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BLESSURES DE LA POITRINE
son remarquable mémoire publié dans le Journal de médecine militaire j de 1783, reprend les observations publiées, en publie cinq nouvelles; mais si nous ajoutons encore h l’ouvrage de Sénac, aux remarques de I Morgagni et de Ciiastanet le petit chapitre que Ledran, en 1736, consacre j aux plaies du cœur dans son traiLé, c’est là tout ce que nous lègue le j dernier siècle.
Au commencement de celui-ci, Larrey1, dans ses cliniques, cite des faits personnels bien curieux, et propose de donner issue à l’épanchement : sanguin en ouvrant le péricarde lorsque le blessé, ayant échappé aux premiers ! accidents, cet épanchement reste rebelle à l’absorption et perpétue le danger couru par le blessé. C’est l’application pratique de la théorie de Morgagni. j Puis sont à signaler les pages écrites par Boyer, la thèse de Sanson, pre- i mière monographie des plaies du cœur, les faits de Dupuytren, l’intéressant et substantiel article d’OLLiviER d’Angers dans le Dictionnaire en 30 volumes, la thèse de concours de Jamain riche de 121 observations (1837 , les articles de Legouest et de Maurice Raynaud dans les dictionnaires encyclopédiques et de médecine pratique. Mais le plus important travail qui ait été publié sur les plaies du cœur est le mémoire de G. Fischer (1869) 2 3 4. On y trouve réunies sommairement 452 observations de plaies du cœur ; parmi lesquelles figurent 72 exemples de plaies par coups de feu. S’ap- j puyant sur cette somme considérable de faits, G. Fischer étudie à nouveau les symptômes, le pronostic, le traitement des plaies du cœur. C’est ce travail qui servit de base aux chapitres de nos traités classiques, à la thèse de Daun, et à un bon travail analytique et critique de notre collègue de Santi qui a repris les faits publiés de 1869 à 1880 A Depuis la publication de ces derniers travaux, nous n’avons à signaler que des observations intéressantes éparses dans les écrits périodiques.
D’après les relevés statistiques, les blessures du cœur par les armes de guerre seraient exceptionnelles; mais comme ces statistiques ne tiennent pas compte dés blessés qui succombent sur le champ de bataille, elles n’expriment pas leur fréquence réelle. D’après de Santi, la proportion des plaies du cœur comparées à celles du thorax serait, si l’on consulte les relevés de la pratique commune, de 8,6 p. 100, et ce rapport concorde assez bien avec les dimensions relatives du thorax et du cœur. La proportion des blessures par coup de feu serait de 0,7 p. 100. Si l’on ne tient compte que des cas qui se présentent dans les ambulances ou les hôpitaux, ces traumatismes ne sont que très rarement observés, aussi ces blessures intéressent peut-être plus le médecin légiste que le chirurgien d'armée1.