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LA TÊTE

PAR ARMES DE GUERRE

senlée par les figures 217, 218 est déposée au musée du Val-de-Grâce.

D’ordinaire, dans ces fissures des deux tables, les fragments de la table interne sont déprimés (fig. 2 1 8). Desport, Bagieu et, après eux, Larrey, Percy, Macleod, Williamson ont signalé une variété curieuse de ces fractures des ! deux tables qui, au point de vue du mécanisme de la fracture, représente- ■ rait plutôt une perforation. En déprimant le crâne et en le fissurant, la balle de plomb mou s’est divisée. Une portion de la balle est restée au dehors, l’autre a pénétré à travers la fissure, s’y est fixée ou s’est perdue dans la cavité crânienne. Or, comme, dans ce dernier cas, la fissure s’est refermée après le passage de la balle, on pourrait croire qu’on n’a affaire qu’à une simple fissure des deux tables, alors qu’on est en présence d’une . fracture pénétrante compliquée de corps étranger. Avec les balles actuelles faites de plomb dur, cette lésion ne s’observera probablement plus.

Le diagnostic des fissures des deux tables, sans dépression totale, est

moins obscur que celui des fis- ; I sures ou des fractures isolées I de la table interne. La constatation de fissures de la table ex- a terne doit faire admettre, sans réserves, de semblables lésions de la table interne. Des fissures nombreuses ou étendues de la table externe coïncident presque toujours avec une fracture déprimée de la table interne. Celles-ci , existent sûrement quand la table externe est légèrement déprimée. Dans certains cas douteux, les signes d’une irritation mé- I ningée mettraient sur la voie du diagnostic de cette dépression.

Le pronostic de ces fissures des deux tables, avec ou sans dépression de l’interne, est plus sérieux que celui des fractures isolées de la table interne, en raison de l’infection plus facile du foyer sanguin dure-mérienetdes désordres généralement plus graves de l’encéphale. La trépanation est indiquée dans les cas de fractures déprimées suivies d’accidents, et dès le début de ces accidents.

Fractures comminutives avec enfoncement considérable. — Produites exceptionnellement par le choc des balles, plus souvent par celui d'éclats volumineux d’obus, dans certains cas par les chutes de cheval, le choc d’armes défensives improvisées ou de corps pesants (de branches d’arbres détachées par les projectiles, etc.), les fractures avec enfoncement considérable sont généralement esquilleuses, déprimées en forme de cône (fig. 219), limitées, à leur base, par des traits fissuriques circulaires, et dans le reste de leur étendue par des fissures radiées. Les esquilles sont tantôt mobiles, tantôt si adhérentes entre elles que le crâne, à leur niveau, présente la môme solidité que sur ses autres points. Le sommet du cône est

Fig. 217. Fig. 218.

Fissures des deux tables du crâne produites par une balle de 8mm. Sur la table externe (fig. 217), on reconnaît à son éclatante blancheur la portion osseuse contuso par le projectile. Celle-ci a subi une très légère dépression. Sur un des bords de cette portion contuse, ligne fissurique presque imperceptible; la table interne, au contraire, présente une fracture déprimée, localisée.

BLESSURES DU CRANE ET DU CERVEAU

parfois mousse et assez régulier, d’autres fois, il est constitué par des pointes acérées qui irritent les méninges ou le cerveau; il est central si le corps vulnérant a frappé en plein, latéral si le choc a été oblique. 11 n’est pas rare de trouver des cheveux solidement engagés entre les esquilles. Sur certains blessés, la lésion reste circonscrite au cône de dépression, chez d’autres on constate des irradiations fissuriques circulaires ou radiées propagées à la voûte ou à la base par la voie la plus courte (Aran). Ces fractures sont compliquées d’ordinaire de symptômes graves de commotion, de contusion, de compression du cerveau. Comme le crâne, en raison de son élasticité, tend â revenir à sa forme primitive après avoir été déprimé, il est difficile d’évaluer le degré de compression brusque et d’attrition du cerveau déterminés par le cône de dépression, cependant on peut dire qu’ils sont plus accusés que la profondeur du cône tendrait à le faire admettre et qu’ils sont plus intenses dans les fractures à esquilles séparées que dans les fractures à esquilles adhérentes. Le plus souvent, ces lésions sont rapidement mortelles, cependant les exemples de survie ne sont pas exceptionnels. Nous nous contenterons de citer les suivants :

