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Larrey, Clinique chirurgicale , t. II

BLESSURES DES GROS VAISSEAUX

On en trouve un autre exemple dans les Comptes-rendus de la guerre d’Amérique ; I e blessé présentait en même temps une fracture grave de la colonne vertébrale. L’observation que Leguey1 a consignée dans les Bulletins de la Société anatomique

Ii . :St instructive en ce sens qu’elle signale une terminaison rapide de ces contu- | ions, la rupture complète de l’aorte contuse : Une balle, rencontrant l’aorte avant [u’elle ne fournisse le tronc innominé, l’incisa, dit, à tort, cet auteur, dans la moitié te sa circonférence, aussi nettement qu’eût pu le faire un instrument tranchant. La mort ut instantanée. Sur une aorte dont nous avions rompu les tuniques interne et moyenne par un coup de feu, nous avons, par une traction très modérée, déchiré ii nettement, et dans le sens de la déchirure transversale des autres tuniques, la turque externe, en apparence, épargnée. L’impulsion du sang a, dans les cas de .arrey et de Leguey, fait l’effet de notre traction directe.

Nous n'avons trouvé dans la science que quatre cas clans lesquels les dessés ont survécu plus ou moins longtemps à un traumatisme de l’aorte i »ar balle.

Un soldat, dont le chirurgien américain Piper nous rapporte l’histoire, avait u l’aorte perforée accidentellement par une halle de pistolet reçue à très courte i islance. Cet homme ne succomba qu’au bout de quelques instants, à son entrée l’hôpital2. Moore nous dit3 qu’un marin reçut une balle qui blessa l’aorte aui essus du niveau des valvules sigmoïdes. Cet homme vécut trois jours.

Le Musée d’anatomie de Berne 4 5 possédait une préparation du professeur ueile, montrant, sur la paroi antérieure de la crosse de l’aorte, une assez grande ichancrure qui ne détermina la mort que quelques semaines après l’accident.

Enfin Hermann Demme dit avoir vu à l’hôpital San-Francisco de Milan un jeune Ù i.utrichien qui vécut quatre semaines après avoir reçu un coup de feu intéressant i aorte descendante. Il mourut d'hémorrhagie secondaire 3.

A priori, étant donnés les connexions et le calibre de ce vaisseau, on est bonté de considérer les plaies de l’aorte comme fatalement et prompte- ; i îent mortelles. C’est ce qu'admettaient les anciens, et le très petit nombre i ! 'observations éparses dans les écrits périodiques ou les comptes rendus es guerres qui signalent des cas de courte survie, ne peut guère modi- H: er la rigueur de ce pronostic. Les blessés dont l’aorte est lésée succombent,

I ans l'immense majorité des cas, soit sur-le-champ, soit au bout de quelues instants. La mort est due à une hémorrhagie interne qui se révèle par F es signes habituels. Suivant le point du vaisseau atteint, le sang s’épanche ; ! ans le péricarde, le médiastin, les plèvres, ou à la fois dans ces cavités et i u dehors, lorsque la plaie est assez étendue.

De toutes les blessures, les plus graves sont celles que produisent les oups de feu. C’est à une lésion de ce genre que succomba Delpech.

L’analogie, autant que les observations, fait penser que la mort immé- | date par hémorrhagie primitive (cas de Leguey), la mort plus ou moins urdive par hémorrhagie consécutive (Tueile, Demme), la guérison avecané- . Tysme comme on l’a observée dans des cas de rupture des tuniques Interne et moyenne de ce vaisseau par violence extérieure, enfin la guéri-

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