‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 171 sur 340 · Hutin, liée. mém. mêd · texte numérisé non relu

Hutin, liée. mém. mêd

il., 1838.

Fia. 272.

Dilacération do la région sus-hyoïdienno par mio ballo de 8rora, animée d'une grande vitesse, qui s est fragmentée sur une cuirasse. (D’après une photographie.)

BLESSURES DU COU

Teneur, traversent le supérieur et, quelquefois, ne s’arrêtent que dans l’intérieur du crâne.

Les volumineux éclats de gros projectiles dilacèrent ou abrasent la presque totalité des tissus mous de la région.

Thomson vit à Anvers un blessé chez lequel un coup de mitraille avait enlevé toutes les parties molles de la région sus-hyoïdienne. La plaie était épouvantable la bouche largement ouverte. Il rendait parla plaie une grande quantité de salive;’ on le nourrissait par une sonde œsophagienne, et, malgré son extrême appétit ou’on avait soin de satisfaire, il s’affaiblit rapidement1.

Le pansement des plaies de cette région ne comporte aucune indication. Peut-être, dans les plaies larges, pourrait-on recommander de placer la tête dans la position qui favorise le mieux la respiration et la déglutition, c’est-à-dire en flexion. Compliquées d’hémorrhagies, elles imposentla ligature directe des vaisseaux blessés2. D’ailleurs, la recherche des deux bouts d’une linguale ou d’une faciale n’est pas difficile. Laligature indirecte delà carotide éxterne, que préconisent quelques auteurs, outre qu’elle serait plus délicate, ne mettrait pas sûrement à l’abri d’une récidive hémorrhagique, en raison des anastomoses directes de ces vaisseaux avec ceux du côté opposé. La ligature des deux carotides externes offrirait seule, au point de vue de la sûreté de l’hémostase, les avantages d’une ligature directe. Mais entre les deux modes d’intervention, ligature des deux troncs carotidiens et ligature directe, le choix ne peut être douteux.

Prévenir l’entrée des boissons et des aliments dans les voies aériennes, leur sortie par la plaie, combattre la dysphagie, sont les indications principales du traitement des plaies pénétrantes qui ont ouvert le pharynx. Dans ce but, on a recours à l’emploi de la sonde œsophagienne. La chute de la langue en arrière, celle de lambeaux d’épiglotte sur l’orifice laryngé, l’écoulement de sang dans les voies aériennes peuvent provoquer des accès de suffocation. La traction de la langue en avant, sa fixation à l’arcade dentaire par une ligature, la trachéotomie hâtive, écarteront toute menace d’asphyxie.

Malgré le peu d’étendue de cette région, des projectiles assez volumineux ont pu y séjourner un assez long temps sans y être reconnus.

Le médecin inspecteur Du jardin-Beaumelz'a extrait de la région sus-hyoïdienne d’un officier de marine, blessé en 1871, un biscaïen provenant d’une boite à mitraille. Ce biscaïen mesurait 4 centimètres de diamètre et pesait 213 grammes. La blessure, compliquée d’une fracture du maxillaire inférieur et d’une hémorrhagie assez grave, avait été suivie d’une tuméfaction considérable, d’accidenls suppuratifs et asphyxiques qui avaient imposé la trachéotomie. Trois mois après le traumatisme, on pratiqua l’extraction du projectile que des recherches antérieures faites, avec le stylet, n’avaient pas permis de découvrir3.

On peut citer quelques observations de blessures de Yhypoglosse par balles. (Weir Mittchell, Allison, Beck, Scuüller.)

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