‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 205 sur 340 · Dolbeau, Gaz. med. Paris · texte numérisé non relu

Dolbeau, Gaz. med. Paris

BL K SS U 11 K S DES GROS VAISSEAUX

l par une balle de revolver, n’entraîna la mort que le cinquième jour. La veine reni fermait des caillots sur une largeur de G à 7 centimètres.

Nous devons remarquer que les trois blessés qui portaient des plaies || de la veine cave inférieure ont survécu plus longtemps à leurs blessures si que ceux qui présentaient des lésions de la veine cave supérieure. Y a-t-il J là simple coïncidence, ou faut-il, comme l'a fait remarquer Haspel, en J rechercher la raison dans ce fait que le sang qui s’accumule rapidement à |J la partie inférieure de la cavité péricardique et s’y coagule, met fin à l'hémorrhagie?

Quoiqu’il en soit, les blessures par armes blanches et par projectiles de l a veine cave inférieure comme de la veine cave supérieure, dans sa pori ion thoracique, sont d’une excessive gravité. On peut les dire fatalement i nortelles.

Ruptures. — Les déchirures indirectes de la veine cave inférieure, produites par un choc porté sur la paroi thoracique, ont été observées un

- -ertain nombre de fois à la suite de violences exercées par les corps coniil ondants ordinaires.

Pyper 1 * raconte qu’un artilleur, sur le corps duquel avaient passé les deux oues d’un caisson et qui mourut douze minutes après l’accident, présentait à autopsie, malgré l’intégrité des parties molles, une fracture des cartilages des ?, 7e, 8e côtes droites, une fracture du sternum, une forte contusion du poumon : roit, un hémopéricarde et une déchirure de la veine cave inférieure dans toute a portion péricardique jusqu’à l’oreillette droite.

Veine azygos. — Cette veine volumineuse, principale collatérale de la : eine cave supérieure, se jette dans ce vaisseau au-dessus du péricarde.

: ette donnée rend compte de l’absence d’épanchement péricardique à la uite de ses blessures et de la possibilité d’une survie plus longue que celle ui’on constate après les traumatismes des vaisseaux intra-péricardiques.

Breschet* a rapporté un cas de plaie de la veine azygos, un peu avant son : titrée dans la veine cave supérieure. La mort survint le troisième jour. Il existait ;n énorme épanchement de sang dans la poitrine.

Richet avance que Blandin a vu une perforation de la veine azygos par une ;alle. Un blessé de Hennen survécut trente-six heures à une contusion par coup -e feu de cette même veine. Il succomba à un accès de suffocation. Celui de CiiasvIG.nac, auquel un coup de sabre avait divisé transversalement ce vaisseau, mourut ; lendemain3.

Le tronc artériel brachio-céphalique peut être intéressé par un projectile ! u l’extrémité d'une arme blanche qui traverseraient .l'articulation sternoaviculaire ou la portion voisine du sternum ; mais il peut aussi être lésé ar une balle qui pénétrerait la base du cou de haut en bas, en arrière ' e ce dernier os. Il est curieux de constater que, dans les seuls exemples

- e blessures du tronc artériel brachio-céphalique que possède la science,

■ • projectile ait suivi ce dernier trajet.

1 • Western .tournai nf lhe mecl. and phys. sciences, vol. IX, 1836.

2. Cité par Dknucé, Art. Veines caves du Dicl. de méd. et de chir. prat., t. VI, p. 636.

3. Répertoire d'anatomie et de physiologie , 1828, t. II; Anal, chir., 2° édit., p. 570;

■ iUSSAiONAC, Traité des operations, t. I, p. 417.

140 BLESSURES DE LA POITRINE

Les observations des chirurgiens américains Armstrong et Mac Questen, citées par Otis1 2, constituent les seuls faits publiés de blessures du tronc brachio-céphalique que nous ayons rencontrés:

Le blessé d’AtuiSTRONG avait été frappé par une balle qui pénétra le thorax de haut en bas au-dessus de la clavicule droite, passa sous le sternum et ressortit entre la quatrième et la cinquième côtes. L’observation ne parle pas d’hémorrhagie primitive, aussi peut-on admettre, d’après l’absence de ce symptôme, que l’artère n’avait été que contuse. Vingt et un jours après la blessure,. une hémorrhagie se déclara. Le sang provenait de l’innominée. On exerça sur l’artère une compression qui fut insuffisante et le blessé succomba trois jours après.

L’observation de Mac Questen n’est pas moins instructive : Je soldat Guillaume, A. -J., fut frappé par une balle conique qui pénétra à l’angle supérieur droit du sternum, passa sous la clavicule et se logea dans le thorax. La plaie fut bourrée de charpie et le blessé transporté. Trois jours après, on se contentait d’appliquer sur la blessure un pansement simple. Le quatrième, on chloroformisa le blessé pour rechercher la balle et on provoqua une hémorrhagie abondante qu’on tenta d’arrêter par la compression. Le blessé souffrait d’une grande dyspnée qu’on rattacha à un pneumothorax. Il succomba le lendemain (5° jour) et à l’autopsie, on trouva la balle logée contre l’innominée; elle avait rompu les tuniques du vaisseau, et produit un anévrysme diffus. L’ouverture faite à l’artère était ovale, avait près d’un demi-pouce de long, c’est-à-dire plus d’un centimètre, et répondait à la paroi antérieure du vaisseau, en un point situé un peu au-dessous de la bifurcation de l’artère.

Les observations d’Armstrong et de Mac Questen sont donc relatives à des contusions de l’artère.

Dans un dernier fait, cité par Otis, une balle reposait entre le tronc de l’innominée et la veine cave supérieure. Il n’est point question de lésion artérielle ou veineuse.

Le tronc brachio-céphalique artériel présente les lésions typiques des grosses artères (contusions, plaies latérales, perforations). En raison de la gravité de ses blessures et des difficultés de leur diagnostic, il est presque inutile de s’arrêter à leur traitement. La compression qu’a utilisée Mac Questen est celui qui paraît le plus simple. Une ligature ferait, sans doute, le plus grand honneur au chirurgien qui l’entreprendrait, mais outre qu’elle nécessiterait de sa part un sang-froid à toute épreuve, une très grande habitude des exercices opératoires, elle ne fournirait qu’un résultat incertain.

Les lésions des troncs veineux brachio-céphaliques ne sont pas moins graves que les blessures du tronc artériel. La compression aurait peutêtre un peu plus de chances d’arrêter le sang qui s’échapperait de la plaie veineuse que de la plaie artérielle.

Cardiopathies. — Nous avons déjà parlé, à propos des amputations, des troubles cardiaques qu’on observait parfois chez les amputés. C’est chez eux qu’ils sont le plus graves et qu’on les constate le plus souvent, mais on peut encore les relever sur d’autres catégories de blessés.

Étudiés par Potain 2 en 1882, ces troubles cardiaques ont été depuis lors

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