Craly, anal, in Union médicale, t. XXIII, p
4. Latour, Histoire phil. des causes et des hémorrhagies. Paris, 1828, t. I, p. 75.
BLESSURES DE LA POITRINE
blessés dans le cœur desquels des projectiles sont logés présentent des troubles cardiaques, des palpitations, des essoufflements; ils sont affectés d’hypertrophie du cœur, d’épaississements valvulaires, d’anévrysmes, lésions ou symptômes qui révèlent la souffrance de l’organe. Ce sont les corps étrangers logés dans les parois qui apportant la moindre gêne au fonctionnement,
sont le moins difficilement tolérés. Cependant on a observé ces tolérances relatives du cœur môme chez des blessés qui portaient des balles dans les cavités cardiaques. Dans ce dernier cas ces projectiles sont recouverts d’une couche de fibrine. Logés dans la paroi ils s’entourent d’une loge fibreuse; dans le péricarde ils sont englobés dans des membranes épaisses et peu étendues. Parfois l’irritation qu’ils déterminent sur la séreuse amène une symphyse cardiaque.
Traitement des plaies du cœur. — Les tentatives de suture des plaies du cœur que Block a faites avec succès chez les animaux n’ayant pas été reprises chez l’homme, le chirurgien est réduit à utiliser, pour les traumatismes du cœur, le traitement ordinaire des plaies de poitrine : l’occlusion antiseptique de la plaie et l’immobilisation du thorax. Les applications froides ou glacées sur la région précordiale, le repos absolu, la digitale à l’intérieur, favoriseront la formation d’un caillot et assureront sa fixité. Dans les cas de pneumopéricarde on conseille de faire disparaître l’air par l’aspiration, dans l’hémopéricarde, de ponctionner ou d’ouvrir la cavité séreuse par une incision, lorsque la suffocation du blessé est imminente. La coagulation rapide du sang nous ferait préférer l’incision à la ponction, manœuvre aveugle et qui peut être dangereuse. Dans les péricardites purulentes, qu’elles déterminent ou non les mêmes accidents, les mêmes traitements seraient utilisables. Nous préférerions encore dans ce cas l’incision à la ponction1. Cette incision serait pratiquée dans le cinquième espace entre le ma melon et le bord du sternum. On sectionnerait les tissus couche par couche, et le péricarde serait incisé sur la sonde cannelée. Non seulement l’incision est plus sûre que la ponction, mais, de plus, elle a cet avantage de permettre d’assurer l’antisepsie de la cavité péricardique.
On a conseillé l’ablation des balles logées dans les parois ou les cavités du cœur. La règle est facile à poser, mais il n’est pas nécessaire de faire grands frais de réflexion pour reconnaître combien son application, d’ailleurs si exceptionnelle que nous pourrions nous abstenir de la discuter, serait incertaine, difficile et périlleuse. Avant de la tenter, il faudrait déjà être renseigné sur le siège du projectile, or ce diagnostic est incertain. En fait, aucun des projectiles qu’on a trouvés dans le cœur n’avait été soupçonné pendant la vie. D’ailleurs, à supposer qu’à l’aide d’une large incision de la paroi, il ait reconnu leur trajet, quel chirurgien ne frémirait pas à l’idée de dilater une plaie pénétrante, d’introduire un instrument extracteur dans une cavité cardiaque, ou d’enlever un projectile qui n’a pénétré que la paroi et qui joue le rôle, bienfaisant, d’obturateur.
Les corps étrangers péricardiques ne peuvent être, d’ordinaire, ni soup-
1. Nous avons eu dernièrement l’occasion de faire l’incision du péricarde pour un épanchement purulent qui déterminait la suffocation d’un blesse. Le pus était collecté a la partie postéro-inférieure de la cavité péricardique et, en avant, le cœur était intimement soudé à la paroi par des adhérences, do sorte quo si, chez ce blessé, nous avions utilise le trocart, nous eussions traversé le cœur.
BLESSURES DU CŒUR
:onnés ni reconnus à l’avance, et le sentiment de pesanteur ou la douleur i ;pigas trique ne constituent pas des caractères suffisants pour déterminer | e point qu'ils occupent, puisque ces syptômes peuvent ôlre tout aussi bien § iés à l’hémopéricarde ou à la péricardite qu’à la présence du projectile. Ifous pensons encore qu’il n’y aurait pas lieu de les rechercher et de les j jxtraire primitivement. Ce ne serait qu’ultérieurement, dans les cas où le dessé accuserait des douleurs persistantes et affirmerait sentir les mouvenents de la balle qu’on serait autorisé à faire quelques prudentes tentatives l'extraction de ces projectiles intrapéricardiques.
Un vieux soldat, qui avait reçu une balle dans le côté gauche, entre à l’hôpital lusieurs années après l’accident, atteint de bronchite. Depuis son traumatisme il 'était toujours bien porté; il ne se plaignait que de .ne pouvoir se coucher sur son ôté droit. Il croyait sentir sa balle se mouvoir dans le péricarde. Cet homme sucomba bientôt. A son autopsie, on trouva la balle logée dans une poche kystique armée aux dépens du péricarde1.
Autre fait dû à Fuge. Un soldat est frappé par un coup de feu dans la région : . ,u cœur, entre la deuxième et la troisième côtes. Le onzième jour, le blessé sent .ettement la balle et en réclame l’extraction. On fait de vains efforts pour sonder i plaie. Grande faiblesse, stupeur, délire. Cet homme tombe en syncope en allant la selle, et meurt le quatorzième jour. A l’autopsie, on trouve un hémopéricarde,
; n hémothorax, dans le ventricule droit, une ouverture de 3 centimètres, et la •allé dans le péricarde.
Quand le corps étranger est constitué par un fragment d’arme blanche aisant saillie au dehors, l’indication de son extraction semble ne pas prêter . natiére à conteste, et cependant si l’arme a fait aux cavités du cœur une ■uverture un peu étendue, il faut s’attendre à voir immédiatement après extraction se produire soit une syncope mortelle, soit une hémorrhagie ri xterne ou interne graves. Peut-être serait-il sage alors de ne pas faire l’ablation d’emblée mais de retirer l’arme progressivement, en quelques ours ou en quelques semaines.
Featherson a consigné l’observation d’un soldat qui tomba sur une baïonnette e telle manière que celle-ci pénétra entre la sixième et la septième côtes gauches, let homme était à quelque distance du corps de garde au moment où il fut frappé. I eut la force d’y revenir, d’en ouvrir la porte, la baïonnette étant fixée dans la •lessure, d’où il n’avait pu l’arracher. Elle en fut retirée par un des soldats préents.Peu après, syncope, extrémités froides, pouls presque insensible, signes d’une .émorrhagie interne, issue d’une très petite quantité de sang par la plaie. Par un onheur inespéré, ces accidents se dissipèrent. Le blessé fut porté à l’hôpital, et l se ressentait si peu de sa blessure qu’il se leva le lendemain et se promena dans a salle, en conversant gaîment avec ses camarades. A onze heures du soir, mort ubite après avoir clé à la garde-robe. A l’autopsie on trouva une plaie large de œuf lignes pénétrant dans le ventricule gauche; l’instrument avait divisé une les colonnes charnues qui adhèrent à la valvule mitrale2.
Contusions. Ruptures. — Les éclats do gros projectiles, les corps ,conondants ordinaires qui frappent la paroi thoracique, contusionnent le :œur et peuvent en amener la rupture en respectant ou en abrasant cette >aroi. D’autres fois la lésion cardiaque est produite par un fragment de côte ou de sternum enfoncé et agissant à la façon d’un corps vulnérant. La