Demme, Militai', c/tir. Studien, Wurzbourg, 1861, p
BLESSURES DE LA POITRINE
son sans accident, sont les terminaisons des contusions de l’aorte par petits projectiles.
Les exemples de survie plus ou moins longue après des blessures par armes piquantes sont un peu moins rares que ceux qu’on a signalés à la suite des plaies par projectiles. L’étroitesse plus grande des plaies, l’espace moins considérable qui en sépare les lèvres, rendent compte de cette différence :
On trouve dans le Journal de médecine 1 l’observation d’un homme chez lequel l’aorte, à sa sortie du ventricule gauche, présentait une petite plaie triangulaire. Il ne mourut que le sixième jour.
Un militaire observé par Collin ne succomba qu’au septième jour après avoir reçu un coup de fleuret à travers la paroi antérieure de l’aorte, à 1 centimètre environ au-dessus de son origine. La plaie artérielle avait 8 millimètres sur la paroi externe et 2 millimètres sur l’interne1 2.
Dans le cas cité par Saviaud3, la mort ne survint que le onzième jour. L’oreillette droite et l’aorte avaient été traversées de part en part par une épée.
Le fait relaté par Wiley est plus curieux encore. Son blessé vécut un mois. L’aorte avait été percée près de son origine4.
Pelletan nous a donné l’observation très intéressante d’un jeune soldat qui, blessé en duel par un fleuret démoucheté, succomba cinq jours après l’accident, en présentant les signes d’un homme qui étouffe ou perd son sang. A son autopsie, on trouva l’aorte blessée à son origine. Une couche de caillots de l’épaisseur d’un doigt recouvrait toute la surface du cœur, la pointe exceptée. Ce caillot, confondu également avec le tissu cellulaire voisin, avait un pédicule engagé dans la plaie artérielle laquelle mesurait deux lignes de long sur une de large5.
Un blessé de Green qui présentait la même lésion que celui de Pelletan vécut deux mois.
Enfin Niel de Bamberg a relaté l’exemple d’un malade dont l’aorte ascendante fut intéressée par une arme piquante et qui vécut un an. Cet homme s’était alfaissé sur le coup; il s’était relevé de son état de mort apparente quelques heures après l’accident, malgré la persistance d’une hémorrhagie considérable, et quand il ouvrit les yeux, il constata à son grand étonnement qu’il était frappé d’une amaurose, qui fut incurable. Au bout dé quelques semaines, sa plaie était entièrement cicatrisée. A l’autopsie, on trouva des cicatrices apparentes sur le poumon traversé de part en part et, sur l’aorte ascendante, une solution de continuité d’un quart de ligne d’étendue, oblitérée par un thrombus épais. On incisa longitudinalement l’artère avec précaution, et l’on constata, au niveau de la plaie externe, une cicatrice très apparente prouvant que l’instrument tranchant avait divisé toutes les tuniques artérielles6.
Mais, nous le répétons, ces exemples de survie plus ou moins prolongée, les seuls, qu’à notre connaissance, on trouve clans la littérature médicale, sont trop peu nombreux pour atténuer, même quelque peu, l’excessive gravité des blessures de l’aorte. Nous rappellerons qu’on a si exceptionnellement lieu d’observer des blessures par balles dans les ambçilances et les hôpitaux que nos auteurs n’ont pu en rapporter que trois exemples7.