Op. cil., p
BLESSURES DU CRANE ET DE L’ENCÉPHALE
blessé continue à vaquer à ses occupations habituelles et ne conserve pas le moindre souvenir de ses actes qu’il n’accomplit qu’avec une conscience apparente. C’est un véritable automatisme de la mémoire. (Christian. )
La perte partielle ou totale de la mémoire peut coïncider avec des désordres cérébraux peu graves, s’observer isolément ou, au contraire, avec les signes de la paralysie générale. Tandis que l’amnésie isolée ou liée à des accidents cérébraux peu graves, n’est pas progressive, dans la majorité des cas, celle qui accompagne les troubles cérébraux de quelque intensité s’accuse comme ces derniers.
L’amnésie entraîne quelquefois une forme d’aphasie qu’il est facile de distinguer de celle qui résulte d’un obstacle dans l’expression des mots.
Dans toutes les statistiques des aliénistes, on trouve les traumatismes i cérébraux signalés comme causes de troubles intellectuels, moraux et affectifs portés à un degré tel qu’ils constituent un véritable état d 'aliénation mentale. Les Comptes rendus des guerres, et, en particulier, ceux de la .guerre de Sécession, ont démontré à la fois la fréquence et la gravité excessives de ces désordres consécutifs et l’impossibilité de considérer le traumatisme comme une simple cause prédisposante. Cette donnée est très importante à retenir. Si, en effet, on admettait, avec certains aliénistes, et -sans tenir compte des enseignements des statistiques de nos guerres, que les maladies mentales consécutives aux traumatismes crâniens ne se montrent que chez des sujets prédisposés, il n’y aurait pas lieu de faire bénéficier les blessés des pensions qu’on leur octroie communément.
Comme l’a fait remarquer Christian, il n’y pas des formes particulières de maladies mentales traumatiques. Toutes les formes peuvent être observées1.
La paralysie générale , reconnaissable à l’affaiblissement de l’intelligence, aux modifications profondes du caractère, à l’embarras de la prononciation, à la paresse, puis à la paralysie des membres supérieurs et inférieurs,;! des attaques épileptiformes concomitantes, enfin à un état de démence terminal, serait très fréquente, à en juger d’après les observations ; rassemblées par Otis. Larrey déjà en avait rapporté plusieurs exemples, entre autres, celui fourni par l’aide-major Juville. {Clin., t. Y, p. 50.)
La forme clinique que revêt la paralysie générale d’origine traumatique :ne présente rien de spécial. Tantôt c’est une forme subaiguë avec crises plus ou moins nombreuses et fréquentes, tantôt une formé continue caractérisée par un affaiblissement graduel, progressif, des forces et de l'intelligence.
Les recherches les plus récentes ont démontré que les lésions de cette encéphalite interstitielle diffuse ont leur siège de prédilection dans la région psycho-motrice, c’est-à-dire dans les parties antéro-latérales du cerveau. Il serait intéressant de rechercher si les traumatismes de ces régions y donnent plus fréquemment lieu que ceux des autres parties du crâne et du cerveau.
La paralysie générale, comme toutes les autres formes de l’aliénation mentale, se montre, de préférence, à la suite des traumatismes graves, mais on peut encore la constater après des traumatismes de moindre in-