les recouvre, rendraient incertaine la compression indirecte ; la compression directe peut être inefficace, ainsi qu’en témoigne le fait classique rapporté par Marjolin. Il s’agissait d’un jeune tambour, qui, atteint d’un coup de baïonnette dans la région temporale, succomba en 1814, à la Salpêtrière, à des hémorrhagies successives fournies par les temporales1, bien que la compression directe ait été faite méthodiquement et répétée à plusieurs reprises. Nous avons, à l’hôpital Saint-Martin, forcipressuré la temporale profonde près de l’arcade zygomatique, chez un colonel qui avait eu ce vaisseau atteint, pendant l’ouverture d’un abcès profond de la fosse temporale, et chez lequel la compression directe s’était montrée insuffisante. Quant à la ligature de la carotide primitive qu’on a utilisée, elle n’empêche pas le sang de revenir dans le bout supérieur et dans le bout inférieur, et elle expose, comme l’on sait, à des accidents cérébraux graves. La ligature des deux carotides externes serait sûre, mais on ne saurait opposer cette opération complexe à une ligature directe. Compression directe, ligature directe constituent donc les modes d’hémostase temporaire et définitif à employer dans les hémorrhagies graves du cuir chevelu, en particulier dans les hémorrhagies de la temporale profonde. La compression et la suture de la plaie suffisent le plus souvent dans les hémorrhagies des vaisseaux de second ordre.

Corps étrangers . — A part les cheveux qui, sectionnés par le projectile, sont très souvent classés dans les plaies du cuir chevelu, on ne trouve que rarement d’autres corps étrangers (balles intactes ou subdivisées, etc.), arrêtés sous le péricràne. Ce n’est guère que dans la fosse temporale, où l’épaisseur des tissus est un peu notable, que les projectiles peuvent échapper aux recherches. Legouest a extrait de la fosse temporale une balle de gros calibre engagée sous le muscle crotaphite. Le projectile ne faisait aucune saillie et avait échappé à des explorations antérieures. Une 1 douleur locale vive et réveillée par les mouvements de la mâchoire, les difficultés de la mastication mettraient sur la voie du diagnostic. Dans la région temporale, les débridements nécessaires pour l’extraction de ces corps étrangers, doivent être pratiqués parallèlement aux fibres du temporal.

Complications suppuratives. — Les complications suppuratives ou infectieuses, en particulier l’érysipèle, constituaient autrefois des accidents fré-

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