‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 207 sur 340 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

BLESSURES DE L’ABDOMEN

Fréquence de ces blessures. — Otis, réunissant tous les chiffres donnés par Chenu (Crimée et Italie), Matthew (Crimée), Demme (Italie), Mouat (Nouvelle-Zélande), Loeffler (Danemark, 1864), Stromeyer (1866), Beck, Maas, Fiscuer, Beck, Klebs (1870), a obtenu un total de 89,781 blessures, sur lesquelles celles de l’abdomen figurent dans la proportion de 3,8 p. 100. Sur les 253,142 cas de blessures observées pendant la guerre d’Amérique, Otis a relevé 8,590 blessures de l’abdomen, soit une proportion de 3,3 p. 100. Fischer donne une moyenne de 3,5 p. 100. Ces statistiques ne fournissent que le rapport de fréquence des lésions de l’abdomen observées dans les ambulances et les hôpitaux; c’est, il est vrai, celui qu’il nous importe le plusde connaître. Si l'on voulait obtenir la proportion générale des blessures du ventre, il faudrait ajouter à ces 3,3 p. 100, ou 3,8 p. 100 la moyenne des blessés qui succombent sur le champ de bataille. Celle-ci, d’après les statistiques restreintes de Bertherand, Loeffler, Mouat, Hidel, Otis, atteindrait 10 à 11 p. 100, ce qui porte à 13 ou 14 p. 100 le nombre total des blessés qui sont frappés au niveau de l’abdomen.

Tous les classiques divisent les blessures de l’abdomen e w plaies pénétrantes et en plaies non pénétrantes avec ou sans lésions viscérales. Nous adopterons cette classification pratique.

DLESSURES NON PÉNÉTRANTES

Les plaies non ^pénétrantes, d’après les statistiques d’ÛTis, de Fiscuer et de la guerre de 1870-71, seraient aussi fréquentes que les plaies pénétrantes. Otis en a réuni 4,821 cas, et le rapport allemand 2,904.

Les plaies par armes blanches (sabre, baïonnette) sont bien rares. On? n’en signale que 30 et le Rapport allemand 59.

L’arme agit perpendiculairement ou parallèlement aux plans de la paroi, superficiellement, ou dans la profondeur, en produisant une plaie

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BLESSURES NON PÉNÉTRANTES. 743

| inéaire, en cul-de-sac ou en séton. Chez les sujets qui ont le ventre plat, I ette plaie peut s étendre d un liane à l’autre sur la paroi antérieure de I abdomen, au niveau du pli de locomotion ombilical (Legouest). Elles | ont d autant plus béantes qu’elles ont divisé les muscles dans un sens .lus perpendiculaire à la direction de leurs fibres.

Les balles se creusent des plaies en gouttière, en cul-de-sac, en séton, j .vant d atteindre la paroi, elles se déforment parfois, ou se fragmentent u contact des os du bras ou de l’avant -bras, ou de la plaque du ceinturon. A l’époque où l’on employait les balles rondes, on admettait que ces j rojectiles pouvaient contourner les parois abdominales et que, déviés par l-s aponévroses élastiques, résistantes, et tendues, ils suivaient sous la peau es trajets dont l’étendue égalait la moitié et jusqu’aux deux tiers de la rconférence du tronc. Macleod nous dit même que, pendant la guerre de limée, ces plaies de contour étaient fréquentes. On avança d’abord que les ailes ey-lindro-coniques ne pouvaient donner lieu à de semblables blesîres, mais Otis se fondant sur l’expérience de la guerre d’Amérique, les jgea possibles et Beck affirma en avoir observé des exemples pendant guerre de 1870-71. Il est probable que, dans ces cas, on avait affaire cà es sétons dont l’étendue s’expliquait par l’aplatissement de la paroi dans région frappée, ou bien à des plaies pénétrantes simples sans lésion -scérale et non suivies de réaction péritonéale. Des sétons de la paroi îuvent avoir lo,20 centimètres d’étendue et plus, sans être pénétrants

•AUDEXS) .

Les éclats de projectiles creux produisent, suivant leur volume, des dons semblables à celles des balles, ou des pertes de substance dilatées,.à bords déchirés et à parois contuses, ou à bords si nets qu’on ' ; croirait taillées par des instruments tranchants. Ce n’est qu’exception- Uemcnt que ces éclats de gros projectiles limitaient leur action à la paroi ; iplus souvent, ils produisent des déchirures des organes profonds.

Larrey, au siège de Mayence, a vu la paroi abdominale d’un soldat déchirée qu au péritoine exclusivement par un gros projectile, dans l’étendue de 6 à I '0UCLes- 0n pouvait distinguer, à travers le péritoine, les circonvolutions inlesti- •les distendues par des gaz. Le blessé guérit simplement, en un mois.

Ln boulet enleva les parois abdominales du maréchal Duroc jusqu'au périme, sans léser l'intestin.

■ «J allais, dit Percy, amputer le poignetà un volontaire, lorsque M. Willaume 5t aperçu que le boulet qui avait dilacéré toute la main avait aussi emporté eguments et les muscles du bas- ventre de telle sorte que les intestins repousent le péritoine resté seul pour les retenir h »

IMacleod a donné ses soins, en Crimée, à un blessé chez lequel presque toute paroi a mominale se mortifia à la suite d’une plaie par éclat d’obus (0. c\,

Gomme 1 a fait remarquer PoncetI. 2, avec les obus explosifs qui se fragment en nombreux morceaux aigus, animés d’une grande vitesse, les •ies non pénétrantes seront plus rarement observées qu’avec les gros

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