‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 200 sur 340 · Edimbury mcd. and surrj . Journal, 1er avril · texte numérisé non relu

Edimbury mcd. and surrj . Journal, 1er avril

BLESSURES DE LA POITRINE

rupture peut se produire sans qu’il y ait de fracture, ce qui s’explique par l’élasticité dont le sternum est redevable aux arcs cartilagineux avec lesquels il s’articule. Cette élasticité est telle, d’après Messerer, chez les sujets de moins de 25 ans, que le sternum peut se laisser appliquer contre la colonne vertébrale sans que les côtes ne subissent de solution de continuité. Ces ruptures sans fractures costo-sternales étaient attribuées autrefois au vent du boulet. Une autre variété de contusion du cœur, moins profonde et moins- étendue que les précédentes, peut être le résultat du choc de balles mortes. Le projectile après avoir épuisé ce qui lui restait de force vive à traverser la paroi thoracique, déprime en doigt de gant le péricarde, sans l'entamer, et détermine une attrition localisée du cœur.

On a donné plusieurs explications de ces ruptures indirectes : on a admis que le choc, en agissant brusquement sur le cœur, refoulait usa périphérie le sang qu’il contenait et produisait une déchirure à distance du point d’application de la force, de même qu’une vessie remplie de liquide se rompt à distance lorsqu’on la comprime énergiquement (Dézeiméris). On a encore supposé que l’aorte subissant la pression énergique exercée sur le thorax, le sang s'accumulait dans le ventricule et l’oreillette gauches et déterminait leur rupture par accès de distension. Mais, comme l’a fait remarquer Maurice Raynaud, cette dernière explication satisfait mal l’esprit, car il résulte des observations relatées que c'est le ventricule droit qui est le plus souvent rompu ; or, comme l’a démontré Chaussier, la compression de l’aorte n’amène que la rupture du ventricule gauche. La distension exagérée des cavités droites et leur rupture ne pourrait être produite que par la compression de l’artère pulmonaire. Le mécanisme de la rupture du cœur, à la suite des contusions du thorax, réclame de nouvelles recherches.

Les déchirures du cœur par gros projectiles sont habituellement étendues. Tantôt le cœur est littéralement broyé et les vaisseaux qui en naissent sont séparés, d’autres fois une partie seulement de l’épaisseur de la paroi cardiaque est atteinte. Quand les dégâts ne portent que sur une des cavités, c’est habituellement le ventricule droit qui est intéressé. Après, vient, par ordre de fréquence, l’oreillette gauche. Parfois le cœur échappe au trâumatisme, tandis que son enveloppe péricardique est seule rompue.

Ces ruptures qui s’annoncent par les signes ordinaires des plaies du cœur sont fatalement mortelles.

BLESSURES DES GROS VAISSEAUX

Aorte thoracique. — Les armes blanches qui atteignent l’aorte par leur pointe font à cette artère une ouverture qui varie avec les dimensions de l’arme vulnérante et la profondeur à laquelle elle a pénétré. Nous rapportons plus loin quelques exemples de ces blessures. Les balles la contusionnent en produisant des lésions typiques do la contusion artérielle, ou bien elles l’échancrent ou la perforent.

D. Larrey 1, à l’autopsie d’un blessé chez lequel une balle avait pénétré le ventricule gauche et qui succomba au bout de trente-trois heures, trouva une éraülure de l’aorte. C’est la première observation publiée de contusion de ce vaisseau.

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