Van SwiErtA, Plaies, p. 357, édit. Louis
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BLESSURES DU COU
seaux, s’appliquent les remarques que nous avons laites déjà, à propos des plaies de la région sus-hyoïdienne, et celles que nous allons faire au sujet des blessures pharyngées par projectiles.
Si les blessures par coup de feu du conduit pharyngo-œsophagien s’observent rarement dans les ambulances et les hôpitaux, c’est que les lésions concomitantes des gros vaisseaux du cou, de la colonne vertébrale cervicale, du larynx, dont elles se compliquent très souvent, entraînent dans un court espace de temps, la mort des blessés qui en sont atteints. Chenu dans ses Comptes rendus de la guerre de Crimée et d'Italie, et Mattuew' dans le Rapport anglais de la guerre de Grimée, n’en rapportent chacun qu’im exemple. Otis, sur 4 789 plaies du cou ne relève, pendant la guerre d’Amérique, que 13 cas de blessures du pharynx, 10 de l’œsophage, 5 lésions simultanées de l’œsophage, du pharynx, du larynx et de la trachée. Wolzendorf, dans son mémoire, que notre collègue Fix a longuement analysé, a réuni, classé, commenté la plupart des observations publiées. Elles ne s’élèvent qu’au nombre de 53.
I. Les balles qui blessent le conduit pharyngé, l’atteignent soit dans la région de la face, soit dans la région sus-hyoïdienne, ou au niveau du larynx.
Celles qui le perforent dans sa partie faciale suivent d’ordinaire un trajet oblique d 'avant en arrière ou d’arrière en avant et de dehors en dedans. D’autres le traversent, en pénétrant l’une des régions parotidiennes ou l’une des branches montantes du maxillaire inférieur, et en ressortant dans des points symétriques ou antérieurs.
Une balle pénétra par la bouche entr’ouverte d’un soldat, fractura deux incisives supérieures, glissa sur la langue et vint se loger dans le pharynx. La suppuration la rendit mobile et permit de l’extraire facilement (Bilguer).
Le soldat Brown est frappé à la distance de trente yards par une balle qui traversa la partie postérieure du cou, à droite de la ligne médiane, et sortit par la bouche en arrachant quelques dents de la mâchoire inférieure (Otis). Un blessé d’HESSELGREN, chez lequel une balle avait suivi ce dernier trajet, cracha le projectile.
Rappelons l’extraction, faite par La Roche, d’une balle qui avait pénétré les parties molles de la partie postérieure du cou et le pharynx, et qui s’était logée dans la base de la langue; enfin, le si remarquable exemple, fourni par Ma r pin de de ce projectile qui traversa les deux régions parotidiennes, blessa les gros vaisseaux, traversa le pharynx 1 2.
Nous ne pouvons résister au désir de résumer ce fait des plus intéressants:
A Montebello, le soldat Châtelet du 90°, fut frappé, à une distance de trente pas, par une balle qui perfora la partie supérieure du cou, d’une loge parotidienne à l’autre, dans les points les plus élevés. L’hémorrhagie fut si abondante que quand le blessé arriva à San-Benigno, le cinquième jour de sa blessure, sans avoir reçu de soins, ses vêtements étaient couverts d’une épaisse couche de sang coagulé, et qu’une ecchymose s’étendait du cou à la poitrine.
L’orifice d’entrée avait un centimètre et demi de diamètre, et celle de sortie, irrégulièrement oblongue, pouvait recevoir l’extrémité du doigt.
La tête était comme clouée sur le thorax et les moindres mouvements qui lui étaient imprimés, étaient douloureux. Rigidité extrême du cou; sorte d’hébétude.
1. Wolzendorf, Sur les blessures de l'œsophage et principalement sur les blessures par armes à feu, avec considérations spéciales sur les indications de l'œsophagotomie nécessité ; par les conséquences ultérieures de ces lésions. ( Journal de médecine militaire allemande oct. et nov. 1880. Analyse et critique du Dr Fixin, Revue militaire et de chirurgie , 1SS0-8L