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Godard, in Bull. Acad, médecine, 22 avril

BLESSURES DU CRANE ET DE L’ENCÉPIIALE

autres, le cas d’un soldat observé par Larrey. Cet homme, qui présentait une perte de substance au niveau du frontal, croyait entendre à travers sa cicatrice « un bourdonnement, un bruissement continuels ». Certains perçoivent des bruits semblables au roulement des voitures. Le pi us souvent, l’occlusion de la cicatrice met fin à ces sensations désagréables.

Pour préserver cette cicatrice de l’impression du froid et du contact des corps extérieurs, enfin pour faire cesser les sensations dont nous venons de parler, on fait porter aux blessés une plaque ou une enveloppe protectrice, à moins que la tête ne soit abondamment garnie de cheveux ■t que la perte de substance osseuse soit peu considérable.

Les plaques métalliques que les invalides portaient encore du temps le Larrey, entretenaient sur les parties qu’elles recouvraient une chaleur ncommode pendant l'été, et provoquaient des céphalées. Pendant l’hiver elles ne mettaient pas à l’abri d'un sentiment de pesanteur incommode et l’engourdissement ressenti sur toute la périphérie du crâne 1 . Les plaques ;n carton durci, en cuir bouilli, déjà proposées par Paré, celles faites en ;aoutchouc durci, en gutta-percha ou en celluloïd sont préférables.

Dans les fractures sans perte de substance, mais avec enfoncement de fagments des deux tables, les pièces osseuses finissent par se souder ■ntre elles. Il n’est pas rare que cette exubérance interne ne détermine ucun trouble consécutif. D’autres fois, au contraire, on constate des accidents de compression ou des symptômes d’irritation méningée que nous tudierons à propos de l’épilepsie traumatique. Le degré de la dépression, la région déprimée, la forme plus ou moins régulière du cal ssuffisent rendre compte de ces différences. Les fractures isolées de la table in- L'erne et même les simples contusions peuvent donner lieu aux mêmes > ccidents.

Les ostéites, les nécroses du crâne entraînent des suppurations persistantes qui, après une période de calme plus ou moins longue, sont parfois ruivies de phénomènes graves de compression, d’irritation méningée ou cérébrale. Dans certains cas, ces ostéites laissent des hyperostoses qui agissent sur le cerveau ou sur ses membranes à la façon des esquilles déi rimées.

Signalons quelques cas de tumeurs sanguines extra et intra-craniennes i ommuniquant par un orifice du crâne avec le sinus longitudinal (IIutin, P'emme). Conner enfin a cité une observation de méningocèle : sous la cica- ! ice d’une plaie par coup de feu du cuir chevelu, on constatait une poche remplie de liquide céphalo-rachidien qui communiquait avec un des entricules latéraux.

Les accidents consécutifs aux traumatismes du crâne parles armeg de uerre les plus curieux et les plus fréquents consistent en troubles divers e l'intelligence , de la motilité , de la sensibilité, des organes des sens et de ertains appareils de la vie organique.

Malgré tout l’intérêt que présente l’étude de cette question, on n a as recherché jusqu’ici le degré de fréquence de ces accidents consécutifs, la suite de chaque variété de traumatisme cranio-cérébral. C’est là une

t. Clin, chir., t. Yr, p. 33.

Î1S2 BLESSURES DE LA TÈTE PAR ARMES DE GUERRE

lacune à combler. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils se rencontrent très I souvent. L’est ainsi que sur le nombre si considérable de blessés qui, à la i suite de la guerre de Sécession, se présenta devant les commissions avec i. des pertes de substance du crâne par projectiles, deux seulement n'offraient aucun trouble cérébral. La très grande majorité des hommes violemment j frappés â la tête par des engins de guerre sont, suivant la pittoresque !■; expression de Lasègue, des cérébraux , toujours en puissance d’une affection i, cérébrale de haute gravité et ayant, par le fait, des titres à la bienveillance ! des commissions.

Une autre particularité de l’histoire de ces accidents consécutifs, parti- ; cularité bien digne de remarque, c’est que ces troubles se montrent très il souvent à une époque éloignée du traumatisme. C'est là un point que doit , toujours avoir présent à l’esprit le chirurgien militaire appelé à en recher- j cher l’origine.

Troubles intellectuels. — Les troubles de l’intelligence sont si commu- i nément observés à la suite des traumatismes graves du crâne et de l’encéphale par les armes de guerre qu’on peut considérer leur absence comme i exceptionnelle.

La mémoire est habituellement affaiblie ou abolie. On n’a signalé aucun exemple d’exaltation. De même qu’on constate tous les degrés dans l'éten- ; due des lésions crâniennes, de même on observe tous les degrés d’amnésie, i L’abolition est tantôt totale, d’autres fois, elle n’est que partielle; le 1 trouble observé ne porte que sur une catégorie de souvenirs ou sur cer- : taines périodes de l’existence; en tous cas, l’amnésie est soudaine.

D. Larrey a insisté sur ce fait que tous ses blessés qui présentaient ; une perte de la mémoire, avaient été atteints au niveau des lobes antérieurs du cerveau et, en particulier, des éminences frontales.

Tel a perdu la mémoire des substantifs et des noms propres (aphasies amnésique ); c’était le cas d’un soldat de Larrey, qui, de 1815 à 1817, portai une balle enchatonnée dans le frontal au-dessus du sourcil gauche. Cheze tel autre, la mémoire des mots, des chiffres est abolie; certains n’ont plusM conservé la notion des images, d’un lieu bien reconnaissable, comme ce» soldat dont parle encore Larrey qui, une fois sorti de l’Hôtel des Invalides, ti ne pouvait y rentrer1. Presque tous, ont perdu le souvenir de l’accident) et, beaucoup, celui des faits antérieurs de quelques heures, de quelques! jours ou de quelques années au traumatisme. Azàm a donné à ce curieuxb phénomène le nom d 'amnésie rétrograde traumatique. Cette amnésie est le| plus souvent persistante dans les traumatismes quelque peu graves; dans) les conditions opposées elle peut disparaître et, chose singulière, ce sont|* les souvenirs les plus éloignés qui se rétablissent les premiers.

Un blessé dont parle Azam, perdit, à la suite d’une forte contusion de la partie â latérale gauche de la tête, le souvenir de l’accident et de tout ce qu’il avait fait la 4 veille; cinq jours après, il se souvenait de ce qu’il avait fuit la veille; quarante jours plus tard, ses souvenirs s’arrêtaient aux actes exécutés dix minutes avant) l’accident2.

On peut, exceptionnellement, observer des phénomènes bizarres. Lej

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