O. c ., p. 213, 214 et suivantes
BLESSURES DU CRANE ET DU CERVEAU. 539
1 plaque d’argent pour protéger sa cicatrice cutanée. On allait le voir aux Invalides
jl par curiosité l.
1 Sur un blessé de l’armée d’Italie, une balle, entrée au niveau du bord externe du L[ frontal gauche, paicourut toute la région temporale d’avant en arrière et de haut Ben bas et sortit à la région auriculaire postérieure, un peu au-dessus et en arriére i L lu conduit auditif', sans pénétrer dans le crâne, mais en fracturant en nombreuses H-esquilles la portion d’os rencontrée par le projectile. Ce blessé présenta consécu- | tivement une perte de la vue, de l’ouïe du côté correspondant à la lésion, une hémiplégie complète droite et une perle complète de l’intelligence -.
Un blessé américain frappé par une balle dont l’entrée répondait â l’angle
1‘ l'externe d’un œil, et la sortie près de la protubérance occipitale, présentait une racture île IG centimètres de long sur 10 de large. On observa chez lui de l’héinidégie, de l’aphasie et des accidents généraux de compression.
Un des plus beaux exemples de ces fractures tangentielles nous a été ■ : fourni par Gaujot.
Un soldat de la ligne reçut en Italie une balle qui intéressa le crâne au niveau lu bord externe d’un frontal droit pour ressortir après un trajet horizontal au ni- 'eau du bord externe du frontal gauche. L’os fracturé dans toute son étenduese laisait déprimer à la moindre pression et donnait la sensation d’un sac de noix. Il n’y ivait néanmoins aucune paralysie de la sensibilité, de la motilité, et l’intelligence restait intacte. Une pareille lésion parut d’abord, par sa gravité, au-dessus de eûtes ressources. En quelques jours la suppuration devint abondante au point l’inonder le visage du blessé, les paupières et les tempes se tuméfièrent fortement, .e douzième jour, le blessé étant toujours dans le même état, et les esquilles eomnençant à se dénuder, M. Gaujot fit pour les extraire une incision en T dont la tranche verticale descendait sur la ligne médiane du front et la branche horizonale divisait les téguments au-dessous de la racine des cheveux. Il disséqua tous les ragments du frontal brisé en ayant soin de décoller la dure-mère. Tout le frontal ut ainsi enlevé depuis les bosses jusqu aux sinus qui se trouvaient ouverts. La dur eure intacte retenait les deux lobes antérieurs du cerveau que soulevaient rythmiquement les téguments appliqués sur la dure-mère. Les symptômes inflammatoires 'amendèrent après l’opération, le foyer se détergea; le blessé ne présentait touours aucun trouble, ni intellectuel, ni moteur, ni sensilif.il succomba dans la suite, .a cause de sa mort n’a pas été spécifiée3.
Cette observation est remarquable en ce sens que la dure-mère n’était as ouverte, malgré l’étendue du traumatisme osseux. Le plus souvent cette [membrane est abrasée sur une longueur plus ou moins considérable et le erveau est contus, échancré, broyé à sa surface, sur le trajet parcouru ar le projectile. Ces cas sont évidemment d’un pronostic plus grave, mais f e traumatisme complexe est loin d’être au-dessus des ressources de la ature et de l’art. Il réclame, en tous cas, l’ablation plus rapide des ^quilles propulsées vers les méninges et le cerveau.
Notre collègue Moty a guéri au Tonkin un blessé chez lequel une balle s’était | reusée une vaste gouttière cranio-cérébrale dont le trajet s’étendait sous la peau epuis le bord externe du frontal jusqu’en arrière de l’oreille4.
Avec les balles actuelles, les gouttières présentent, au moins sur la table xlerne,un caractère de netteté qu’on n’observait guère avec les anciennes.
L Faudacq, tié flexions sur les plaies, p. 3GG.