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Percy, o. c., p

LÉSIONS DES D I A P H Y S E S PAR LES PROJECTILES

Jobert enfin est allé jusqu’à avancer, en s’appuyant sur l’examen de pièces du musée de Leyde, que des balles avaient pu séjourner dans des os sans déterminer d’ostéite.

La tolérance des balles dans les os est donc obtenue par le mécanisme de 1 ’enkystement ou par le mécanisme de l'incrustation1. Dans le premier cas le projectile est contenu dans une cavité remplie de liquide ou comblée par du tissu fibreux; dans le second, la balle fait corps avec le tissu osseux. Il serait difficile de dire dans quelle proportion l’intolérance ou la tolérance des balles est observée.

Traitement. — L’ablation des corps étrangers intra-osseux peut être pratiquée soit peu de temps après le traumatisme, soit à une période plus ou moins retardée.

Si dans le dernier cas l'indication de l’intervention ne nous paraît comporter que des avantages, il n’en est pas toujours ainsi dans le premier. Les difficultés des opérations préliminaires du dégagement lorsqu’une balle de plomb mou est encastrée dans le canal médullaire et qu’elle a subi contre la deuxième paroi une déformation, la nécessité de recourir à une opération (trépanation, évidement), laquelle opération peut alors compléter ou aggraver la fracture, nous engageraient à attendre, pour intervenir, la consolidation de cette dernière d’autant plus que dans ces perforations incomplètes on n’a pas à craindre de voir la balle compromettre celte consolidation. Ce serait d’ailleurs pour nous la seule contre-indication à l’ablation primitive.

L’extraction des balles encastrées entre deux os, celle des projectiles qui sont restés fixés à l’os au point où ils l’ont frappé, ou qui ont pénétré cet os sans s’engager complètement dans sa cavité médullaire, est toujours indiquée primitivement. Elle s’exécuterait aisément au moyen de pinces ou directement grâce à une incision des parties molles suffisamment étendue. Le déplacement ou l’ablation des esquilles de la deuxième paroi fracturée faciliterait l’extraction des balles qui, tombées dans la cavité médullaire, n’ont pas conservé assez de force pour traverser complètement cette deuxième paroi. Enfin, dans les fractures comminutives esquilleuses, l’extraction des balles qui les compliquent se ferait aisément par la voie qui a servi à l’avulsion des esquilles libres. Dans tous ces cas, le difficile n’est point d’extraire la balle ou ses fragments, c’est de les reconnaître.

L’étude des corps étrangers métalliques qui compliquent les foyers de fracture nous amène à parler des déformations et des fragmentations que subissent les balles au contact des os.

Aspect des balles qui ont frappé des os. Déformations et fragmentations tUpigues des balles de plomb mou. — Dupuytren, Devergie, Chenu, Pirogoff et tous les classiques ont parlé des déformations que subissent les projectiles au contact des corps durs et des os, sans en faire l’objet d’une description méthodique. Ayant recueilli à la suite de très nombreuses expériences cadavériques une grande partie des balles qui avaient frappé les os, nous avons constaté que les déformations n’étaient pas aussi variables que 1 admettait le plus grand nombre des auteurs et que si certaines échappaient

L Poulet et Bousquet, Pathologie externe , t. Pr, p. 619.

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à toute description, par contre d’autres pouvaient se ranger dans des catégories bien définies. En 1881, nous avons déposé au musée du Val-de- Grâce une collection complète de ces déformations caractéristiques rangées par catégories. Le travail de notre collègue Bousquet1, le mémoire de Beck 2, la thèse récente du médecin aide-major Benoît 3, contiennent sur ce sujet des renseignements précieux.

Sans doute les balles peuvent subir des déformations dans l’âme de l’arme qui les a lancées, elles en subissent d’autres plus marquées au contact du sol, des corps durs, des pièces résistantes du harnachement, de l’équipement qu’elles rencontrent parfois dans leur course avant d'atteindre les diaphyses; mais les premières consistent dans des empreintes hélicoïdales légères, régulières et qu’on ne peut guère confondre môme avec les rayures nombreuses, irrégulières et d’inégale profondeur que leur impriment parfois les os ; les secondes qui sont les analogues des déformations d’origine osseuse se distingueraient par l’aspect de l’orifice d’entrée élargi. On a parlé de déformations des balles au contact des tissus mous, nous ne les avons jamais constatées.

Les déformations que subissent les balles au contact des os diffèrent suivant qu’il s’agit d'une balle de plomb mou ou d’une balle de plomb dur à enveloppe métallique.

I. Des types de déformations des balles de plomb mou. — On peut diviser les types de déformations des balles cylindro-coniques de plomb mou qui i ont frappé des diaphyses ou des os compacts, soit d’après l’aspect, le siège de la déformation, soit d’après la nature du traumatisme qu’elles ont produites; on distingue alors dans le premier cas :

1° Les déformations latérales ;

2° Les déformations antéro-postérieures , auxquelles il faudrait joindre les ‘ divisions en menus fragments , bien que ces segmentations ne soient le plus ' souvent que des déformations antéro-postérieures portées au plus haut degré. Dans le second cas, on reconnaît :

1° Des déformations de contact diaphysaire ;

2° Des déformations de perforation diaphysaire ;

3° Des déformations de perforation épiphysaire.

La première distinction est descriptive, la seconde clinique; la dernière révèle au chirurgien, comme nous avons été le premier à le faire bien remarquer,les rapports qui existent entre l’aspect d’une balle trouvée dans un membre et la lésion qu’elle a produite. C’est celle que nous adopterons, et ; nous ferons entrer dans ses cadres les éléments de la première.

Nous n’insisterons ici que sur les déformations diaphysaires, reportant à la description des lésions des épiphyses celle des déformations des balles qui les ont traversées.

1° Les déformations de contact diaphysaires des balles de plomb mou j sont des déformations latérales ou anléro-latéralc.s et des déformations antéropostérieur es. Elles présentent cette particularité bien caractéristique que la surface modifiée par le choc est habituellement lisse, régulière, comme |

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