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Chenu, 1870-71, o. c., p

552 BLESSURES DE LA TÊTE PAR ARMES

taux peuvent, suivant le siège de la blessure, donner lieu, comme symptômes pai ticuliers, à des troubles primitifs de la motilité, si le trajet répond à la région des centres moteurs périphériques, à de la surdité, à des troubles primitifs et consécutifs de la vision, enfin aux symptômes ordinaires des lésions du cervelet.

On trouve dans les Comptes rendus delaguerre d’Amérique quelques exemples de blessés qui ont survécu à ces perforations occipito-temporales. L’un d’eux, chez lequel une balle avait pénétré au niveau de l’apophyse mastoïde pour ressortir au centre de 1 occiput, guérit sans accident et ne fut pensionné que pour une perte totale de l’ouïe du côté gauche.

Perforations suivant un plan vertical ou oblique de la voûte à la base ou vice versa. — Cette variété de traumatisme est si rarement observée qu’on a peine à en trouver des exemples. Le fait n’a rien de surprenant : les coups de feu verticaux de la voûte à la base ne peuvent guère se constater que dans certaines épisodes de la guerre de siège, dans les prises de retranchements ou dans la guerre des rues, c’est-à-dire dans des combats à très courte distance. Dans ces conditions, les dégâts imprimés par la balle à toute la masse cérébrale sont si considérables que la mort est instantanée. Il en est de même des coups de feu perforants de la base à la voûte qui ne s’observent que dans des conditions identiques ou à la suite de tentatives de suicide. Cependant, on peut admettre qu’une balle animée d’une vitesse moyenne ou faible puisse produire ces lésions sur un homme étendu à terre. Dans ce cas, elles peuvent ne pas être mortelles.

Le fait suivant, dû à Bagieu, relatif à un coup de feu perforant de bas en haut mérite d’être reproduit. Il fait exception à la règle générale :

Un jeune homme de 17 ans, grand et robuste, reçut une balle de fusil de bas en haut. Le projectile passa à travers la lèvre supérieure, de là, dans la narine droite; il perfora ensuite la voûte de l’orbite, traversa le crâne et ressortit par le haut de la tête, à la partie supérieure du coronal, vers la suture sagittale. Il survint un gonflement qui rendit la tête monstrueuse. On fit une incision à la plaie de l’orbite d’où sortit, à la levée du premier appareil, gros comme un œuf de poule de substance cérébrale. La paupière supérieure s’étant ensuite gonflée, on fit une incision qui donna issue à une esquille et à une portion de matière cérébrale. Le quatrième jour, la suppuration apparut et s’écoula librement. Le treizième, on détacha sans peine un gros fragment osseux de la plaie supérieure, puis, les matières s’en écoulant difficilement et le blessé allant très mal, l’incision de la peau et de la dure-mère qui retenaient le pus, tira rapidement le blessé de son assoupissement, releva son pouls, lui rendit la parole. Enfin les plaies bourgeonnèrent et cet homme guérit entièrement. Le gonflement considérable et immédiat de la face, lié à l'infiltràtion sanguine, les incisions précoces au niveau de la paupière supérieure pour donner issue aux esquilles et à la matière cérébrale désorganisée, l’ablation consécutive des esquilles de la plaie supérieure lesquelles étaient plus ou moins ébranlées et mettaient obstacle à l’écoulement des liquides, sont des faits à retenir dans l’observation de Quesnay.

Williamson signale la guérison d’un blessé chez lequel une balle traversa le cerveau au niveau du plancher de l’orbite pour ressortir près de la suture coronale.

On trouve, dans les Comptes rendus de la guerre de Crimée de Matthew, le cas d’un soldat « chez lequel une balle perfora le crâne du vertex au pharynx. Cet homme vécut quatre jours. Il était insensible, vomissait incessamment des liquides mêlés de substance cérébrale; il était capable de marcher et voulait constamment se lever de son lit ».

BLESSURES DU CRANE ET DU CERVEAU

Rapprochons de ces cas intéressants celui cité par Quesnay1. Sur son [ blessé la balle avait perforé le cerveau de bas en haut, de l’occipital au t Dord supérieur du pariétal droit. Cervelet et hémisphère droits avaient été i ;raversés. Après cessation des accidents de commotion, ce soldat pré- 1 ;enta, comme symptôme important, un priapisme continuel. Il était sans :esse en érection et ses désirs étaient si violents qu’il se masturbait constamment, même quand on allait le voir, et quand on lui demandait pourpioi il se livrait à ces manœuvres, il répondait : « Cela me soulage. » Il [I récut trois jours.

La plupart de ces observations de perforations de part en part ont été Borises à une époque où la topographie et la physiologie de l’encéphale

Ï daient moins connues qu'aujourd’hui, aussi manquent-elles des renseignements les plus importants sur les troubles observés. Maintenant que 'attention est attirée sur ces traumatismes, que leur guérison paraît plus « [probable avec les balles actuelles, il y aura lieu de s’y arrêter davantage B |;.ît de fournir sur les cas observés des indications plus précises.

Après cette étude des divers genres de traumatismes cranio-cérébraux, îous aurions à nous arrêter sur leurs conséquences immédiates presque atales, sur la commotion, sur la contusion, les plaies contuses de l’encéi « diale, la compression. Nous en parlerons après avoir consacré une courte : ! lescription aux fractures de la base.

Fractures de la base. — Parmi ces fractures, les unes ne sont que (es irradiations des fractures de la voûte, il en a déjà été question ; d’autres,

; qui intéressent particulièrement la base dans une grande étendue, sont si raves que leur étude perd tout intérêt. Celles qu’on observe d’ordinaire : nléressent simultanément l’orbite, le nez, l’oreille, et seront décrites vec les blessures de ces régions. Il ne reste plus qu’une variété rare de es fractures, celles qu’on a appelées indirectes. Nous allons en résumer i histoire.

Fractures indirectes. — Acceptées d’abord sans conteste, puis niées uusqu’à ces dernières années, les fractures indirectes semblent aujourhui indiscutables, mais elles sont très exceptionnelles. Messerer en a éuni dix-huit cas dus à Demmë, Huguier, Macleod, Longmore et Otis, iAwson, Tiling, Bergmann, Rucker, Nussbaum 2. Moty en a signalé un dixeuvième dont Chauvel a rendu compte à la Société de chirurgie 3. Pour iergmann, qui, pendant la guerre russo-turque, en aurait relevé six cas ur des blessés qui avaient succombé à la plaie de pansement, ces lésions ne eraient rares que parce que ceux qui les présentent meurent avant d’arriver Jsqu’aux hôpitaux et que leurs autopsies ne peuvent être faites. Nous metonsen doute cette assertion car, sur d’assez nombreux crânes que nous vons ouverts après les avoir fracturés ou perforés par des projectiles, nous 'avons pu en constater.

De ces faits, le plus connu, le plus typique, est celui du président américain Linoln, tué d’un coupde revolver, en 18Go, au théâtre de Washington. La balle qui avait

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