‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 227 sur 340 · L’A B DOM EN · texte numérisé non relu

L’A B DOM EN

dorsal avec les genoux légèrement lléchis et 1 immobilité absolue seront prescrits. Le lit occupé par le blessé sera réchauffé. On pratiquera quelques injections sous-cutanées d éther.

La diète sera absolue pendant quarante-huit heures ; on trompera la soif du blessé par quelques morceaux de glace, et on administrera, par doses successives, 10 à 20 centigrammes d’extrait d’opium par vingt-quatre heures ou 2 à 3 centigrammes de chlorhydrate de morphine. Au bout de quarante-huit heures on tolérera un peu de lait, de vin, de bouillon. Ou aura recours aux lavements alimentaires, et à la fin de la première semaine, on permettra quelques aliments de facile digestion. Les fils seront enlevés vers le douzième ou le quinzième jour et le blessé sera alors soumis au régime ordinaire.

Si dans les premiers jours il survenait de la péritonite, on irriguerait la cavité abdominale.

Quand on opère alors que la péritonite est confirmée, on ne recherche les perforations qu’après avoir pratiqué un lavage complet de la cavité abdominale, débarrassé le péritoine des fausses membranes et du pus qu’il contient. Découvrir les plaies intestinales est alors une tâche fort délicate, d’autant plus que les plaies sonQmasquées par les produits plastiques les plus abondants et les plus solides. En pareil cas, le drainage est toujours nécessaire et les irrigations, après l’opération, seront utiles.

Traitement médical. — Les partisans de l’abstention demandent au traitement de remplir trois indications : 1° s’opposer à l’épanchement: 2° favoriser la formation d’adhérences qui amènent l’occlusion rapide des perforations intestinales ; 3° éviter l’infection de la plaie extérieure. Ces indications, en grande partie formulées par Reclus et ses élèves, sont d’ailleurs essentielles à observer aussi bien pour les partisans de l’intervention que pour les abstentionnistes. Les deux premières sont remplies par les mêmes moyens :

1° et 2° Si, au moment de son transport, le blessé n’est pas en état de syncope, on l’empêchera de marcher ; s’il est en syncope, on évitera de pratiquer les grands mouvements de la respiration artificielle. Pour son chargement et son transport sur le brancard, on lui imprimera le moins de secousses possible et il sera dirigé sur l’ambulance ou l’hôpital de campagne très rapidement, sans arrêt au poste de secours. Un partisan de l’intervention immédiate, sans restrictions, pourrait ajouter que les blessés frappés à l’abdomen, doivent être des premiers conduits à l’ambulance. Le transport à grande distance est très dangereux pour ces blessés; il ne sera permis qu’à une période ultérieure.

On imposera au blessé de ne faire aucun mouvement et après avoir antiseptisé la plaie, on exercera, aussitôt que possible, sur le ventre une compression régulière, douce, uniforme, progressivement énergique, avec de l’ouate et des bandages de corps. En augmentant la tension abdominale avec le bandage, les matières contenues dans l’intestin auront moins de tendance à en sortir et on s’opposera également, dans une certaine mesure, à l’hémorrhagie. Le bandage remontera de la partie inférieure de l abdomen jusqu'au thorax pour bien immobiliser le diaphragme. Les mem-

ji

BLESSURES DU FOIE

| )res inférieurs seront fixés l’un à l’autre. On imposera le silence au Messé.

On se gardera , par-dessus tout , de lui donner à boire.

On paralysera les mouvements de l’intestin, lesquels favorisent la promotion et surtout la diffusion de l’épanchement, par l’administration imméj iate de l’opium. Les pilules d’opium seront préférées aux potions lauda- 1 isées qui, parfois, provoquent des vomissements. Une à deux pilules de centigrammes seront données sur-le-champ, ou bien on fera des injec- \ ons de 2 à 3 centigrammes de chlorhydrate de morphine.

Le premier, et si la chose est possible, les premiers jours, on imposera a blessé la diète de boisson. On ne lui permettra de sucer que quelques | îorceaux de glace, quelques lamelles de citron ou d’orange ou bien, à des j îtervalles très éloignés, on lui accordera quelques cuillerées à café de lait, J e bouillon ou de vin. L’administration immédiate de l’opium contribuera, -f :ms une large mesure, à tromper le sentiment de la faim et de la soif.

Les aliments seront sévèrement proscrits les premiers jours. Tout au ; us permettra-t-on une cuillerée à café de bouillon ou de lait, de demir:| 3ure en demi-heure ou de quart d’heure en quart d’heure (Reclus). Si la msation de la soif et de la faim étaient trop pénibles, on pourrait, suivant I conseil de ce chirurgien, administrer au blessé 2 ou 3 centigrammes de « »caïne mélangés aux cuillerées de liquide. Le régime sera continué ainsi pt à huit jours, puis on augmentera progressivement, mais lentement la pantité de bouillon, de vin, de lait.

Si le blessé éprouvait quelques douleurs, on reviendrait au régime des i -emiers jours. Pendant quelques jours, on continuera d’administrer >pium, au moins à la dose de 10 centigrammes d'extrait gommeux, à r, oins que le blessé ne se plaigne de vertiges, de céphalée.

Cette catégorie de blessés, le fait est digne de remarque, supporte très en de hautes doses d’opium. Au besoin, l’histoire d’un soldat observé par rrev en témoignerait. Frappé au siège de Mayence par un boulet de mon qui produisit une éventration, cet homme but impunément une le de laudanum.

