Gltiihik, o. c ., p
4. Dama, Traité des plaies de tête cl de l' encéphalite, p. 341.
•». Comptes rendus de l’Académie des sciences, 17 juillet 18o4.
BLESSURES I)E LA TÈTE PAR ARMES DE GUERRE
nous l’avons fait maintes fois) on recherche sur le cadavre des halles perdues dans le cerveau, en plaçant la tôle dans une position qui facilite les recherches, et en s’aidant d’une sonde molle en gomme ou plutôt d'une sonde en étain rectiligne, instrument pesant bien fait pour suivre le trajet parcouru par le projectile, on constate que ce n’est qu’exceptionnellement qu’on peut retrouver ce dernier s’il est engagé à quelque profondeur. 11 nous est arrivé môme de chercher sur le cadavre à l’atteindre sans prendre le moindre souci des dégâts produits, et de ne pouvoir, malgré les désordres les plus étendus et les plus considérables, arriver à découvrir la halle. A tout instant, le contact de l’instrument avec l’ouverture crânienne, avec les cloisons dure-mériennes, nous donnaient la fausse sensation du contact d’un corps dur, mais le projectile même échappait à nos recherches. Des partisans déclarés de l’intervention ont rencontré, sur le vivant, les mêmes difficultés. Sedillot, sur un blessé du siège de Constantine, recherche une balle logée dans l’encéphale ; il fait pénétrer, à plusieurs reprises, sa sonde à une profondeur de 9 centimètres, sans rien découvrir. Baudens, sur un blessé chez lequel une balle, après avoir pénétré l’une des bosses frontales, s’était perdue dans le crâne, enfonça une sonde à une profondeur de 16 centimètres, c’est-à-dire qu’il traversa presque toute l’étendue du cerveau, sans rien trouver. Flesciiut engagea dans le cerveau toute la longueur d’un stylet sans trouver le projectile1. Otis nous dit que les tentatives d’extraction ont été, le plus souvent, inutiles dans les cas où les chirurgiens américains les ont faites.
Ces difficultés d’exploration affirmées par l'expérience cadavérique et par l’observation clinique, l’extension des dégâts auxquels cette recherche expose, son insuffisance dans tous les cas, car alors même qu’on serait assez heureux pour trouver le projectile, il resterait encore à rechercher les esquilles qu'il a détachées, et qui sont bien plus difficiles à reconnaître et à extraire que la balle, l 'étendue des désordres qu on produit en écartant les branches d'une pince extractive enfoncée à une grande profondeur, nous rendraient, d’une façon générale, très ménager des tentatives d'exploration et de recherche des corps étrangers logés dans l’encéphale. A une époque un peu éloignée du traumatisme, l’occlusion du trajet rendrait ces tentatives encore plus incertaines et plus dangereuses.
En campagne, une autre raison s’opposerait encore à l’intervention immédiate , c’est la complication même de cette intervention. Il ne faut pas croire, en effet, qu’on puisse facilement extraire une halle par l’ouverture qu’elle s’est creusée à travers le crâne2. Cette ouverture est, dans l’immense majorité des cas, de dimensions diamétrales inférieures à celles des projectiles. Qui dit extraction dit donc débridement, or ici le débridement c’est l’application d’une ou de deux couronnes de trépan, c’est-à-dire une opération longue et délicate qu’on ne peut entreprendre que dans les ambulances peu encombrées ou plutôt dans les hôpitaux de campagne.
En présence d’un blessé atteint d’une perforation du crâne compliquée de la présence de la balle dans le cerveau, voici quelle serait la conduite que nous suivrions, à une époque rapprochée du traumatisme, en