I. Eloge de Percy , 0. c., p
-• Congrès de chirurgie, 1888.
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projectiles anciens; elles le seront néanmoins et môme, les abrasions éten- j dues produites plutôt par le mécanisme de la déchirure, de l’étirement, | que par l’action directe du projectile, pourront être constatées à la suite i du choc oblique des celais les plus volumineux que les obus actuels fournissent encore après leur éclatement. C’est par ce mécanisme de l'étirement qu’on s’explique la production des vastes plaies cutanées dont l’étendue f n’est pas comparable à celle du projectile qui les a produites. Telle était la plaie de 128 centimètres de long-, sur 6 à 7 de large, étendue de la dernière i côte à la crête iliaque, que présentait un soldat allemand de la guerre | de 1870.
Les plaies non pénétrantes par armes blanches ou par projectiles sont parfois compliquées d’hémorrhagies, de corps étrangers, d- accidents inllam- , matoires, consécutivement de hernies.
Hémorrhagie. — Celle-ci peut être fournie par la sous-cutanée abdo- j minale, l’épigastrique, la circonflexe iliaque, la mammaire interne, mais I cette complication est rarement observée. Elle est plus fréquente à la suite I des plaies par armes blanches que des plaies par projectiles. Le sang trouve j issue au dehors, s’infiltre entre les plans musculaires de la paroi, ou dans le tissu cellulaire qui double le péritoine, quand la plaie est oblique et j étroite. Il donne lieu alors à des tumeurs sanguines d’une résorption lente.
Corps étrangers. — Ces blessures sont parfois compliquées par la présence du projectile, de morceaux de vêtement, de boutons de la culotte, etc. Ceux-ci se perdent le plus souvent dans la région postérieure où l’épaisseur ! de la paroi est plus grande.
Les accidents suppuratifs , très rares à la suite des plaies par armes blanches, peuvent s’observer à la suite des coups de feu compliqués de corps étrangers vestimentaires. Les abcès et phlegmons sont superficiels ou profonds. Quand la plaie intéresse presque la limite profonde de la paroi, l’inflammation peut se propager au péritoine et donner lieu à une péritonite partielle ou généralisée.
Les hernies sont surlout consécutives aux larges plaies par armes blanches ou par éclats d’obus. On les a cependant observées à la suite des plaies par balles. On en a cité quelques exemples après la guerre de 1870. L’affaiblissement de la paroi, l’atrophie localisée des muscles contus par une balle en est parfois suivie.
Si, dans les plaies larges par armes blanches, le diagnostic de plaie non pénétrante ne présente aucune difficulté, dans les blessures produites par les projectiles actuels, dont les orifices sont très étroits, le diagnostic est souvent incertain. Primitivement, la douleur est peut-être aussi vive que dans les plaies pénétrantes ; la syncope, les troubles nerveux aussi accusés. Parfois même, comme l’a constaté IIamilton, la palpation du trajet sous-cutané donne une sensation de crépitation due à l’air qu’il renferme et expose à l’erreur. Le diagnostic se base le plus souvent sur l’absence de toute complication immédiate (hernie intestinale, épiploïque, issue de liquides, bile, matières intestinales) indiquant la blessure d’un viscère, enfin sur la rareté des complications consécutives et sur la terminaison presque toujours heureuse des plaies non pénétrantes.
B LE S S U R K S NON P E N E T R A N T E S
Lorsque les projectiles se sont creusé un long trajet sous la peau ou J lans la couche musculaire la plus superficielle, celui-ci est bientôt indiqué par une ligne rouge ou d'un bleu rougeâtre (Guturie, Williamson, IIamilton), jui se montre un ou deux jours après la blessure, ou par une dépression j «tendue que remplace une induration en forme de corde, légèrement dououreuse.
Le cathétérisme digital ou instrumental de la plaie était naguère rejeté l’une façon absolue et, non sans raison, puisqu’il ne pouvait qu’être dangereux. Pour les partisans de l’intervention directe et immédiate, dans les blaies pénétrantes, ce cathétérisme est non seulement utile, mais il est ndispensable dans les cas douteux. Pratiqué avec les précautions antisepiques, il est d’ailleurs inoffensif. Les partisans de l’abstention, au contraire, s'abstiennent de toute exploration.
Le pronostic des plaies des parois de l’abdomen est bénin. Il l’était léjà à l’époque où les blessures étaient si communément suivies de complications graves. C’est ainsi que sur 4,469 cas de plaies non pénétrantes par coup de feu,Ons n’avait compté que 253 morts et 296 sur un total de 3,212 blessures, somme de statistiques partielles, soit 6 p. 100 de mortalité. L,e pronostic de ces plaies, aujourd’hui, ne présenterait qu’une gravité trèg j itténuée, variable avec les complications, le degré d’infection de la plaie, et la valeur des soins donnés au blessé.
