‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 198 sur 340 · Moniteur des hôpitaux , 1860, p · texte numérisé non relu

Moniteur des hôpitaux , 1860, p

2. Le blessé tombe sur le coup, il jette un cri, est animé de quelques mouvements convulsifs et succombe. Quelques-uns se relèvent, puis retombent. Certains, malgré leur blessure, ont pu continuer pendant quelques instants à marcher ou à se défendre. Park (liv. VIII, p. 32) nous dit qu’un duelliste, frappé d’un coup d’arme tranchante qui fit au cœur une plaie assez large pour admettre le doigt, poursuivit cependant son agresseur et le frappa à plusieurs reprises pendant deux cents pas, après quoi il tomba raide mort. Diemerbroeck, Courtial, Otis ont cité des faits à peu près semblables. Le blessé de Courtial fit cinq cents pas.

BLESSURES DU CŒUR

Une autre complication également immédiate, mais plus rare, est le pneumopéricarde. On le constate dans les blessures concomitantes du poui| non et du cœur. Parfois, l’air provient de la plaie extérieure. Une sonorité ( exagérée au lieu de la matité cardiaque, un bruit de pot fêlé, un clapotenent comparé au bruit d’une roue de moulin (Morel-Lavallée), bruit oerçu dans le décubitus dorsal et la position assise et accompagné de roubles circulatoires qui font défaut quand il est lié à un épanchement extrapéricardique (Reynier), enfin une gêne plus ou moins considérable les mouvements du cœur, sont les signes de cet accident. 11 a comme •onséquences, celle d’entraîner l’infection de la cavité péricardique.

La péricardite suppurée traumatique , complication que la mort rapide des elessés empêche d’observer fréquemment, présente la symptomatologie, la marche et la gravité des péricardites suppurées spontanées. Sur des blessés lont les plaies sont infectées, elle apparaît vers le troisième ou le quatrième our. La péricardite suppurée est ou totale ou partielle.

Corps étrangers. — Les plaies du cœur et du péricarde sont parfois g§ compliquées de corps étrangers. Fischer a pu en réunir quelques observaions. Ce sont des balles, des fragments de cartilage, des esquilles, des ambeaux d’objets d’habillement ou d’équipement ou des poils de la poitrine comme chez un blessé de Grant.

On les a trouvé logés dans toutes les parties du cœur, dans ses cavités, dans ses parois et dans la cavité péricardique. Le plus souvent, ils se sont arrêtés dans les parois, en particulier dans celle du ventricule droit et du I p/entricule gauche ou dans le septum; on n’en a pas trouvé dans celles des 8 ' oreillettes en raison de leur faible épaisseur (Weiss). Ils sont complètement cachés dans la substance musculaire ou bien ils font saillie dans es cavités cardiaque ou péricardique, obturant la plaie pénétrante qu'ils ont produite. Certains, d'abord pariétaux, finissent par tomber dans les caôfwités (Henner) ou y séjournent depuis l’accident.

Si la tolérance des corps étrangers cardo-péricardiques est, le plus souvent, temporaire, elle peut aussi être prolongée1.

Un soldat reçoit un coup de feu à la poitrine. Il est guéri au bout de trois mois, I mais il lui reste des palpitations qui le tourmentent pendant trois ans pour dimimuer plus tard. Il succombe, six ans après sa blessure, à une affection étrangère. * On trouve la balle enchatonnée dans le ventricule droit près de sa pointe, recour rerte en partie par le péricarde et appuyée sur la cloison 2.

Balch a rapporté le cas d’un homme qui pendant vingt ans conserva une balle mkxjstée dans le ventricule droit et qui succomba à une pneumonie3.

Carnochan, Vandelli, Suckow, Tillaux ont cité des faits analogues, bien que ta survie ait été moins longue.

Un ancien militaire avait reçu une balle sous le sein gauche, à Salamanque, f'en 1812. Il ne mourut qu’en 1864, après avoir gardé pendant cinquante-deux ans une balle enkystée dans le péricarde entre les orifices des deux veines caves. Des adhérences résistantes indiquaient une ancienne péricardite4.

Quelle que soit sa durée, cette tolérance n’est pas absolue et les rares

1. Fischer a relevé 43 exemples de ces tolérances; Weiss, 50, mais il s’agissait, le plus souvent, dans ccs cas, d’instruments acérés.

2. Weiss, De la tolérance des corps étrangers. Th. agrég. Paris, 1880.

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