‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 234 sur 340 · B LE S S U R ES · texte numérisé non relu

B LE S S U R ES

PÉKÉT R AN TES

DE L’ABDOMEN

immédiats de la plaie, suivant une loi générale applicable à toutes les plaies des parenchymes. Dans la moitié des cas, cette suppuration se tarissait au bout de quelques semaines ou de quelques mois. D’autres blessés, moins heureux, présentaient des poussées d’hépatite suppurée, et certains succombaient à l’infection purulente, à la septicémie, à l’hecticité, conséquences des suppurations prolongées. Sous des pansements antiseptiques, nos plaies, d’ailleurs plus étroites et moins infectées, pourront comporter un processus plus simple. Les guérisons sans suppuration sont probables; elles ont été fréquemment observées sur des animaux qui ont subi des ablations limitées de l'organe. Mais il serait difficile de prévoir la fréquence de cette terminaison sans suppuration et il serait peut-être prématuré de la croire la règle. Souvent, en effet, les plaies par balles sont compliquées par des corps étrangers vestimentaires plus ou moins infectés, par des fragments osseux provenant des côtes et, dans ces conditions, la suppuration est toujours à craindre. Mais nous nous hâterons d’ajouter qu’un traitement chirurgical plus actif et l’antisepsie atténueront les dangers de cette dernière.

Les contusions et déchirures ont une marche différente, suivant la gravité du traumatisme et les complications. Les altérations étendues entraînent presque fatalement la mort, par hémorrhagie, choc ou épanchement bilieux; les contusions légères guérissent par le processus des plaies non infectées : la déchirure s’oblitère par du tissu fibreux dont l’origine est discutée par les anatomo-pathologistes, comme celle du tissu de cicatrice qui comble les plaies pénétrantes.

Les expériences de Tjllmanns ont montré que les cellules hépatiques ne jouent dans cette réparation qu’un rôle passif et qu’elles subissent dans le voisinage de la plaie et sur une étendue variable la dégénérescence granulo-graisseuse. Un fait de Nicaise ferait penser que les bords et le fond des gouttières profondes se cicatrisent en surface et sans accolement ultérieur.

Le pronostic des lésions du foie est surtout lié à leurs complications; tous les classiques l’ont répété. Malgré leur haute gravité, elles ne sont cependant pas aussi graves que le pensaient les anciens, lesquels considéraient ces blessures comme fatales ou presque fatales. Les plaies par armes blanches, qui ne sont pas compliquées par la présence de corps étrangers, sembleraient, au premier abord, moins sérieuses que les blessures par projectiles et le seraient en réalité si, d’un autre côté, elles n’étaient plus souvent que ces dernières compliquées d’hémorrhagies. Edler attribue aux plaies du foie par armes blanches une mortalité de 37 p. 100 quand le viscère est isolément atteint, et de 64,8 p. 100 quand d’autres organes sont simultanément blessés; Mayer donne une léthalité de 26 p. 100 à ces blessures et de 13 p. 100 aux plaies par armes à feu.

On s’étonne que dansjla statistique fournie par ce'dernier auteur, la péritonite (21,9 p. 100), et les abcès du foie (9,6 p. 100) se soient montrés plus fréquents à la suite des plaies par armes blanches (il p. 100) que des plaies par balles (6,6 p. 100).

Otis qui a réuni 60 cas de plaies du foie par coup de feu épars dans la

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