Gazette médicale
BLESSURES DU B' OIE. 791
1 balle, par des éclats de cote ou des fragments de vêtements dans les plaies i pénétrantes et non perforantes, par des fragments de vêtements et des r| esquilles costales dans les plaies perforantes totales.
On soupçonnera cette complication, après constatation d’une plaie en culde-sac; on songera à la présence d’esquilles après diagnostic d’une perfora- ; tion ou d'une échancrure de côte, et on pensera à la propulsion et au séjour de parcelles de vêtement quand l’on constatera une perte de substance, à i l’emporte-pièce, de ces derniers.
Le foie ne présente ni une tolérance, ni une intolérance spéciale vis-àvis des corps étrangers.
Ici comme dans les autres organes, les esquilles et les fragments de .vêtements sont moins tolérés que les balles.
Verneuil a cité un cas de tolérance de ces dernières. 11 s’agissait d’une balle de revolver. Bilguer découvrit une balle de calibre logée à un demi-pouce de la surface du foie, chez un blessé qui vécut quatre mois. Un soldat observé pur Guthiue garda plusieurs années dans le foie une balle qui entretenait une fistule persistante. On sentait le projectile avec la sonde. Arnold nous parle d'un enkyslement d’une balle. C’est le seul cas d’enkystement que nous ayons relevé.
Legouest a admis que quelquefois ces projectiles cheminent rapidement ! dans l'organe, par leur propre poids et que, favorisés dans leur descente par le décubitus dorsal du blessé, ils se présentent, en arrière, dans la ; -région lombaire, où ils donnent lieu à un abcès dans le foyer duquel on les i rencontre accompagnés de sang, de détritus gangreneux et de fragments d’os1. Nous n’avons pas trouvé d’exemple de cette progression. Les balles ne déterminent guère de suppuration qu’autant qu’elles sont accompagnées • de fragments de vêtements infectés ou d’esquilles. Cette suppuration se i* continue jusqu’à leur disparition.
Le lieutenant Yount avait été blessé pendant la guerre d'Amérique par une
balle dont l’entrée répondait au sixième espace intercostal et la sortie à la dixième
k vertèbre dorsale. La balle fut retirée et la plaie se cicatrisa en trois semaines.
lEIle se rouvrit et de la bile s’écoula à nouveau jusqu’à ce qu’enfin un morceau de
i S vêtement se présentât. La guérison fut dès lors définitive (Otis).
Un sergent du 14e de ligne, Gauthier Edouard, blessé à Daigny, le 1er sep-
* embre 1870, avait reçu à courte distance une balle au niveau du rein droit. Cet * *
; nomme dont la situation avait été jugée inespérée, avait été abandonné par les médecins prussiens. Quelques jours plus tard, à la partie antérieure de l’abdomen, sous les cartilages costaux, au niveau de la vésicule biliaire, Desprès ►constata une tumeur chaude, rouge, douloureuse, entourée d’induration. Ouver- .ure de l’abcès le 8. Avec le doigt, M. Desprès fit l’extraction de la balle et sentit le tous côtés un tissu résistant, granuleux qui était le foie. Issue de bile. Le
•seizième jour, on retira du foie un morceau de la boucle du pantalon tordue et un fragment de chemise. Le vingt-deuxième jour, la plaie était presque fermée i.
On a trouvé, le fait est plus curieux, des balles ou des fragments de
vêtements dans la vésicule biliaire.
Le fait de Paroisse est classique. A l’autopsie d’un soldat qui succomba à une r ■meumonie deux ans après son traumatisme, on découvrit une balle logée dans