Les plaies par armes blanches exposent plus que les plaies par armes à eu aux hémorrhagies et aux hernies consécutives; les dernières, aux complications suppuratives, surtout lorsqu’elles recèlent des corps étrangers ,■ -estimentaires. Les plaies larges par éclat d’obus sont d’une guérison ente, à cause du sphacèle consécutif de leur surface ; elles sont parfois suivies de hernies et, chez certains blessés, les larges cicatrices qu’elles aissent, gênent les mouvements du membre inférieur.
Traitement. — L’antisepsie de la plaie, la suture des plans musculaires iu catgut perdu, celle des plans superficiels, un pansement compressif, ien immobilisant, une constipation provoquée parles opiacés pour assurer e repos de la paroi; dans certains cas, une position fléchie du tronc et des •uisses, assureront la guérison des plaies par armes blanches.
Les plaies par coup de feu, bien antiseptisées, seront également recouertes d’un pansement ouaté immobilisant et compressif. Dans les plaies ivec perte de substance, on cherchera à en rapprocher les bords par queljues points de suture ou des bandelettes collodionnées, la réunion ne dut- •Ue que partiellement réussir.
Quand la plaie est compliquée d’une hémorrhagie abondante, le tamponnement, après léger débridement, peut suffire pour arrêter le sang, nais la ligature directe est préférable, ainsi qu’en témoignent les faits •éunis par Otis. Sur six blessures de l’artère épigastrique par balle, la îompression directe combinée avec l’emploi des hémostatiques, ne réussit ju’une fois; cinq fois, elle n’amena qu’un arrêt temporaire de l’ccoulement sanguin. Quatre de ces blessés succombèrent à de nouvelles hémorrhagies ■t chez le cinquième, à la neuvième récidive hémorrhagique, qui donna plus de 900 grammes de sang, on se vit contraint de lier l’iliaque externe.
L’écoulement sanguin s’arrêta définitivement, mais le blessé mourut, un mois après, de pyémie. Les larges anastomoses que les gros vaisseaux de la paroi s’envoient réciproquement, le calibre de ces artères, imposent au chirurgien la règle de lier les deux bouts du vaisseau divisé. Leur ligature ne présente, d’ailleurs, aucune difficulté.
Pour débarrasser la plaie des parcelles de vêtement qu’elle renferme quand ceux-ci présentent des pertes de substance, il est bon de pousser dans le trajet une injection antiseptique tiède, laquelle pourra les entraîner, ou servira, pour le moins, à les désinfecter. L’extraction des corps étrangers métalliques ne comporte aucune manœuvre spéciale. Mais elle doit être, avant tout, prudente, pour éviter de nouveaux désordres.
Les collections purulentes seront ouvertes le plus rapidement possible.
Contusion simple de la paroi abdominale. Rupture. — Les chutes des cavaliers sur le sol, le choc de corps contondants ordinaires, les coups de pied de cheval, le chocs direct des balles ou d’éclats de projectiles creux animés d’une faible vitesse, le choc tangentiel des mêmes projectiles bornent quelquefois leur action à produire des contusions simples ou des ruptures de la paroi.
Nous avons vu dans le service du professeur Gaujot, un blessé qui lors d’une explosion d’obus, avait été frappé tangentiellement par un volumineux éclat. Presque toute la peau de la paroi abdominale antérieure était décollée par ud vaste épanchement sanguin.
Cette variété de traumatisme se reconnaît aux signes ordinaires des contusions. Dans les ruptures complètes, on peut constater une dépression entre les bords du muscle déchiré ; dans les ruptures incomplètes, on ne constate qu’une tuméfaction limitée. Ces contusions et ruptures sont assez souvent suivies de symptômes de schock intense, surtout quand le choc a porté au niveau de la région épigastrique, au niveau des plexus nerveux. On a même cité quelques cas de mort après des contusions simples de la paroi abdominale dans la région épigastrique. Ces accidents sont bien mis en
lumière dans l’observation suivante :
Pendant les événements de juin 1848, on apporta à l’hôpital Saint-Louis, un jeune mobile qu’on croyait mort. Il était tombé subitement devant une barricade; on l'avait relevé, placé sur un brancard et transporté sur-le-champ; tout cela avait demandé environ une demi-heure. La respiration et le pouls étaient encore appréciables, mais très faibles; nous nous mimes en quête de sa blessure, mais l’examen fut tout à fait négatif; nulle plaie, nulle trace de contusion. Après avoir soigneusement examiné le corps, nous fîmes l’inspection des vêtements qui ne nous apprit rien de plus. C’est par hasard que nous regardâmes le sabre qui avait été détaché et placé sur le brancard à côté du corps: or, nous vîmes très distinctement, sur la plaque en cuivre du ceinturon, l’empreinte récente et non équivoque d’une balle qui s’y était aplatie. Evidemment, nous avions sous les yeux un exemple de commotion épigastrique. Les phénomènes se dissipèrent assez lentement et le retour à l’état normal ne fut complet que le soir 1 .
Mac Cuire rapporte qu’un soldat frappé sur la plaque de son ceinturon par
1. Verneuii,, art. Commotion du Dict. cnci/. des sc. médcc., 1” série, t. XIX, P- oli'