Un soldai anglais du 47e régiment fut atteint en Crimée d’une fracture conuninutive du pariétal et de l’occiput. La blessure avait près de 20 centimètres en longueur et s’étendait d’une oreille à l’autre; elle avait 10 centimètres en profondeur et elle était remplie de caillots. Le blessé était en état de mort apparente : son pouls imperceptible, sa peau froide. Du sang sortait par ses narines. Au bout d'une demi-heure, on constata une réaclion légère. On enleva alors plusieurs pièces d’os comprenant l’angle supérieur de l’occipital et une partie des deux pariétaux. La dure-mère était meurtrie et perforée en un point, par lequel le cerveau faisait hernie. Après l’ablation attentive de toutes les pièces d’os déplacées, on coapta les lambeaux du cuir chevelu, et on fit des applications froides. Pendant cinq jours, le blessé resta sans connaissance, strabique, perdant ses urines, rendant involontairement ses matières fécales. Le sixième jour il eut de la fièvre, mais bientôt ces accidents cessèrent, et après des alternatives d’aggravation et d’amélioration, on constata une paralysie temporaire du côté gauche. 11 fut transporté en Angleterre au bout de deux mois, complètement guéri. Plus tard il fut revu. Il présentait une perte générale de la sensibilité, une perle partielle de la motilité des extrémités supérieures, une paralysie motrice complète des membres inférieurs et se peignait de douleurs de tête continuelles. Son état général était néanmoins satisfaisant

Le malheureux blessé américain dont la figure 219 représente les lésions survécut sept jours à son épouvantable traumatisme.

I. Macleoü, o. c., p. 213, et Mattueav, p. 293. Les mêmes auteurs parlent d un blessé qui avait une dépression do toute la moitié postérieure du crâne produite par un boulet et qui vécut deux heures (p. 292), d’un autre qui vécut vingt-quatre heures avec un enfoncement de tout le frontal.

Fig. 219.

Fracture comminutive du crâne avec enfoncement considérable.

Fig. 220.

Abrasion de la plus grande partie du temporal et du frontal droits par un éclat d’obus. La perte de substance mesurait cinq pouces et demi de long ; un et demi de large. (Otis.)

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De ces fractures avec enfoncement considérable, on pourrait rapprocher

les abrasions produites par des éclats volumineux de projectiles creux. H. Lahiuiy, Otis en ont signalé un certain nombre d’exemples plus curieux qu’intéressants, car ces traumatismes sont fatalement mortels : ablation du sinciput et de la partie supérieure des lobes cérébraux dans l’étendue de six travers do doigt, survie 5 heures; môme lésion chez un autre blessé, survie 7 heures1; ablation de la presque totalité d’un pariétal, survie 13 jours; même lésion, survie 15 jours; abrasion de la plus grande partie du temporal et du frontal droits, survie 7 jours, mort par hémorrhagie fournie par la méningée moyenne. Le blessé avait présenté du coma et de temps en temps des convulsions (fig. 220).

Écornures, sillons, gouttières. — Il n’était pas fréquent de voir des balles de plomb mou produire, en frappant le crâne tangentiellement, des échancrures, des sillons, des gouttières nettes et peu profondes; on les constatait surtout à la suite du choc tangentiel de petits éclats d’obus qui avaient frappé l’os par leurs bords ou leurs angles aigus. Avec les balles actuelles, ces sillons, ces gouttières sont, non seulement possibles, mais fréquemment observées. Elles représentent une perte de substance canaliculaire dont le fond est constitué par le diploé ou la table interne. Mais même dans les cas les plus simples où cette dernière ne semble pas avoir subi les effets du traumatisme, on constate, à l’autopsie, des fractures.de la table interne plus étendues que ne l’est le sillon de l’externe; parfois des fissures plus ou moins nombreuses sillonnent la table interne, à quelque distance du trajet, délimitant des esquilles d’adhérence variable. Sur les portions orbes du crâne, les gouttières sontpeu étendues. Il n'en est plus de même sur les surfaces relativement planes. Même dans les cas où la gouttière est comminutive, alors que ses bords présentent des esquilles nombreuses, les méninges ne sont pas toujours intéressées, mais on note des troubles cérébraux qui varient avec le degré de commotion, de contusion do l’encéphale et suivantha région frappée2. Nous croyons devoir rappeler quelques remarquables observations de gouttières étendues du crâne produites par des balles.

Un blessé avait reçu en Flandre un coup de feu à la partie latérale et moyenne du pariétal. Le projectile avait emporté une portion d’os large comme la paume de la main avec la dure-mère, la pie-mère, et de la substance du cerveau, la grosseur à peu près d’une poire. Il guérit. Seulement il était obligé de porter une

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