‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 193 sur 340 · Larrey, Cliniques, t. II, p. 2S · texte numérisé non relu

Larrey, Cliniques, t. II, p. 2S

2. G. Fischer, Ueber die Wunden des ïterzens ünd des Herzbentels. Archives de Lan- GENBECK, Toi. IX, 1868.

3. De Santi. Des plaies du cœur in Archives de Médecine militaire, 1881.

4. Larrey n’cn cite que deux exemples, Baudens un; Ménière et H. Larrey en 1830.

H. Larrey à Anvers n’en mentionnent aucun. La première guerre des duchés (1818-50), la •ruerre de Crimée (Chenu, Hubbenet) ne fournissent aucun fait. Matthew nous dit que les blessés anglais, frappés au cœur pendant la guerre de Crimée, succombèrent tous avant d’arriver aux ambulances. Les rapports de Chenu et de Demme, sur la guerre d’Italie, n’en font pas mention. Lœffler (1864) n’en signale pas d’exemple. Seul Pirogoef cite un fait probable de blessure du péricarde par coup de feu. Les comptes rendus des guerres de 1866 ne rapportent aucune observation de plaie du cœur par arme de guerre. Il en est de même

BLESSURES DU CŒUR

in les constate surtout dans la pratique journalière à la suite des tentaves d'homicide ou de suicide.

Nous décrirons successivement les plaies isolées du péricarde, les plaies 0n pénétrantes et les plaies pénétrantes du cœur , enfin les contusions et les uptures.

Plaies isolées du péricarde. — Dans des coups de feu tangentiels, îalgré l’accolement immédiat du péricarde et du cœur, la paroi de la éreuse peut être blessée isolément. Parfois cette dernière est atteinte par i es esquilles détachées du sternum ou des côtes (Lvons). Ces lésions, qu’on a constatées qu’à l’autopsie (Fischer, de Santi), ne méritent qu’une 1 1 lention.

Plaies du cœur. — Bien qu’il soit impossible sur le vivant de différenier les plaies pénétrantes des plaies non pénétruntes , nous pensons que cette ivision n’en doit pas moins être conservée, car sur elle sont basées des istinctions importantes au point de vue des caractères, de la marche et du ronostic de ces plaies.

Nous confondons, dans notre description, les plaies par armes blanches t par projectiles.

Plaies non pénétrantes. — Les blessures non pénétrantes, quelle que lit la nature de l’arme qui les a produites, se rencontrent surtout sur les Bntricules, en raison de l’épaisseur de leurs parois; les oreillettes sont si linces qu’il est presque impossible qu’une arme ou un projectile les itéresse sans pénétrer en même temps dans les cavités. Dans cette caté- Drie de blessures il faut encore ranger les quelques cas tout exceptionnels

« e lésion de la cloison intra-ventriculaire par des armes blanches (Hor- :us) ou des balles (Latour, Balch, etc.) sans ouverture des cavités du i uur, et divers traumatismes de la pointe (Chassaignac, Thilo). Comparées jx plaies pénétrantes, les plaies non pénétrantes sont assez rares.

Les corps vulnérants qui les produisent, tantôt intéressent l’organe rectement d’avant en arrière, ou d’arrière en avant, tantôt, et plus soumt, ils l’atteignent très obliquement ou dans le sens transversal. Les •mes blanches peuvent se borner à produire des piqûres comme dans le ils classique de La Tour d’Auvergne qui succomba subitement à un coup î lance reçu dans la région du cœur, et chez lequel on ne trouva qu’une . îtite plaie de deux lignes de profondeur dans la paroi du ventricule luche. Elles laissent plus souvent sur l’organe une plaie linéaire en dilade. Nous venons d’observer une de ces plaies non pénétrante, par enade, linéaire, peu profonde, mais étendue, de la paroi du ventricule gauche. 3 blessé avait été frappé par une arme blanche. Il vécut deux jours. „

Les projectiles qui produisent des plaies non pénétrantes, prennent le us souvent une paroi en enfilade, l’éraillent, l’érallentou s’y creusent un lion plus ou moins étendu. D. Larrey et Beck ont cité des exemples de

! ceux de 1870-71. Oris n’a recueilli que 12 cas pondant la guerre de Sécession. Smith, l’armée du Caucase, a fait, sur 255 autopsies, celles de 6 blessés frappés au cœur; mais, i» plus que Pikogokf, il n’a observé de cas de survie.