3° Des pansements antiseptiques appliqués aussi rapidement que posde permettront de remplir la dernière indication.

L’administration interne du salol, à la dose de quelques grammes par îr, contribuera, de son côté, à atténuer la virulence du contenu de l’intin et de l’épanchement déjà produit.

BLESSURES DU FOIE

O’après Chris, les lésions du foie par les armes de guerre seraient quatre » i moins fréquentes que les blessures de l’intestin et deux fois plus que les du rein et de l’estomac.

Ce viscère peut être atteint par une arme blanche ou un projectile qui tètrent l’espace compris entre le rebord des fausses côtes et le cinquième *ace intercostal, dans la ligne mammaire; le septième, dans la ligne

BLESSURES

L’ABDOMEN

axillaire; le dixième près de la colonne vertébrale. Pendant l’inspiration le foie descend au-dessous de sa limite supérieure et dépasse l’inférieure.

Dans la majorité des cas, le foie est frappé par la voie la plus courte et la plus directe, dans le sens antéro-postérieur ou transversal. II est atteint

Fig. 328.

Fig. 327 et 328. Perforation du. foie d’avant en arrière par des balles de 8ral”, animées de vitesses

variables. (Pièce expérimentale.)

a, orifice d'entrée losangique d’une balle de 8mm, à la portée de 1500 mètres D = 8'”™; orifice de sortie linéaire de la même balle. Décollement de la capsule de Glisson dans une faible étendue; b, orifice d’entrée linéaire d’une balle de 8mm, à la portée de 800 mètres D = 25mm ; b', orifice de sortie très agrandi de la même balle. Décollement de la capsule de Glisson ; c. orifice d’entrée d’une balle de 8mra, à )a portée de 500 mètres D = 45ram ; c’, orifice de sortie à lambeaux ; c", c’”, éclatements superficiels, à distance, produits |„

par la même balle. 91

parfois de bas en haut, par des balles ricochées, ou de haut en bas par des projectiles tirés d’un lieu élevé. Neudorfer a vu un blessé dont le foie avait été blessé par une balle qui avait pénétré le cou.

Recouvert par le diaphragme et le poumon qui s’étend au-dessous de

BLESSURES DU FOIE

,on boni supérieur dans l’étendue de quelques centimètres et qui, dans 'inspiration et la station verticale, descend jusqu’au fond du eul-deae pleural, le foie ne peut être atteint directement d’avant en arrière ou transversalement sans que le thorax ne soit simultanément lésé.

Les armes tranchantes produisent des plaies qui manquent, pour nous, 'intérêt en raison de leur excessive rareté. Otis n’a pu en réunir que trois as pendant la guerre d’Amérique. Les solutions de continuité qu’elles •éterminent varient de forme, d’étendue et de profondeur, suivant la «.ature, les dimensions et la force d’impulsion de ces armes.

Tantôt celles-ci font une plaie pénétrante par ponction, tantôt elles

itéressent l’organe plutôt en surface qu’en profondeur. Un blessé de aroisse frappé d’un coup de sabre, présentait une plaie de 20 centimètres e long, sur o de profondeur. Il guérit.

Les balles contusionnent, échancrent les bords ou la surface du foie, le mètrent ou le perforent de part en part.

Les pertes de substance que laissent les sillons creusés par les balles mt généralement de dimensions diamétrales peu étendues. Leur surface ;t rendue irrégulière par la saillie des lobules. Les plaies pénétrantes et >n perforantes (perforations incomplètes) faites par les petits projectiles ituels ont un diamètre moindre que celui des balles qui les ont produites. 3urs dimensions diamétrales ne dépassent guère 6 millimètres et peut desndre jusqu’à 3 et 4 millimètres. Elles sont compliquées par la présence î corps vulnérant, parfois par de petites esquilles costales ou des fragents de vêtement. Elles se rapprochent de la forme circulaire, avec quelles fissures insignifiantes au niveau de l’orifice d'entrée et séparation de capsule de Glisson dans une faible étendue.

Les perforations totales ont un diamètre qui varie, pour la même balle, ec la vitesse de cette dernière. Ce diamètre est inférieur, ou égal à 8 milliètres (vitesses très faibles), déjà bien supérieur à 8 millimètres (vitesses oyennes), très supérieur à 8 millimètres (vitesses considérables). L’orifice -entrée est arrondi, circulaire, ovalaire, linéaire, triangulaire (fig. 327, ô, c). Otis le dit prolongé par des fissures étoilées. C’est ce que nous ons également constaté (fig. 327). La capsule est décollée dans une faible îndue dans les perforations produites par des balles animées de faibles esses; le décollement est plus considérable dans les tirs avec des balles imées de vitesse moyennes ou grandes, et proportionnel à la vitesse. Il ut s’étendre au delà des plaies dans l’étendue de quelques centimètres. On constate au niveau des deux orifices. L’orifice de sortie est agrandi, assez •égulier, tantôt se rapprochant de la forme circulaire, tantôt linéaire, angulaire (fig. 327 et 328, b\ c'). Il est prolongé par des fissures dont tendue est proportionnel à la vitesse du projectile. Le trajet, direct, s’afsse après le passage de la balle. Il est tapissé dans toute son étendue r les granulations des lobules hépatiques formant relief (Otis).

Quand la vitesse de la balle est considérable, on peut observer des ds explosifs (trajets coniques largement 'ouverts, fissures à distance, -atement de l’organe). Ces éclatements s’observent même avec des î- -esses seulement élevées (lig. 328, c”, c’”;.

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