BLESSURES DE LA POITRINE

cette variété de lésion ; mais l’observation la plus curieuse est celle qUe notre collègue Poncet a rapportée 1 .

A l’autopsie d’un blessé qui succomba à une péritonite trois mois et demi après avoir reçu dans la région du comr deux balles rondes de 8 à 9 millimètres de dia-i | mètres, on constata dans toute l’étendue de la paroi du ventricule gauche un sillon t ! large de 8 à 9 millimètres, à bords mousses faciles à sentir sous le doigt, entiè-j rement cicatrisé et recouvert d’une séreuse villeuse et bourgeonnante. Ce sillon j I s’étendait sur la paroi du ventricule de bas en haut et de droite à gauche, c’est-à-i ! dire suivant ses plus grandes dimensions. Le doigt, introduit par l’oreillette dans le i ventricule gauche, reconnaissait très bien cette perte de substance qui n’établissait J néanmoins aucune communication de la cavité avec le péricarde.

K cerner a cité une observation semblable à celle de Poncet : son blessé avait ; également survécu quelques semaines.

Des projectiles de petit volume tels que des balles de revolver se creusent parfois dansles parois des ventricules un séton non pénétrant (deSantij. Signalons encore comme variétés de ces traumatismes les cas d’abrasion ou de perforation de la pointe avec ou sans séjour du corps étranger au point lésé, les pénétrations légères, incomplètes de la paroi par une balle qui s’y fixe (Nélaton) ou qui tombe dans la cavité péricardique, chassée de la position quelle occupait par les battements cardiaques.

Boyer pensait que la profondeur des plaies non pénétrantes devait en faire varier les suites. D'après lui, les blessures n'ayant intéressé qu’une très petite partie de l’épaisseur d’un ventricule et n’ayant ouvert aucune branche importante des artères coronaires, peuvent guérir; profondes, elles laissenî moins de chances de guérison. Il admet avec Sénac la transformation d’une plaie non pénétrante en plaie pénétrante, les parois de ce viscère affaiblies dans l’endroit de la blessure n’offrant plus à l’effort du sang un obstacle suffisant et finissant par se rompre sous cet effort après avoir résisté pendant quelques jours. L’opinion de Boyer relative à la guérison des plaies non pénétrantes peu profondes ne saurait être mise en doute. Le fait tout récent de Poncet, entre autres, vient la confirmer. Ce blessé ne succomba qu’à une complication étrangère à la blessure, et malgré l’étendue de la lésion, la plaie du cœur non pénétrante s’était cicatrisée si simplement que, quelque temps avant l’apparition de la péritonite qui enleva le blessé, la matité, les bruits du cœur ne présentaient rien d’anormal. La transformation d'une plaie non pénétrante en plaie pénétrante est prouvée par les faits, mais Boyer a peutêtre exagéré l’importance pronostique de la blessure des branches importantes de l’artère coronaire. Chez le hlessé de Poncet celle-ci n’a pas compromis la guérison de la plaie du cœur, pas plus qu’elle n’avait empêché celle d’un malade de D. Larrey qui- succomba le soixante-troisième jour à une péricardite suppurée et chez lequel on trouva la coronaire antérieure oblitérée au-dessus de la blessure.

Ces faits négatifs ne sauraient cependant faire oublier les faits positifs, entre autres celui si démonstratif de Lamotte. Sur un capitaine blessé au cœur d’un coup d’épée et qui succomba deux heures après l’accident, ce chirurgien trouva l’artère coronaire ouverte sans que les ventricules aient été atteints.

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